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Des licenciements à Ecobank-Burkina : Les travailleurs de l’ex-BACB s’estiment lésés

Des agents de l’ex-Banque agricole et commerciale du Burkina (BACB), licenciés depuis la cession de l’institution financière au groupe ECOBANK en 2008, ont organisé une conférence de presse, le jeudi 9 février 2012, à Ouagadougou. Ils ont jugé leur licenciement abusif et ont demandé à leur direction générale de revenir sur sa décision ou de leur octroyer des dédommagements conséquents.

En août 2008, la Banque agricole et commerciale du Burkina (BACB) s’est officiellement fusionnée avec le groupe ECOBANK. Depuis lors, selon les délégués de l’ancienne banque, environ 45 personnes ont perdu leur emploi en dépit des assurances de départ. C’est pour expliquer à l’opinion publique les conditions de licenciement des travailleurs de l’ex-BACB du groupe ECOBANK, que des délégués ont organisé une conférence de presse dans l’après midi du jeudi 9 février 2012 à la Bourse du travail de Ouagadougou. Dans sa déclaration liminaire, le délégué du personnel titulaire, Patrice Béré a indiqué qu’à l’annonce en 2007, de la volonté de l’Etat burkinabè de céder la BACB à ECOBANK-Burkina, le personnel a exprimé dès cet instant, ses inquiétudes. « Les principales préoccupations étaient : l’inopportunité de céder la BACB qui était la seule banque commerciale à assurer le financement de l’agriculture dans un pays où 90% de la population tire ses revenus de ce secteur et le sort qui serait réservé au personnel de cette banque, après la cession », a-t-il souligné, précisant qu’à l’époque, les autorités avaient rassuré les uns et les autres. Deux ans après la cession, les 300 travailleurs, selon Patrice Béré, ont vite déchanté. « ECOBANK-Burkina a d’abord procédé au licenciement d’agents de liaison et de chauffeurs. Ensuite, en juin dernier, 27 travailleurs, dont des délégués du personnel de l’ex-banque, ont aussi été licenciés. A ce jour, nous avons dénombré 45 licenciés équivalant plus de 95% à des ex-travailleurs de la BACB », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter : « Ces licenciements n’ont pas suivi la procédure stipulée par la loi ». Car pour Patrice Béré, selon la convention de cession, les ex-travailleurs de la BACB devaient conserver leur emploi et la banque, leur accorder « une importance particulière au projet de carrière des employés au moyen de stage de formation continue ». En plus, a-t-il reconnu, un programme de départ ou de redéploiement du personnel, en collaboration avec ces derniers, devrait avoir lieu. « Le fait de nous avoir pas consulté et de n’avoir même pas crée un cadre de concertation, nous estimons que notre licenciement n’est pas règlementaire. Il y en a qui n’ont su leur licenciement qu’au tableau d’affichage », a affirmé Patrice Béré tout en estimant que les travailleurs déflattés n’ont reçu leur lettre de licenciement que 10 jours après. Mais auparavant, en 2010 une tentative de départ volontaire aurait échoué à cause des conditions proposées par la direction de ECOBANK. « Ils ont mis en avant les conditions d’âge et ils ont proposé 10 mois de salaire aux plus âgés s’ils acceptaient quitter volontairement. Cette proposition n’a pas reçu l’assentiment du personnel. Et c’est à l’issue de cet échec que les responsables de la banque ont annoncé que le groupe les a instruits pour le licenciement de plus 80 personnes », a ajouté Patrice Béré. En somme, selon lui, les maux des ex-travailleurs de la BACB, aujourd’hui à ECOBANK se résument, entre autres, à l’utilisation de deux plateformes différentes de traitement salarial du personnel ( une plateforme pour les agents de Ecobank originelle et une autre pour les agents de l’ex-BACB), des affectations sans prise en compte du profil des agents, l’exclusion des délégués du personnel dans la gestion des ressources humaines. « Il y a des gens qui ont travaillé pendant 10 ans, 15 ans et même 30 ans à la BACB et qui ont été aujourd’hui licenciés. Certains ont tenté de trouver du travail et ont été refoulés à cause de leur âge. Il fallait associer au licenciement, un plan social », a jugé un autre délégué aussi licencié, Hamado Yaméogo qui a estimé qu’ils se battront soit pour être réintégrés soit pour être dédommagés convenablement.

Sié Simplice HIEN

Sidwaya

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