DES INITIATIVES POUR TRAQUER LE STRESS DANS LES PME
Les PME représentent 97 % des entreprises en France. Et de plus en plus d’initiatives sont menées pour communiquer autour du mal-être de leurs dirigeants.
« On a plus de statistiques sur la santé des baleines bleues que sur celle des patrons de PME ! », s’exclame Olivier Torrès. Ce chercheur à l’université de Montpellier a créé début janvier un observatoire baptisé Amarok. Son but : mesurer les conditions de travail et la résistance au stress des dirigeants de PME.
Actuellement, aucun chiffre n’existe, puisque la médecine du travail ne prend en compte que les salariés. Par ailleurs, dans cette caste, la pudeur est de rigueur. « Nous ne pouvons pas apparaître comme faibles car nous avons choisi d’être patrons », confirme Geneviève Roy, qui dirige un hôtel dans le 6 e arrondissement de Paris et qui traverse pourtant une période difficile. Mieux vaut donc éviter d’afficher une quelconque souffrance, cela pourrait faire fuir les clients et les salariés. En conséquence, ce sont surtout les grands patrons qui font parler d’eux, alors que leurs entreprises ne représentent que 3 % des sociétés en France.
Autre constat, contrairement à ces dirigeants de grand groupe, les patrons de PME n’ont pas le réflexe de faire appel à des coachs pour les accompagner.
– Un réseau d’aide
C’est ce qui a amené la région Auvergne à prendre une initiative intéressante. La CGPME, la Drire et l’Aract (Agence régionale pour l’amélioration des conditions de travail) se sont associées pour sensibiliser ces entrepreneurs aux risques psychosociaux.
Entre le mois de mai et le mois de novembre, six rencontres sont programmées aux quatre coins de la région. « Notre ambition est de leur présenter les mécanismes du stress et de la souffrance morale pour qu’ils comprennent qu’eux aussi peuvent être touchés », remarque Bruno Champoux, secrétaire général de la CGPME Auvergne.
Deuxième objectif, constituer un réseau qui pourra leur venir en aide, lorsqu’ils rencontrent des difficultés : un coach, pour réorganiser leur façon de travailler, un spécialiste des nouvelles technologies, pour alléger leur gestion au quotidien, un psychologue, un expert-comptable… En Auvergne, 27 % des entreprises relèvent de l’industrie (contre 20 % à l’échelle nationale). Or c’est l’un des secteurs les plus touchés par la crise.
CAROLINE MONTAIGNE,
Source : Les Echos




