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Des banques internationales accordent plus de 50 milliards de FCFA à la SOFITEX

La Société burkinabè des fibres et textiles (SOFITEX) a signé, le 27 janvier 2012 dans les locaux de l’ambassade du Burkina à Paris, en France, une convention dénommé « SOFITEX 21 », de financement de la filière coton avec un pool bancaire international. D’un montant de 50 000 322 325 de FCFA, cette somme servira à la commercialisation et à l’achat des intrants de la campagne cotonnière 2011-2012 dans la zone de la société.

Pour la commercialisation et l’achat des intrants de la campagne cotonnière 2011-2012 dans sa zone d’activité, les soucis d’argent de la Société burkinabè des fibres et textiles (SOFITEX) sont terminés. Le directeur général de la SOFITEX, Jean Paul Sawadogo, l’a dit, le 27 janvier 2012 à Paris, en ces termes : « après la signature de la convention de financement avec le pool bancaire national, le 20 janvier dernier à Ouagadougou, la convention que nous signons, ce jour 27 janvier 2012 avec le pool bancaire international, boucle le financement de la campagne de commercialisation du coton 2011-2012 en zone SOFITEX ». Pour la circonstance, la mobilisation a été de taille à l’ambassade du Burkina Faso à Paris. L’ambassadeur du pays des « Hommes intègres » au pays de Nicolas Sarkozy, Joseph Paré justifie cette mobilisation : « à l’instar d’une tradition établie, nous nous retrouvons encore, cette année, pour une activité majeure concernant un grand secteur de l’économie burkinabè. Votre présence à cette 21e cérémonie de signature témoigne de ferme engagement à soutenir la SOFITEX dans ses efforts de promotion du secteur coton ». A entendre l’ambassadeur Paré, les plus hautes autorités burkinabè sont conscientes que la filière coton est très importante pour l’économie du pays car « elle contribue pour plus de 20% à la formation de la valeur ajoutée globale de notre économie et pour plus de 60% aux recettes d’exportation, faisant ainsi du coton l’un des premiers produits d’exportation ». Pour M. Paré, ce n’est donc pas pour rien que « la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD) 2011-2015 […] retient le coton au nombre des filières porteuses sur lesquelles les efforts doivent être focalisés, à travers la transformation sur place, l’amélioration de sa compétitivité, la subvention des intrants et le réinvestissement des recettes dans les autres filières ». Il a exprimé toute sa gratitude à tous les partenaires financiers pour leur confiance renouvelée à la SOFITEX, en dépit d’un environnement économique difficile marqué par les effets de la crise financière internationale.

Confiance continue des banques à la SOFITEX

Le chef de file du pool bancaire international, Frédéric Vilsboe de HSBC France, s’est réjoui de l’occasion qui a été donné de célébrer la signature de la « 21e facilité » entre un pool bancaire international mené par sa structure et la SOFITEX. Selon lui, en 13 ans, ce sont quelques 892 millions d’euros, soit 585 milliards de FCFA qui ont été levés auprès des banques internationales. Et « cette « 21e facilité » a été, à nouveau, marquée par une sursouscription importante, preuve de la confiance continue des banques envers la SOFITEX ». La joie de M. Vilsboe s’explique par le fait que « cette syndication réussie est d’autant plus remarquable qu’elle intervient dans un contexte bancaire européen difficile et qui voit de nombreuses institutions financières réduire leurs engagements dans le secteur des matières premières. Force est de constater que ceci n’affecte pas le soutien des banques envers la SOFITEX, et, à ce titre, nous sommes heureux de continuer à compter avec nous, dans cette syndication, la Société générale, BMCE Bank international, BHF Bank, DZ Bank et Fimbank, rejoints cette année par Attijariwaffa Bank Europe ». Le chef de file du pool bancaire international a noté que cette campagne cotonnière succède à une année particulièrement riche en événements. Il a mentionné le fait que la campagne précédente avait été marquée par des variations de cours d’une amplitude jamais vue dans l’histoire : « après avoir touché un plus haut niveau historique en mars 2011 à 240 cents par livre, l’indice Cotlook chutait tout aussi brutalement pour atteindre un point bas en décembre 2011 à 90 cents. Les cours se sont aujourd’hui stabilisés autour de 100 cents par livre et s’avèrent supérieurs à la moyenne historique de longue période ». Frédéric Vilsboe estime que les cours se situent à un niveau plus acceptable pour l’industrie cotonnière africaine. Il souligne même que « les cotonculteurs burkinabè ont d’ailleurs été les premiers bénéficiaires de ces cours globalement en hausse, puisque les prix d’achat du coton-graine sont passés de 182 FCFA par Kg lors de la campagne précédente à 245 FCFA par Kg pour cette campagne ».Le chef de file du pool bancaire international a salué le travail du nouveau directeur général de la SOFITEX, Jean Paul Sawadogo, qui a « immédiatement fait preuve de ses talents. En effet, à la forte volatilité des cours s’ajoutaient plusieurs éléments conjoncturels, à savoir, une production inférieure aux attentes, un contexte tendu au Burkina Faso durant le second semestre 2011 et la fermeture, pendant de long mois, du port d’Abidjan, qui est la porte de sortie naturelle su coton burkinabè ». Malgré ce terrain peu favorable, Le chef de file du pool bancaire international a relevé que M. Sawadogo a « su naviguer habillement, éviter ces écueils […] En à peine six mois, vous avez renforcé votre dialogue avec vos principaux clients et finalisé l’initiation des démarches visant à rétablir les Fonds propres de la SOFITEX à des niveaux en ligne avec les exigences de l’Acte Uniforme. Cette opération, menée dans des délais très courts et en étroite collaboration avec l’Etat et les actionnaires de la SOFITEX, est un développement très positif qui conforte les partenaires de la SOFITEX ».

Pour une relance véritable de la culture du coton au Burkina

Le directeur général de la SOFITEX, Jean Paul Sawadogo, a des ambitions pour la filière coton burkinabè. Pour lui, les 76 225 000 euros, qui serviront à financer la campagne cotonnière 2011-2012 de la SOFITEX, interviennent dans un contexte relativement plus favorable que lors de celle écoulée et marquée par le redressement des cours mondiaux du coton, faisant apparaître des perspectives heureuses. Selon lui, la filière coton est dans une bonne dynamique. « Il n’est donc pas superflu de souligner la contribution considérable et indispensable du pool bancaire international dans le financement du coton au Burkina Faso en ce sens que le coton constitue et demeure la principale source de revenu monétaire du monde rural ; la première activité de rente avec plus de trois cent mille cotonculteurs et près de 4 millions de burkinabè vivant de la culture du coton, avec un effet d’entrainement sur les autres secteurs que sont : l’huilerie, le transport, le commerce, les assurances, les pétroliers, les petits artisans et même les banques ». Au regard de ce tableau, M. Sawadogo pense qu’il est impérieux que la SOFITEX et les cotonculteurs produisent plus pour sécuriser les revenus et pérenniser la filière coton. « En conséquence, l’accroissement de la production cotonnière au cours de la campagne 2012-2013 est un challenge, aussi bien pour les cotonculteurs que pour la SOFITEX afin de permettre à la filière coton burkinabè de jouer son rôle moteur de développement dans l’économie nationale », a-t-il laissé entendre. Comme stratégie, M. Sawadogo a indiqué que le partenariat avec les cotonculteurs sera renforcé par la confiance, le respect des engagements, la concertation, l’appui et le suivi technique. Et le directeur général de la SOFITEX de noter que « toutes ces dispositions pratiques accompagnent une stratégie de relance pour la production cotonnière qui consiste à œuvrer pour l’adhésion du maximum de producteurs de coton (anciens, réadhérants et nouveaux) pour une relance véritable de la culture cotonnière basée sur l’amélioration de la productivité aux champs ». A 2012 donc pour la prochaine signature de convention « SOFITEX 22 » avec l’accompagnement du pool bancaire international, pour le rayonnement de la filière coton burkinabè !

Ali TRAORE, envoyé spécial à Paris

traore_ali2005@yahoo.fr

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