lundi, octobre 5, 2026
Google search engine
AccueilActualitéDafani SA : Activités bloquées, chômage technique

Dafani SA : Activités bloquées, chômage technique

L’arrêt des activités de l’usine Dafani fait depuis quelques mois couler beaucoup d’encre et de salive. Mais jusqu’à présent, aucune information officielle sur les causes réelles de cette situation n’a été donnée aux populations qui, pourtant, appréciaient bien les jus de fruits produits par cette usine. Sans informations, chacun essaie autant que faire se peut de trouver une explication.

Au siège social de Dafani à Orodara où nous avons été le vendredi 23 avril 2010 dans l’après-midi, l’heure n’était pas aux commentaires. Le chef du service comptabilité, Auguste Thiombiano, rencontré sur place, nous a tout simplement fait savoir qu’au niveau de la société, il n’y avait que trois personnes habilitées à donner des informations sur la situation actuelle de Dafani. Il s’agit du directeur administratif et financier (directeur général par intérim), du directeur commercial et marketing et du président du conseil d’administration.

Cependant, M Thiombiano a tenu à souligner que contrairement à ce qui se dit, l’administration de Dafani SA fonctionne normalement. « Vous pouvez le constatez vous-mêmes. Nous sommes chacun à notre poste, sauf les directeurs qui sont en mission à Ouagadougou et également certains de nos collègues qui sont sur le terrain pour discuter avec les producteurs de mangues pour les commandes », a-t-il lancé. Il a ajouté qu’il est officiel maintenant que la société n’a plus de directeur général et que l’intérim est assuré par le DAF, Mamadou Coulibaly.

« Pour plus de détails, je vous donne les coordonnées du DG par intérim afin que vous puissiez le contacter », a dit notre interlocuteur pour clore le débat. Après le siège social, nous avons rendu visite au distributeur agréé de la ville de Orodara. Selon Adama Sanogo, vendeur dans ladite boutique, il y a presque deux mois que les produits Dafani ne sont plus sur le marché.

« A l’époque, les responsables de Dafani ont convoqué tous les distributeurs agréés, pour nous informer qu’il y aura rupture par manque d’emballages », a-t-il précisé, avant de souligner que dans ses causeries avec les employés de l’usine en chômage technique, il ressort que la société ferait plutôt face à des problèmes financiers dus à une mauvaise gestion.

« Depuis cette réunion, nous n’avons plus de nouvelles de Dafani par la voie officielle, mais selon des rumeurs, tout rentrera dans l’ordre d’ici début mai ». Une autre explication à la fermeture de l’usine et à l’absence de jus sur le marché nous a été donnée par Siriki Barro de l’association Faso Djigui, un des principaux fournisseurs de Dafani en mangues. Il a laissé entendre qu’en fin 2009, les responsables de la société les ont réunis pour les informer qu’ils avaient assez de pulpes de mangue en réserve et que par conséquent, ils n’allaient pas acheter de mangues.

« A notre grande surprise, l’usine a arrêté ses activités et les produits manquent dans les boutiques ! Nous justifions cela par le fait qu’ils ont manqué entre temps de matières premières », a expliqué M. Barro. Il reste cependant confiant que tout rentrera bientôt dans l’ordre, « car ils ont déjà commencé à nous contacter pour voir comment va s’organiser l’approvisionnement en mangues. Une réunion est même prévue pour discuter des prix ».

Pour le maire de Kourignon (commune rurale où se trouve l’usine Dafani), Moussa Traoré, la crise que traverse la société était prévisible, du fait de la mauvaise gestion des ressources financières et humaines. « Je dis cela, parce que je ne comprends pas que Dafani qui avait promis à ses débuts de travailler avec les producteurs du Kénédougou, aille finalement chercher des mangues à Sikasso pendant que des mangues pourrissent à Orodara », a martelé le maire de Kourignon.

Et d’ajouter que l’arrêt des activités de l’usine a un impact négatif sur l’économie de la province car depuis l’arrêt, les travailleurs ne perçoivent plus de salaires et toutes les activités connexes qui se menaient autour de l’usine sont bloquées. Mais, tout comme Siriki Barro de Faso Djigui, le maire est optimiste quant à la reprise des activités.

« Le directeur administratif et financier m’a lui-même donné l’assurance que la société est en train de négocier un gros financement et que bientôt tout reprendra normalement ». Toujours dans le souci d’avoir de meilleures informations, nous avons tenté de joindre le DG par intérim, mais point de réponse au bout du fil.

C’est finalement le directeur commercial, Aboubacar Traoré, que nous arriverons à joindre. Pour toute réponse à nos questions, il dira que la société est en train de préparer un communiqué qui sera très bientôt publié dans la presse.

A son avis, ce communiqué répondra à toutes les préoccupations des uns et des autres sur la situation qui prévaut à l’usine Dafani. Espérons que le contenu de ce communiqué annoncera un nouveau départ pour la société et pour le bonheur des travailleurs et des consommateurs.

Clarisse HEMA


La nécessité d’un redémarrage

Créée en 2007 pour valoriser la production fruitière du pays et le travail des arboriculteurs, la société Dafani SA avait suscité beaucoup d’espoir aussi bien sur le plan de la création d’emplois que sur celui de la lutte contre la pauvreté.

Avec un capital social de 750 millions de F CFA et un niveau d’investissement en première phase de 3,1 milliards de F CFA, cette société anonyme qui produisait, selon les statistiques en 2008, 3000 litres de nectars et cocktails par heure, employait 73 travailleurs permanents et 149 saisonniers.

En une année d’activités, cette société avait réussi à se faire une place de choix en se lançant à la conquête des marchés sous-régionaux et internationaux. Ses produits (jus de mangue, nectars et cocktails de fruits tropicaux…etc) d’une qualité certaine, étaient prisés en Europe (Allemagne, France) et dans les pays arabes. En trois années de vie, outre le jus de mangue et la transformation de la mangue fraîche en pulpe,

Dafani s’est spécialisée dans la production du jus de bissap (hibiscus rouge), de gingembre et de tamarin. Qui pouvait croire que cette unité de transformation des produits tropicaux allait voir ses activités bloquées en moins de 4 ans de vie, alors qu’elle avait fait de l’encadrement, l’assistance technique et la formation des producteurs son cheval de bataille, afin de pérenniser ses activités ?

Face à cette situation de blocage des activités, des voix s’élèvent pour dire que l’unité serait en train d’attendre une recapitalisation afin de poursuivre dans de bonnes conditions ; ce pour quoi, elle a été créée.

Source : sidwaya.bf

RELATED ARTICLES
- Advertisment -
Google search engine

Most Popular