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CRISE ENERGETIQUE EN COTE D’IVOIRE # DELESTAGES AU BURKINA

La Côte d’Ivoire est dans le noir. Le pays qui devait sauver le Burkina d’une pénurie d’électricité devenue récurrente ces dernières années n’a plus suffisamment de jus pour lui-même, à plus forte raison pour son voisin. On comprend donc le silence radio de Salif Kaboré, le directeur général de la Sonabel (Société nationale burkinabè d’électricité) qui s’était lancé dans un vaste programme salutaire d’interconnexion avec la Côte d’Ivoire. Au moment où il achève cet ambitieux projet pour son pays, Abidjan joue aux abonnés absents. Le DG de notre nationale d’électricité aura, en tout état de cause, joué sa partition jusqu’au bout. Mais comme dirait l’autre, « à chacun ses problèmes ».

Et ces jours-ci, Laurent Gbagbo a des soucis à se faire. La tension monte au sein de la population qui ne supporte plus les coupures d’électricité intempestives. Les entreprises commencent elles aussi à donner de la voix. Il faut des solutions ici et maintenant pour résorber le déficit. Le tout nouveau ministre de l’Energie et des mines, Augustin Komoé a du pain sur la planche. Il a beau crier que la Côte d’ivoire ne mérite pas ça, on attend de lui des solutions durables.

La crise est certainement passée par là. Depuis 2002, le secteur de l’énergie électrique n’a pas reçu les investissements qu’il fallait. Ceux qui ont les rênes du pouvoir à Abidjan, Gbagbo et ses partisans, avaient plutôt les yeux rivés sur les calculs pour reporter des élections dont ils ne veulent pas la tenue. Le réveil est donc douloureux L’Elephant d’Afrique a dormi sur son potentiel qui lui a permis de soutenir son industrialisation avec de l’énergie pas trop chère. Mais voilà, depuis fin 2009, la locomotive de la sous-région toussote et si elle s’enrhume, c’est toute l’activité économique qui sera touchée. Tous les efforts du clan Gbagbo pour rester au pouvoir n’auront servi à rien, s’il n’a pas été capable de planifier et d’anticiper une telle situation. A sa décharge, on peut dire qu’une avarie n’est pas toujours prévisible sur une machine. Mais les alternatives, elles, le sont.

Laurent Gbagbo joue son image dans cette crise énergétique. Les électeurs seront plus ou moins réceptifs aux actions déterminantes ou pas qu’il mettra en œuvre. Car, ne l’oublions pas, la Côte d’Ivoire est en campagne permanente depuis quelques années, même si personne ne peut jurer de quand cette élection aura lieu. Une chose est certaine, c’est un défi impératif à relever dans un climat social déjà tendu par les récents incidents autour du contentieux électoral. Au délestage semblent s’ajouter des coupures intempestives d’eau. De quoi mettre le moral des uns et des autres au talon. Il est vrai que le défi énergétique se pose avec plus d’acuité en Côte d’ivoire à cause des enjeux électoraux, mais toute la sous-région y est confrontée. Les maux sont connus : vétusté du parc de production, mauvaise gestion, mauvaise planification pour adapter la production à la croissance de la demande. Dans ce contexte, la mise en œuvre des projets d’interconnexion n’a aucune chance d’aboutir, si personne ne peut garantir la continuité du service de l’électricité. La solution est sans aucun doute dans une démarche communautaire, telle que le prévoit l’UEMOA à travers son Initiative régionale pour l’énergie durable (IRED) afin de soutenir l’activité économique des Etats membres. Cette initiative vise à rendre disponible l’énergie dont les Etats ont besoin, puis à la rendre compétitive à l‘horizon 2020. Il faudra pour cela, mobiliser des centaines de milliards F CFA par an. En attendant, certains, comme Laurent Gbagbo, risquent d’en faire les frais, si les solutions urgentes ne sont pas trouvées avant les élections.

Par Abdoulaye TAO

Source : lepays.bf

* Titre Burkinapmepmi.com

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