Les premières coopérations sino-africaines se sont renforcées au cours de la décennie passée avec l’avènement des zones de coopérations économiques et commerciales Chine-Afrique en 2006. En tant que nouveautés, ces zones de coopérations présentent des particularités. En effet, pour la plupart des entreprises implantées dans ces zones, 85% sont des Petites et Moyennes Entreprises ou des Petites et Moyennes Industries. Des multinationales comme SHELL ou TOTAL se sont souvent vues distancées par ces PME/PMI africaines opérant dans les secteurs de l’énergie, de l’automobile, de l’alimentation, des télécommunications et du transport.
Les récentes transactions en matière d’investissements publics et privés sur le continent (plus de 7,8 milliards de dollar US selon la Banque Africaine de Développement) ont montré que les PME/PMI jouent un rôle dominant de par les succès obtenus et les chiffres d’affaire réalisés.
Comment expliquer un tel succès ?
Les PME/PMI dans le souci d’une expansion internationale de leurs activités développent une grande conscience de service bien fait. Et cette volonté de servir en aval les grandes entreprises rend leur coopération indispensable.
Par ailleurs les PME/PMI peuvent faire preuve de leur avantage mobile parce qu’elles sont comme « des petits bateaux qui peuvent aisément changer de cap » dans leur politique d’expansion internationale. Ainsi les PME/PMI offrent plus d’opportunités sectorielles à explorer, une marge élevée de productivité et des canaux de marché appelés à se développer davantage. Toutefois, il est à relever que l’environnement du marché dans les États d’Afrique n’est pas suffisamment stable et que les risques de changements politiques s’avèrent élevés.
De même, les PME/PMI peuvent s’associer pour faire valoir une plus grande marge d’investissements nationaux et internationaux. En la matière, les premières entreprises africaines voulant s’internationaliser ont été confrontées à un environnement international hostile dans lequel une PME/PMI évoluant seule se trouvait isolée et sans appui. Face aux problèmes communs de l’investissement à l’étranger, certains Etat comme le Burkina Faso ont opté pour la création d’associations et de groupement comme la Maison de l’Entreprise du Burkina Faso (MEBF) et la Fédération Nationale des PME du Burkina (FN-PME). Cela a permis de montrer de par les profits réalisés par les acteurs des PME/PMI, que les zones de coopération économique Chine-Afrique offrent d’importantes opportunités à celles qui sont les mieux organisées et les plus outillées.
L’avantage de la coopération Chine-Afrique pour les PME/PMI africaines
Les zones de coopération CHINE AFRIQUE constituent de nos jours une base pour le transfert de capacité de production. A l’heure actuelle, certains espaces économique africains tel que l’UEMOA avec des États membres comme le Mali, le Sénégal, la Côte d’Ivoire e Niger et le Burkina, inscrits dans une importante phase de restructuration sectorielle se trouvent confrontés à des problèmes de hausse du coût de la main d’œuvre. Pour cet espace économique ouest-africain, transférer la production serait une issue viable et faisable. La zone de coopération économique et commerciale Chine-Afrique permettra donc de réduire de façon significative le coût du transport des produits finis des entreprises et de bénéficier de mesures incitatrices foncières et fiscales. En outre, comme le lieu de production pourrait changer, les PME/PMI peuvent profiter en profiter pour pénétrer efficacement le marché européen devenu très rigide en matière de barrières commerciales.
En définitive, il est à relever que les PME/PMI continuent de faire preuve de leur vitalité dans le développement économique et social des pays d’Afrique. Au bénéfice de la coopération Chine-Afrique (de plus en plus consolidée entre la Chin-Taiwan et le Burkina Faso), l’avantage demeure important pour l’Afrique. Cependant les PME/PMI doivent aussi être sensibilisées sur certains problèmes particuliers dont celui du droit de la propriété intellectuelle suite à un transfert de technologie. L’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI) semble notablement jouer son rôle. Mais tenant compte du niveau de développement économique des États africains et de la législation relativement peu avancée en matière de propriété intellectuelle, nos entreprises ont rencontré des problèmes d’enregistrement des marques (confère affaire JINCHENG motors contre MEGAMONDE au Burkina). Par conséquent, pendant qu’elles investissent, les PME/PMI doivent prendre connaissance du régime de gestion de la propriété intellectuelle du pays d’accueil renforcer leur conscience de protection de la propriété intellectuelle et participer activement aux activités dans ce domaine afin de défendre leurs intérêts.
Robert SAWADOGO pour burkinapmepmi.com




