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Convention de financement à Paris : Vœux de prompt rétablissement à la SOFITEX

50 milliards de francs CFA, tel est le montant de la convention de financement, la 20e du genre, signée le mercredi 12 janvier 2011 à Paris entre la Société burkinabè des fibres textiles (SOFITEX) et son pool bancaire international (1). Cette enveloppe est destinée au financement de certains aspects spécifiques de la campagne cotonnière 2010/2011, notamment l’achat du coton graine aux producteurs, premiers bénéficiaires de cette manne.

Cette facilité intervient au moment où les cours de l’or blanc connaissent des sommets historiques depuis des mois ; et en cette période de vœux, on ne peut que souhaiter un prompt rétablissement au leader de la filière au Burkina qui a bouffé la vache enragée ces dernières années.

Le rituel est le même, immuable. Pendant qu’au premier niveau, la salle des fêtes de l’ambassade du Burkina Faso à Paris, sis au 159 boulevard Haussmann, se remplit petit à petit au fur et à mesure que 11 heures approche, six étages plus haut, au 7e donc, l’interminable séance de paraphes des documents avait commencé depuis 10 heures dans la petite salle de réunions.

Tour à tour, le parapheur passe sous des stylos aussi prestigieux les uns que les autres pour que chacun appose sa précieuse signature, preuve de son consentement.

Autour de la table, le Directeur général de la Société burkinabè des fibres textiles (SOFITEX), Célestin Tiendrébéogo, et les représentants du pool bancaire international, conduit par HSBC. A côté des fidèles comme l’allemande BHF, la maltaise Fimbank et la marocaine BMCE, on note le retour de prêteurs prestigieux : Société générale et BNP-Paribas (France) ainsi que DZ Bank (Allemagne). Visiblement, la confiance est de retour si elle a jamais été perdue.

Résultat des courses, une contribution colossale de 76 225 000 euros, soit 50 milliards de francs CFA. Alors que la cérémonie officielle devait commencer, la petite averse glacée sous laquelle certains des participants sont arrivés cessait de tomber et le ciel s’est éclairci. Un signe ?…

Cette vingtième convention de crédit au taux de 5,5% entre le leader de la filière cotonnière burkinabè et ses financiers internationaux servira, au titre de la campagne 2010/2011, à l’achat du coton graine aux producteurs, à son transport, à son égrenage ainsi qu’à l’évacuation de la fibre vers les ports de Téma et de Lomé.

Depuis douze ans que cette relation gagnant-gagnant dure, ce sont quelque 816 millions d’euros (535 milliards de francs CFA) qui ont été mobilisés auprès des établissements financiers internationaux pour le compte de la SOFITEX.

Des cours jamais atteints depuis 1873

Célestin Tiendrébéogo s’est naturellement dit heureux de l’aboutissement du présent arrangement, cela, d’autant plus qu’il intervient dans un contexte on ne peut plus favorable.

En effet, les différents partenaires n’ont pas manqué de rappeler qu’après plusieurs campagnes longues comme des jours sans pain, au cours desquelles l’or blanc a broyé du noir sous l’effet conjugué de cours très bas et d’un dollar faible sans oublier les subventions que les pays riches apportent à leurs cotonculteurs, les prix atteignent depuis quelques mois des sommets exceptionnels jamais égalés depuis 1873, date de la mise en place du marché du coton.

Pour Jean-François Lambert de HSBC et représentant du pool, « le consensus aujourd’hui est qu’après sept années difficiles, les prix du coton devraient rester élevés grâce à l’anticipation d’un déséquilibre entre offre et demande, au mouvement général qui porte les prix des matières premières à leurs plus hauts niveaux et, conjoncturellement, du fait des incertitudes grandissantes sur les exportations indiennes et la production australienne ».

La campagne 2010/2011 se présente donc sous les meilleurs auspices, et les premiers bénéficiaires de cette embellie devraient être les paysans, qui ont vu le prix d’achat de leur production passé de 160 à 200 Fcfa/Kg. Une ristourne additionnelle est même annoncée pour avril.

L’ambassadeur du Burkina en France, Bégnon Luc Adolphe Tiao, s’est fait fort de rappeler l’importance que revêt cette culture de rente pour la patrie des hommes intègres : « La filière coton constitue l’un des poumons de l’économie du pays, car elle fait vivre directement ou indirectement plus de trois millions de personnes. En outre, elle contribue pour plus de 20% à la valeur ajoutée globale et représente plus de 60% de nos recettes d’exportations.

Ces quelques données chiffrées traduisent à souhait le rôle primordial du coton dans la construction du bien-être des populations en général et de celles des zones de production en particulier ».

On comprend donc que l’Etat porte à bout de bras ce secteur qui a aussi un effet d’entraînement sur bien d’autres activités. Ainsi, et à titre d’exemple, après une première recapitalisation de 34 milliards en 2007, un nouvel apport étatique de 16,4 milliards a été injecté en juin 2010, sans oublier le règlement des impayés internes aux groupements de producteurs de coton dus aux aléas climatiques des saisons 2006/2007 et 2007/2008.

En profiter pour se refaire une santé

Mais s’il faut se réjouir du beau temps actuel, tous les intervenants de la filière restent lucides et ont présent à l’esprit que rien n’est aussi capricieux que le cours des matières premières, celui du coton en l’espèce, qui n’en finit pas, avec son interminable yoyo, les périodes fastes alternant plus ou moins durablement avec les temps de vaches maigres ou plutôt de coton terne : « Rien n’est jamais acquis définitivement dans le domaine, reconnaît M. Lambert.

C’est pourquoi j’ai souligné l’importance pour la SOFITEX et pour toute la filière burkinabè de profiter de cette situation favorable pour restaurer et renforcer leur solidité. On n’est jamais si bien préparé à affronter les difficultés que si on a une bonne gestion dans les périodes fastes ».

Visiblement, la boîte à Célestin n’a d’ailleurs pas attendu ce sermon de Paris pour « œuvrer à son redressement par la mise en application d’une série de mesures dans le cadre de sa restructuration financière, dont certaines sont effectives ». Ainsi de :

– l’élaboration d’un plan d’affaires sur cinq ans ;
– la mise en œuvre d’un nouvel organigramme qui voit l’érection de deux nouvelles directions : la direction des études économiques et de la prospective et celle de l’audit interne et du contrôle de gestion (1) ;
– l’aménagement, en cours, du laboratoire de classement du coton pour préparer l’entreprise à la certification IS0, 170 25.

Ajoutons à cela qu’elle est l’objet depuis 2009 d’une notation financière par Global Credit Rating, un cabinet international basé en Afrique du Sud. Pour autant, concède le patron de la maison, on ne peut pas dire qu’elle se porte totalement bien, « car il y a notre passif qu’il faut éponger…

Nous avons besoin de 26 milliards environ, et avec les cours actuels, en une campagne, on pourrait combler ça facilement. Quand les cours sont bas, vous avez des déficits abyssaux mais quand ils sont bons, vous avez aussi des bénéficies exceptionnels. Il faut de ce fait éviter de paniquer et de hurler « .

Reste, maintenant que l’horizon se dégage, qu’après la signature de la présente facilité, dénommée « SOFITEX 20 », la bataille de la production soit gagnée quand on sait que du fait du blues de l’or blanc, certains producteurs avaient tourné le dos à cette spéculation jugée peu rémunératrice à leurs yeux.

Espérons donc que les prix actuels seront de nature à vaincre les réticences des plus récalcitrants afin qu’ils renouent avec les productions records de 700 000 tonnes des débuts des années 2000 contre 322 000 tonnes en 2009/2020

Ousséni Ilboudo

Notes : (1) Après Paris, une autre convention sera signée ce mercredi 19 janvier à Ouaga, cette fois avec le pool bancaire national, dirigé par ECOBANK

(2). Une charte de l’audit interne a déjà été mise en place, et la cartographie des risques est en cours de finalisation

Didier Mercier (Directeur général adjoint de l’Agence française de développement, AFD)

« Le coton dope les cultures vivrières »

L’agriculture et l’Afrique subsaharienne nous tiennent à cœur et nous souhaitons y renforcer nos interventions. Et le coton joue un rôle primordial en Afrique d’une manière générale et plus particulièrement au Burkina Faso. L’AFD a été présente dans la filière cotonnière burkinabè et elle y est toujours présente, à travers notamment le fonds de lissage, puisqu’elle fait partie de ses fondateurs, et ce fonds a déjà joué un grand rôle lorsque les filières ont connu une situation difficile en raison de la faiblesse des cours.

Nous sommes convaincus que, malgré les caprices des cours mondiaux, les filières cotonnières africaines ont un avenir et sont nécessaires, car, ne l’oublions pas, le coton présente l’avantage de doper les cultures vivrières, qui bénéficient, quoiqu’on dise, de la structuration de la filière, de ses intrants, et le coton contribue dans ce sens à la sécurité alimentaire dans un pays comme le Burkina.

Pour ce qui est du coton biotechnologique et des risques liés à l’environnement ainsi qu’à la santé humaine et animale que vous évoquez, je ne suis pas scientifique, mais je pense qu’il y a eu des expérimentations avant la généralisation de la culture dans un pays comme le Burkina Faso. Il faut sans doute suivre tout cela de près, même s’il ne faut pas s’alarmer outre mesure. On regarde avec attention, avec intérêt tout ce qui est en train de se faire.

Jean-François Lambert (HSBC, représentant du pool bancaire international)

« Il faut bien gérer, surtout en période de crise »

• Aujourd’hui, la situation s’améliore pour les matières premières en général et le coton en particulier. Cela fait douze ans que nous sommes aux côtés de la SOFITEX, et pendant les bons comme les mauvais moments, nous avons toujours été là. Les faits parlent d’eux-mêmes.

Le partenariat existe parce qu’il y a un dialogue, une confiance, une compréhension mutuelle et il y a une bonne gestion. Et surtout en période de crise, il faut bien gérer et cela a été le cas de la SOFITEX. Et c’est pour toutes ces raisons que nous avons toujours été là. Aujourd’hui il y a des incertitudes en Inde, en Australie et c’est le coton africain qui va en profiter. Mais tout cela est bien conjoncturel.

Il faut voir plus loin à moyen ou long terme dans le temps et, de ce point de vue, le coton africain en général, burkinabè en particulier, a connu des développements forts, a considérablement amélioré sa qualité, sa fiabilité et cela est reconnu par toutes les sociétés internationales qui achètent et qui continuent d’acheter ce coton.

Cela dit, rien n’est jamais acquis définitivement surtout dans ce secteur des matières premières. Et c’est la raison pour laquelle j’ai souligné l’importance pour la SOFITEX et pour toute la filière burkinabè de profiter de cette situation favorable, dont nous espérons qu’elle durera le plus longtemps possible, pour restaurer la compétivité, la solidité de la filière. Le marché des matières premières est ainsi fait qu’il y a des hauts et des bas qui sont parfois violents. On n’est jamais si bien préparé à affronter les difficultés que si on a une saine gestion dans les périodes fastes.

Propos recueillis par O.I.

Célestin Tiendrébéogo, D.G. de la SOFITEX « Faut pas paniquer »

Pour Célestin Tiendrébéogo, le directeur général de la Société burkinabè des fibres textiles (SOFITEX), il faut éviter de paniquer et de hurler quand ça va mal ; car autant ils ont des déficits abyssaux quand les cours du coton sont bas, autant les bénéfices sont astronomiques lorsque la période des vaches grasses revient.

Il semble que les banques vous proposaient plus d’argent que vous n’en aviez besoin. Selon vous, c’est le signe de la confiance retrouvée ?

• Je pense que oui si tant est que la confiance ait jamais été perdue. Mais c’est vrai qu’aujourd’hui le marché des matières premières, particulièrement celui du coton, se comporte très bien. Ça veut dire aussi que le risque a disparu surtout pour SOFITEX, en faveur de qui l’Etat a eu à intervenir, preuve s’il en est qu’il ne va pas laisser tomber la filière : en effet, après la recapitalisation de 34 milliards de FCFA en 2007, il y a encore eu cette année une injection de 16,4 milliards ; il y a donc la confiance, c’est à nous maintenant de mettre tout en œuvre pour relever les défis.

Pour le profane, la SOFITEX ne fait que s’endetter pour maintenir la filière à flot, au point de courir le risque du surendettement.

• Oh que non ! Il faut comprendre que la récolte que nous ferons cette année suffira, par exemple, à rembourser la présente convention. C’est du crédit court terme pour assurer le paiement du coton auprès des paysans (car s’ils doivent attendre que nous vendions notre fibre pour les payer, ça va faire long) pour le transport jusqu’à nos usines ainsi que celui de la graine vers les huileries et l’évacuation de la fibre vers les ports ; pour les frais d’usinage, etc. Il faut savoir que 80% de nos dépenses se font en l’espace de 4 mois dans l’année, de janvier à avril. Nous devons de ce fait avoir de la trésorerie disponible et c’est pour cela que l’intervention des banques est nécessaire.

L’embellie actuelle pourrait être ternie par des facteurs externes comme la crise postélectorale en Côte d’Ivoire. Avez-vous un plan B pour parer au pire ?

• Vous savez, nous avons déjà connu ça il y a quelques années : le corridor ivoirien nous était fermé et aujourd’hui, tout est évacué vers les ports de Lomé et de Téma. Tout se fait par la route alors que les deux dernières années, nous avons pu embarquer vers la Côte d’Ivoire, surtout par le rail, qui a transporté 60% de la production. C’est notre port naturel par rapport à celui de Lomé où nous avons des surcoûts sur le transport. Cela dit, nous avons connu pire. Avant, le cours du coton était mauvais, on faisait des pertes, et il fallait en même temps supporter des surcoûts, ce qui creusait davantage le gouffre. Aujourd’hui, nous sommes bénéficiaires, les surcoûts vont certes réduire nos marges, mais on sera toujours bénéficiaires. Ce que nous craignons, c’est qu’il y ait engorgement à Lomé et à Téma si tout le monde devait se tourner vers ces deux débouchées, et notre souci est de voir comment agir pour respecter nos délais de livraison à nos clients filateurs.

Il y a certes des signes de reprise, mais peut-on véritablement dire aujourd’hui que la SOFITEX se porte bien ?

• Pas totalement, car il y a notre passif qu’il faut éponger toujours, mais c’est un passif épongeable, puisqu’il y en a qui sont compromis tant ils sont lourds. Ce n’est pas notre cas. On a certes quelque chose à combler, mais le trou n’est pas si profond.

Il est de l’ordre de combien ?

• Nous avons besoin de 26 milliards environ et avec les cours actuels, en une campagne, vous combler ça facilement. Quand les cours sont bas, vous avez affaire à des déficits abyssaux, mais lorsqu’ils montent, vous avez des bénéfices exceptionnels.

Pendant six années, nous avons connu des déficits importants, mais si nous avions eu, par exemple cette année, le même niveau de production que pendant les années fastes, on se serait retrouvés avec plus de 100 milliards de marge et on aurait comblé le déficit des six années noires tout en ayant toujours de la trésorerie pour autre chose. Il faut donc éviter de paniquer quand on a ces déficits-là et de hurler parce qu’on craint que ce soit un poids énorme pour les finances publiques ; autant ils peuvent l’être autant ils sont salutaires pour les finances publiques quand ça va.

Vous venez d’empocher 50 milliards. Pour le cotonculteur lambda de Karangasso-Sembla, la conséquence directe, c’est quoi ?

• Il sera payé ; nous leur avons dit que nous le ferions rapidement et jusque-là, ceux qui ont pu faire rentrer leur coton l’ont constaté. Ils ne nous croyaient pas et ils étaient surpris de voir que les règlements soient aussi rapides. C’est vrai qu’avec les crises, toutes les sociétés cotonnières ont connu beaucoup de retards de paiement, parfois jusqu’en août-septembre. La confiance s’est donc érodée. Aujourd’hui, nous sommes en train de rétablir cette confiance, et il faut que le paysan sache que nous avons la trésorerie pour régler, et quand on signe des conventions, c’est d’abord et avant tout les producteurs qui en sont les bénéficiaires. Ce n’est pas destiné à du sponsoring ou à autre chose, ce serait un détournement.

Reste à gagner la bataille de la production, dans la mesure où certains producteurs se sont détournés de la culture de l’or blanc, pas suffisamment rémunérateur à leurs yeux alors que la rentabilité de la SOFITEX passe aussi par une production conséquente.

• En matière industrielle, il y a ce qu’on appelle la théorie du nombre. Plus la quantité est importante, plus le diviseur se réduit, car il faut raisonner en termes de coût de production. Quand nous avons donc affaire à une quantité importante, le diviseur est tel que le coût de production baisse. Et plus la production baisse, plus le coût de production a tendance à s’élever.

Quel est l’idéal pour vous ?

• 600 000 tonnes de coton graine, ce serait une bonne moyenne. Il se trouve qu’il y a d’autres spéculations qui rémunèrent aussi bien sinon mieux que le coton : rappelez-vous qu’en 2008, le sac de 100 kg de maïs coûtait jusqu’à 25 000 FCFA, soit 250 FCFA/kg, contre 140-150 FCFA/kg pour le coton. Le producteur aura donc tendance à faire plus de maïs que de coton, car c’est un opérateur économique.

On ne peut pas lui dire de faire plus de coton s’il n’est pas très bien payé ; mais avec le prix du coton à 200 F, vous allez voir comment ça va changer la donne. Pour un rendement moyen de 1000 kg/ha, ça fait 200 000 FCFA alors que le maïs a un rendement moyen de 2 tonnes/ha, ce qui fait 140 000 à 150 000 FCFA/ha. Le sésame, lui, fait 300 F le kilo, mais pour des rendements moyens de 200 kg/ha, soit 60 000 F. Faites vous-même la différence.

En tout cas, à l’annonce du relèvement du prix, l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPC-B) a promis 1 million de tonnes. Est-ce réalisable et réaliste ?

• Ben, oui. Ils ont déjà fait 700 000 tonnes avec les mêmes superficies, et l’aspect OGM aidant, allié à une bonne fumure organique et à une bonne pluviométrie, c’est du domaine du possible.

L’or est en passe de devenir, si ce n’est déjà le cas, le premier produit d’exportation du Burkina, supplantant donc le coton. Ça vous inquiète ?

• L’or a devancé le coton parce que la production et les cours de celui-ci ont chuté, mais j’espère que l’or blanc va reprendre sa place. Cela dit, pour moi, il n’y a pas de compétition entre ces produits, ou alors, si elle est de nature à faire avancer le Burkina, c’est tant mieux. Après tout, ils participent tous à la formation de la richesse nationale et si demain ça pouvait être l’élevage ou tout autre activité, on ne peut que s’en réjouir. Tout cela va dans le même panier burkinabè.

Comment vous voyez l’avenir de la SOFITEX et de la filière coton d’une manière générale ?

• Avec confiance. A SOFITEX, nous avons déjà créé une Direction des études économiques et de la prospective (DEEP), et pour nous, le défi, c’est de voir comment nous allons diversifier nos activités, car on ne peut pas se cantonner dans la culture du coton. Il y a d’autres spéculations agricoles que nous pouvons intégrer telles le maïs, le sésame, le tournesol et nous nous y intéressons.

De nos jours au Burkina, il y a beaucoup d’huileries qui se créent et nous ne parvenons même pas à satisfaire le tiers de leurs besoins en graines de coton, dont le taux d’huile est de 22% contre 50% pour le tournesol. Quand il y a crise, on parle de diversification, mais, une fois que l’orage passe, on oublie. C’est ce problème que nous avons voulu pallier en créant la DEEP.

Propos recueillis à Paris par Ousséni Ilboudo

L’Observateur

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