La problématique du travail domestique au Burkina Faso préoccupe les responsables de l’Union internationale des travailleurs de l’alimentation, de l’agriculture, de l’hôtellerie-restauration, tabac et des branches connexes (UITA). Ils se sont engagés dans une bataille contre les mauvaises pratiques qui portent atteinte à la dignité des domestiques. Le 16 juin 2011, l’Organisation internationale du travail (OIT), a adopté la convention 189 sur le travail décent pour les travailleurs et travailleuses domestiques. Pour porter à la connaissance du public, l’existence de cette convention et amener les autorités burkinabè à la mettre en œuvre, le comité femme de l’UITA, a tenu le 17 mars 2012 à Ouagadougou, une conférence publique, sur le thème : ‘’Campagne sur les droits des travailleurs et travailleuses domestiques : ratification de la convention 189 de l’OIT’’.
Pour le coordinateur des organisations syndicales affilées à l’UITA/Burkina, Laurent Nakoulma, le travail domestique peinait à trouver sa place dans les lois et normes du travail national et international. ‘’C’est seulement à l’occasion de la 100e session de l’OIT, tenue à Genève en juin 2011, qu’une convention C189 et la recommandation 201 sur les domestiques furent adoptées’’, a affirmé M. Nakoulma. Il a indiqué que le travail, quel qu’il soit, et celui domestique en particulier, est loin d’être une affaire de relation isolée entre deux parties. Selon lui, le travail doit être une volonté politique incarnée par l’Etat qui garantit le cadre juridique et institutionnel. Cependant, la méconnaissance des textes juridiques et réglementaires expose les domestiques à toutes sortes de risques dans leur lieu de travail. Aloïs Ouédraogo est gardien de profession. Il déplore que ce métier soit banalisé par bon nombre de personnes. Il est nécessaire à son sens, que le niveau de ce statut soit réhaussé. ‘’Nous contribuons aussi d’une manière ou d’une autre, au développement de notre pays. Le salaire d’un gardien est insignifiant et n’arrive même pas à couvrir les besoins de la famille. Mon souhait est que la convention régissant le secteur d’activité, soit ratifiée le plus tôt possible, afin que nous puissions être plus vus dans la société’’, a relevé M.Ouédraogo. Abondant dans le même sens, une domestique qui a voulu garder l’anonymat confie : ‘’Il y a de cela cinq ans que je travaille chez un Libanais dans le domaine du nettoyage, mais il n’ y a aucun changement sur mes conditions de travail. Le travail est fait en une demi-journée et je suis payée à 25 000 F CFA, le mois. En plus, le constat est que la majeure partie des domestiques n’est pas déclarée à la caisse. Si toutefois au niveau de la convention, ces inquiétudes pouvaient être prises en compte, nos employeurs comprendront et nous serons soulagés ».
La présidente du comité femme de l’UITA, Assétou Traoré, a signifié que cette conférence est une campagne de plaidoyer et concerne les domestiques. ‘’Dans le jours à venir, nous allons inviter les employeurs pour les sensibiliser au contenu de la convention 189’’, a-t-elle ajouté. M .Traoré a par ailleurs, expliqué que la convention 189 considère le travailleur comme celui qui a droit à une protection sociale, à une sécurité et santé au travail et doit par conséquent, avoir un salaire permanent. ‘’Les domestiques permettent à leurs employeurs d’avoir la quiétude et de vaquer à leurs occupations. Ils jouent un rôle socioéconomique important et cette convention va leur permettre de se sentir entendus et légitimes’’, a-t-elle avoué.
La plupart des employés domestiques évoluent dans l’informel. Avec l’adoption de la convention 189, les domestiques vont bénéficier d’une protection spécifique. En attendant, c’est à l’Etat burkinabè de la ratifier, afin que ces travailleurs puissent retrouver leur statut social.
Afsétou SAWADOGO | Sidwaya.bf




