lundi, octobre 5, 2026
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Connaître les hommes

De nos jours, pour gouverner, commander ou tout simplement diriger une organisation – dans le sens large du terme – et à n’importe quel échelon hiérarchique, il faut connaître les hommes que l’on est appelé à superviser.

En effet, le temps des « coups de gueule » comme stimulant est révolu. De même que le commandement à l’influence n’intimide aujourd’hui plus personne, que ce soit dans le secteur public ou dans la sphère privée et encore moins dans le tiers secteur favorisant plutôt le côté affectif, beaucoup plus que l’autorité.

En réalité, le dirigeant moderne n’a d’autorité, que pour autant qu’on l’accepte, car aucun galon n’obligera l’autre à le respecter s’il n’est pas respectable .

A vrai dire, l’autorité n’appartient ni au titre ni au grade mais à l’homme qui est capable d’amener les gens à exécuter ce qu’il a envie de leur faire faire, non pas par crainte ou contrainte mais parce qu’eux mêmes sont convaincus et admettent le bien fondé de l’ordre donné pour exécution.

Pour arriver à ce résultat, il faut nécessairement connaître les hommes, prendre en considération la diversité de leur caractère et comportement afin de pouvoir les diriger et partager avec eux la même vision des choses.

Néanmoins, pour connaître les hommes, il faut d’abord les écouter pour pouvoir les approcher et les comprendre. Il est en effet, de notoriété publique, qu’un conducteur de n’importe quelle machine ne peut bien la conduire que dans la mesure où il connaît bien sa mécanique pour en connaître les vertus et les faiblesses des mécanismes de l’engin.

Il en est de même pour le dirigeant qui doit connaître parfaitement les gens dont il est censé diriger et auxquels il doit donner des ordres à exécuter sans hésitation. Pour ce faire, ce dirigeant doit apprendre à ne faire qu’un avec son équipe, toujours prête à l’entendre s’exprimer.

Mieux encore, à force d’écouter ses collaborateurs le dirigeant averti crée une atmosphère de confiance voire d’amitié de telle sorte que tout le monde contribue à la réussite de l’organisation et par voie de conséquence à la prospérité de ses ressources financières et matérielles et au bien être de l’ensemble de ses ressources humaines.

On ne peut donc bien diriger les hommes que si on les connaît à tous points de vue et sous tous les aspects. C’est un effort constant d’investissement de temps et d’argent que doit faire le dirigeant pour atteindre cet objectif .Il est vrai que la psychotechnique donne actuellement à ce sujet de précieux renseignements. Mais quelle science actuelle est capable de discerner les qualités de l’homme telles que la probité intellectuelle ou morale, la générosité, l’équité, la bonté et la bienveillance ?…

S’il n’existe pas de science exacte pour ce faire, il y a en revanche un sens de l’humain que le dirigeant doit développer à cette fin : comprendre l’homme, c’est d’abord tenir compte de ses exigences car l’être humain possède une personnalité, une famille, des soucis, des ambitions cachées qu’il convient impérativement de découvrir et de gérer au quotidien par le dirigeant.

En revanche, cet homme est capable de s’adapter à n’importe quel travail et n’importe quelle fonction. Cette faculté lui donne une supériorité et le distingue notoirement. Ce don divin constitue la principale caractéristique de l’être humain.

L’homme est en effet infiniment plus riche en ressources que le plus perfectionné des robots. On doit donc prendre l’habitude de ne le plus juger du seul point de vue de la valeur technique mais tenir compte également de ses autres qualités et valeurs humaines, professionnelles , sociales, physiques , culturelles et relationnelles . Bref, ces qualités et valeurs humaines ne se mesurent pas.

De l’homme, on peut tirer le meilleur rendement à condition d’en connaître les très grandes possibilités mais aussi ses faiblesses et ses limites. L’homme ne se connaît d’ailleurs pas qu’à son seul tempérament mais également à son caractère puisqu’il y a celui qui a besoin de s’imposer, l’autre qui a besoin de se dévouer, celui-ci qui a besoin de sécurité et celui-là qui a besoin d’imprévu et encore…

Il s’agit en conséquence, de se comporter avec chacun de ces hommes de tempéraments et /ou de caractères différents, avec une ouverture d’esprit permanente : il faut leur parler de ce qui les intéresse et surtout afficher leur importance. Il faut les comprendre quand ils se trompent et leur pardonner lorsqu’ils dérapent inconsciemment.

Ainsi donc, la première préoccupation de ceux et de celles qui sont amenés à occuper des postes de commandement et de responsabilités ( à n’importe quel pallier hiérarchique) , devrait être la connaissance des hommes sur lesquels doit se reposer leur réussite et celle de l’organisation qui sont appelés à diriger à bon escient.

Par M’hamed Drissi (chroniqueur exclusif) – Ph.D Management

Enviedentreprendre.com

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