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comparution de l’ex-chef d’agence de Coris Bank International Dédougou et des autres travailleurs devant le tribunal de grande instance

Accusés d’abus de confiance portant sur la somme de 37 255 000 F CFA, l’ex-chef d’agence de Coris Bank, Dédougou, les deux caissières et le conseiller clientèle ont tous comparu le 13 févier 2012 devant le tribunal de grande instance de Dédougou. Après un jugement marathon de près de 5 heures d’horloge et en attendant le délibéré le 16 février, le procureur a requis une peine de 24 mois et de 12 mois avec sursis respectivement à l’encontre de l’ex-chef d’agence et des deux caissières qui ont plaidé non coupable.

A moins d’un report, l’ex-chef d’agence et les deux caissières de l’agence Coris Bank de Dédougou seront situés sur leur sort le 16 février prochain. C’est à cette date que le dossier d’abus de confiance portant sur la somme de 37 255 000 F CFA, de faux en écriture de commerce, d’incitation à la commission de faux, usage de faux et complicité à eux reprochés sera vidé. Le procès qui a eu lieu le 13 février 2012, a permis de faire toute la lumière sur cette affaire qui a tant défrayé la chronique depuis le 18 janvier 2012, date de l’arrestation des prévenus. Ces derniers ont plaidé non coupables tout au long du jugement qui a duré près de 5 heures d’horloge. Selon le procureur, au lieu d’instruire les demandes de prêts et les faire acheminer à la hiérarchie, l’ex-chef d’agence a outrepassé ses compétences en procédant au payement. Pire, ajoute t-il, certains prêts étaient octroyés sans que le ou les bénéficiaires n’aient formulé une quelconque demande et que les chèques payés étaient comptabilisés comme étant de la liquidité pendant l’arrêt de la caisse. Dans la narration des faits, l’accusé a expliqué que c’est purement dans une démarche commerciale qu’il a agi pour soulager les clients notamment des commerçants qui menaçaient de fermer leur compte. Malheureusement, cette initiative qui consistait à préserver l’intérêt de la clientèle n’a pas été portée à la connaissance de la hiérarchie, qui, au cours d’un contrôle inopiné en janvier, a découvert un manquant de 37 255 000 F CFA. Les deux caissières qui sont poursuivies pour complicité ont soutenu avoir exécuté des ordres sans aucune intention. Au jour du procès, ce sont au total 27 137 425 F CFA qui ont été recouvrés chez les clients bénéficiaires. Ces derniers qui se sont succédé à la barre ont expliqué dans les moindres détails les circonstances et le contexte de l’octroi de ces prêts. Qu’à cela ne tienne, les représentants de Coris Bank estiment que les prévenus ont exposé leur institution à des risques avec un manque à gagner. C’est pourquoi ils se sont constitués en partie civile et réclament 5 millions de F CFA, en guise de dommages et intérêts. Dans ses réquisitions, le procureur a laissé entendre que les faits étaient caractérisés. Disséquant les chefs de préventions l’un après l’autre, il a requis une peine de 24 mois et 12 mois avec sursis respectivement contre l’ex-chef d’agence et les deux caissières. En outre, il a requis la relaxe du conseiller clientèle au bénéfice du doute.

Pas de profit personnel

Dans les plaidoiries, les avocats de la défense, à savoir Me Guy Hervé Kam pour l’ex-chef d’agence et Me Amedée Guillaume Yéré pour l’une des caissières, ont affirmé que le dossier était creux, voire vide. Guy Hervé Kam n’a pas nié l’inévitable. Son client n’a certes pas respecté les règles de procédures en la matière. Cependant, il réfute l’abus de confiance arguant que l’argent a été remis aux clients de la banque sans aucune contre-partie au profit de l’ex-chef d’agence. « Ça n’a pas été un profit personnel pour mon client. Son objectif n’a jamais été de priver la banque d’argent. C’est d’ailleurs pour cette raison que des garanties ont été déposées par les bénéficiaires », a-t-il martelé avant d’ajouter que son client a agi de la sorte face au contexte de concurrence exacerbée dont la culture est le résultat. Aussi a-t-il demandé la relaxe de son client pour infraction non constituée ou au bénéfice du doute. Abondant dans le même sens, Me Yéré a soutenu que le procès n’avait pas de sens. Prenant au mot l’un des représentants de Coris Bank qui a laissé entendre qu’il s’agissait d’une faute professionnelle, l’avocat a tout simplement dit que le principal accusé devrait être traduit devant une commission de discipline et non un tribunal, parce que d’infraction délictuelle, il n’y avait pas. C’est pourquoi il a également demandé la relaxe pure et simple de sa cliente pour infraction non constituée. En mettant le délibéré pour le 16 février prochain, le président du tribunal a accédé à la requête de Me Kam en ordonnant la main levée du mandat de dépôt contre l’ex-chef d’agence. Comme il fallait s’y attendre, le procès a drainé un monde fou. Par deux fois, le président a menacé de vider la salle lorsque certains propos des avocats ont été accueillis par des salves d’applaudissement du public.

Serge COULIBALY | Lepays.bf

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