« Comment rendre les TIC sans danger?? ». Voici ainsi formulé le défi auquel s’attaque EPACT International et l’Association Burkinabè pour la Survie de l’Enfance (ABSE), chef de file des Organisations de la Société Civile (OSC) du Burkina engagées dans ce projet. Un constat empirique établit que la population jeune est exposée dans sa globalité aux dangers liés à l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC). Il y a un dilemme cependant quand on sait que ces mêmes TIC constituent des outils essentiels voire indispensables de nos jours pour la formation et l’épanouissement des jeunes. Il ne s’agit donc pas d’interdire l’utilisation des TIC aux jeunes mais de les éduquer à une meilleure utilisation de ces technologies, d’où la campagne Make IT Safe c’est-à-dire rendre les TIC sans danger. Un atelier de sensibilisation et de formation de formateurs s’est tenu à Ouagadougou du 21 au 24 février pour réfléchir sur comment mener cette campagne au Burkina. Pendant les 72 heures qu’ont duré les travaux, des activistes de la société civile, des journalistes, de jeunes scolaires et étudiants, des gérants de Cybercafés, ont échangé sur les dangers liés à l’utilisation des technologies de l’information et de la communication et élaboré des stratégies à mettre en œuvre dans le cadre de la campagne à venir. Les TIC les plus utilisés et qui exposent le plus les jeunes, sont les ordinateurs, l’Internet (les cybercafés), les téléphones portables, la télévision, les vidéo clubs, les appareils photo numériques, etc. Pour réussir la campagne, plusieurs acteurs seront associés dont les parents, les enseignants et responsables d’établissements, l’Etat à travers les ministères compétents, les gestionnaires d’espaces multimédias, les gérants de vidéo clubs, les fournisseurs de connexion Internet, etc. Ces différents acteurs pourront aussi être destinataires des messages de la campagne comme les enfants et les jeunes. La campagne va combiner l’utilisation de plusieurs moyens et méthodes pour réduire au mieux l’utilisation néfaste des TIC pour les jeunes. On compte parmi ces mécanismes, l’installation de logiciels bloquant le téléchargement des sites pornographiques, la surveillance par les gérants de cybercafés qui peuvent conseiller et recommander des sites éducatifs ou de distraction aux enfants, la création d’espaces pour enfants dans les cybercafés, l’interdiction d’accès aux cybercafés et aux vidéo clubs aux enfants d’un certain âge, etc. Les TIC exposent les enfants à une liste infinie de risques et de dangers (prostitution, trafic, exploitation, arnaque, etc.), mais l’atelier a mis l’accent sur l’Exploitation Sexuelle des Enfants à des fins Commerciales (ESEC) via les TIC. La formation a été assurée par la représentante régionale Afrique de Ecpact qui a déjà une expérience de la campagne, pour l’avoir conduit avec succès dans son pays le Togo. Après le Togo, le Bénin et la Gambie, la Make IT Safe est actuellement en cours en Cote d’Ivoire, en Ethiopie, au Ghana et au Kenya. Le Burkina Faso se prépare
Boukari Ouoba
Evenement-bf.net




