lundi, octobre 5, 2026
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Comment gérer ses collègues au bureau

Mon collègue se prend pour mon chef : que faire ?

Il a la même position hiérarchique que vous, mais cela ne l’empêche pas, l’air de rien, de vous instiguer quelques conseils de bon aloi quand ce ne sont pas des ordres.*

Son profil. Il use et abuse de petites phrases : « Ce serait bien que tu te charges du dossier Trucmuche », « À mon avis, tu devrais traiter cette tâche en priorité », « Je te conseille vivement de noter tes différents travaux dès le début de ta journée sur une feuille pour être plus efficace dans ta journée », « Indique-moi quand tu as terminé cette opération, histoire qu’on voit ce que tu peux faire par la suite », « Appelle ce client et dis-moi ce qu’il t’a dit ». Il se considère comme un expert. Au fil du temps, cela devient prodigieusement agaçant.

Les difficultés que cela implique pour vous. Ce n’est pas votre manager. Si vous estimez que vous remplissez parfaitement votre poste, vous avez de plus en plus l’impression qu’il empiète sur vos plates-bandes, qu’il lorgne sur certaines de vos prérogatives ou qu’il s’estime supérieur. Quand cela ne vous fait pas perdre confiance dans vos capacités, vous avez bien envie de l’envoyer balader.

Les solutions pour s’en sortir. La réponse à ce type de comportement intrusif requiert de la diplomatie. Il ne s’agit pas de mettre votre interlocuteur mal à l’aise. Mais vous devez pouvoir lui dire votre ressenti et redéfinir le cadre de travail de chacun. Cela peut être, par exemple, une réponse du type : « Je remarque souvent que tu me donnes des consignes qui sortent de ton cadre de travail et cela n’entre pas dans tes prérogatives. Je préfère qu’on reste d’égal à égal. » Vous pouvez jouer la fermeté ou l’humour, en essayant dans un premier temps de régler ce différend entre vous avant d’en référer à votre supérieur.

Mon collègue ne fait rien, ou pas grand-chose : que faire ?

La paresse est un vilain défaut. Et elle est passablement énervante quand elle émane de votre collègue et implique que votre charge de travail augmente.*

Son profil. Pas trop vite le matin, doucement le soir. Il parle beaucoup de ce qu’il va faire, de ce qu’il est censé faire, mais ses promesses verbales ne sont jamais suivies d’actes. Son travail n’est jamais rendu à l’heure, il se la coule douce au bureau dès qu’il le peut et, forcément, vient un moment où c’est vous qui devez prendre en charge ses dossiers en retard. Il peut en revanche mettre beaucoup de son énergie et de son intelligence à se montrer « overbooké ». Il fait des allers-retours réguliers dans l’open-space à grandes enjambées, si possible avec un dossier sous le bras en poussant des profonds soupirs. Il clapote sur son clavier à longueur de journée à un rythme effréné. Bref, il brasse du vent.

Les difficultés que cela implique pour vous. Les problèmes principaux surviennent quand vous devez travailler en équipe sur un dossier en respectant un délai. « J’ai travaillé comme une forcenée dès le début pour réussir à obtenir mes rendez-vous assez tôt et pouvoir rédiger la synthèse commune dans les temps, se rappelle Clémence, assistante de communication. Pendant ce temps, ma collègue organisait ses vacances par téléphone, prenait ses rendez-vous coiffeur et manucure. Quand je l’interrogeais sur l’avancée de son travail, elle s’estimait dans les temps. Lorsque j’ai eu terminé mes rendez-vous, elle n’avait pas encore pris un seul contact ! Un dossier urgent lui est tombé dessus. Mon chef a revu le partage des tâches. Étant bien avancée dans mes dossiers, à votre avis, qui a dû reprendre le dossier commun en totalité et dans l’urgence ? »

Les solutions pour s’en sortir. Si votre collègue essaie de se débarrasser de son boulot sur les autres, il faut bien lui faire comprendre que vous n’êtes pas là pour effectuer ses tâches à sa place. S’il est très délicat de le rappeler à l’ordre, vous pouvez lui demander fréquemment où il en est et lui mettre la pression par le reste de l’équipe. « C’est au supérieur de trancher, conseille pour sa part Sandrine Weisz. Vous avez un devoir d’alerte en lui demandant de rétablir les choses au sein de son équipe, sinon cela risque de générer de la frustration. Il ne s’agit pas, dans un premier temps, de faire de la délation, mais d’attirer son attention sur le fait que certains en font moins que d’autres. »

Mon collègue s’étale sur sa vie privée : que faire ?

Se raconter certains détails de sa vie privée entre collègues, c’est très sympathique et permet d’améliorer l’ambiance au bureau. Mais lorsque les histoires personnelles deviennent la seule communication, cela peut plomber l’atmosphère.*

Son profil. Vous arrivez à 9 heures pétantes, fidèle au poste et lui demandez poliment comment il va. Il vous explique avec force détails ses relations avec sa mère, son conjoint ou ses enfants. Vous êtes son oreille privilégiée. Comme chaque matin. Malheureusement, il n’a pas le sens de la synthèse. Cela fait déjà un quart d’heure que vous auriez pu saluer vos collègues à la machine à café et vider votre boîte mail. À chacun des mails personnels qu’il reçoit au fil de la journée, il vous fait profiter de son contenu et, bien sûr, de son analyse. Idem pour ses coups de fil. En plus, il parle fort. Sa vie privée n’a plus de secret pour vous.

Les difficultés que cela implique pour vous. Il vous fait perdre du temps. Il vous empêche d’aller discuter avec d’autres collègues que vous estimez plus sympathiques ou qui vous apportent plus. En s’étalant sur sa vie privée, il attend que vous fassiez de même. Or, vous n’en avez aucune envie.

Les solutions pour s’en sortir. Évitez-le le lundi ! Il aura forcément tout son week-end à vous détailler. Attendez quelques jours histoire qu’il se soit fatigué à raconter ses détails poignants à d’autres collègues. À défaut, à la fin d’une longue histoire, répondez-lui par une phrase très courte et vague. Déçu par votre maigre commentaire, il ira chercher une oreille plus compréhensive ailleurs.

Mon collègue lance des rumeurs et colporte des ragots : que faire ?

Bénéficier des dernières nouvelles de radio cancan peut agrémenter votre vie au bureau. Sauf que, un jour ou l’autre, c’est vous qui risquez d’être la vedette des derniers scoops.*

Son profil. C’est le spécialiste des renseignements internes. Il est un excellent canal d’informations sur la vie des autres. Il est incollable sur la descendance du patron, les soirées arrosées de votre collègue et les déboires amoureux de l’assistante. Ses potins peuvent être sympathiques. Mais ils peuvent aussi être erronés et destructeurs. Sa façon de pimenter ses journées est d’inventer des histoires à partir de petits détails et de les monter en épingle. Frédérique est experte en la matière : « Je ne sais pas ce qui se cache derrière, mais j’ai remarqué que Grégoire et Sophie arrivent en même temps le matin et déjeunent souvent ensemble. En plus, Sophie m’a dit que sa vie de famille n’était pas facile tous les jours. Qu’est-ce que vous en pensez ? »

Les difficultés que cela implique pour vous. Il est toujours amusant de bénéficier des derniers potins de vos célébrités au sein de l’entreprise. Mais vous savez que, s’il a des secrets sur les autres, il en a aussi sur vous, qu’ils soient vrais ou faux. Et vous ne voulez pas que votre vie ou vos propos soient relayés et déformés.

Les solutions pour s’en sortir. Ne vous montrez pas intéressé par ses histoires extravagantes. Abstenez-vous de lui faire part de vos états d’âme et de confidences dans un moment de désœuvrement. Ne médisez pas sur votre chef, ce serait immédiatement relayé. Si vous avez vent d’une rumeur à votre propos, vous pouvez choisir de prendre le taureau par les cornes, d’en parler devant plusieurs personnes en disant ce qu’on a raconté sur vous, ce qui se dit sur les autres et que vous n’appréciez pas ce type de colportage sans fondement. Le colporteur de rumeurs sera démasqué et sa réputation ternie pour longtemps. Caroline a, pour sa part, choisi d’envoyer un mail menaçant à la personne qui faisait des sous-entendus. Elle lui a dit qu’elle voyait clair dans son jeu, que les personnes venaient l’interroger et qu’elle se chargerait très vite de dénoncer l’origine de la rumeur erronée. Pire : elle en avait elle aussi de bien bonnes à raconter sur les pratiques douteuses de Miss Radio-cancan. Elle n’a plus été embêtée.

* Extraits de l’ouvrage « Survivre au bureau » de Pascale Kroll (éd. L’Etudiant).

Mon collègue me dérange en permanence : que faire ?

La communication entre collègues : rien de tel pour favoriser l’échange de bonnes idées. Rien de tel non plus pour vous empêcher de faire correctement votre travail.*

Son profil. Vous commencez à vous concentrer sur un dossier et, patatras, il déboule dans votre bureau pour vous demander gentiment s’il peut vous déranger quelques instants, si vous pouvez lui donner votre avis sur un problème, comment vous allez, ce que vous avez pensé de la réunion de la veille…

Les difficultés que cela implique pour vous. Vous perdez du temps, vous n’osez pas l’envoyer promener, vous l’écoutez par politesse en rageant intérieurement et vous avez du mal à vous reconcentrer.

Les solutions pour s’en sortir. Si vous ne voulez pas que ce dérangement devienne une habitude, il vous faut agir. Première parade : ne lui répondez pas tout de suite, fixez l’écran de votre ordinateur en fronçant les sourcils. Il devrait comprendre que vous avez d’autres chats à fouetter. Deuxième parade : l’humour, avec une phrase du type « Décidément, je te suis indispensable ! ». Troisième parade : soyez plus franc, gentiment, en lui disant que vous ne savez pas trop si vous pouvez l’aider mais que le métier entre mieux quand ça vient de soi-même. Dernière parade : la fermeté. Interrompez-le au milieu d’une phrase et dites que vous êtes très occupé.

* Extraits de l’ouvrage « Survivre au bureau » de Pascale Kroll (éd. L’Etudiant).

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