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Collecte et transformation du riz local au Burkina : Une politique qui redonne vie à la filière

La production, la transformation et la commercialisation du riz local connaissent de plus en plus un essor dû au projet Appui à la sécurité alimentaire. Pour mesurer l’impact du projet et rendre visible l’utilisation des ressources publiques pour la collecte du riz paddy, décortiqué et étuvé, la Société nationale de gestion du stock de sécurité alimentaire (SONAGESS) , a effectué du 18 au 21 juin dernier, une mission de supervision des opérations d’achat et de transformation du riz local auprès de producteurs du Sourou, du Kénédougou et du Houet.

A travers la mise en place de contrats de prestation de service et les achats directs du riz local décortiqué ou étuvé, la SONAGESS accompagne les producteurs et transformateurs du riz local, dans la perspective de l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire au Burkina Faso. A Nianssan dans le Sourou, la production du riz paddy était de 4500 tonnes par an avant 2008, année de mise en œuvre du partenariat avec la SONAGESS. Aujourd’hui, a-t-on noté, la production de ce même riz paddy est de l’ordre de 7000 à 8000 tonnes par an.

Il y a certes, un regain d’activités dans les plaines rizicoles qui s’explique en grande partie par l’appui et l’accompagnement de la SONAGESS à booster la sécurité alimentaire. Selon M. Tinga Charles Sawadogo, directeur général de la SONAGESS, « Ce sont 195 millions de francs CFA qui ont été décaissés pour l’achat et la transformation du riz local dans la zone du Sourou uniquement. 128 millions pour le riz Paddy, 50 millions pour le riz étuvé et plus de 25 millions pour le décorticage.

Dans l’ensemble de la région de la Boucle du Mouhoun, 300 millions ont été dépensés dans l’activité de collecte de riz local ». L’achat du riz se fait au prix plancher, de 128 francs CFA le kilogramme. Ce prix est fixé de commun accord avec les producteurs même si ces derniers, à travers les rencontres d’échanges avec la SONAGESS, souhaitent le relèvement de ce prix à 150 F le kilogramme. Au prix de 128 F CFA le kg selon M. Tinga Charles Sawadogo, le producteur gagne 3 à 4 francs CFA par kg.

« Nous pensons que c’est un prix rémunérateur fixé par les producteurs eux-mêmes et accepté par l’Etat ». Pour l’instant l’heure est au respect des engagements sur tous les sites de production. Chaque groupement de producteurs doit, au terme des conventions mettre à disposition de la SONAGESS 20% de sa production en riz local.

A Niansan, Banzon ou à Bama, la chaîne de production est attractive et crée des emplois. Les magasins de stockage commencent à se remplir à la grande satisfaction du directeur général de la SONAGESS. L’état des lieux du partenariat avec les producteurs, les transformateurs et les étuveuses est au beaufixe et la SONAGESS entend promouvoir davantage sa stratégie de communication pour un partenariat gagnant-gagnant. A Banzon dans le Kénédougou, c’est sur une plaine de 454 hectares que se cultive le riz.

632 producteurs dont 32 femmes organisées en coopérative dénommée : Société coopérative agricole de Banzon qui exploite en campagne humide la totalité de la plaine et en campagne sèche uniquement 315 hectares. En campagne humide (saison hivernale), la production est de 27 000 tonnes de riz Paddy soit un rendement moyen de 6,5 tonnes à l’hectare. En terme d’intrants, l’appui de la SONAGESS est de l’ordre de 58 millions de francs CFA.

Selon Bakassan Koné, chef de la plaine rizicole de Banzon « les producteurs sont satisfaits du partenariat avec la SONAGESS ». Depuis un certain temps a-t-il dit, l’écoulement de la production était un goulot d’étranglement. « Aujourd’hui le riz ne reste plus entre nos mains et cela encourage à aller de l’avant dans la production. Ces deux dernières années, nous avons reçu l’appui de l’Etat à travers la subvention en terme d’engrais et de semences mais aussi de la SONAGESS avec l’achat des productions ».

A la campagne sèche 2009-2010, ce sont 340 tonnes de riz paddy qui ont été livrés à la SONGESS. La campagne humide s’annonce sous de bons auspices et les producteurs sont confiants quant au respect des engagements avec leur partenaire. Il en est de même pour les responsables des unités de décorticage qui disent tout mettre en œuvre pour respecter les délais de livraison.

Abdoulaye Ouédraogo, président de l’Union des coopératives rizicole de la Vallée du Kou félicite la SONAGESS car de part de son intervention, les producteurs ne bradent plus leurs produits. Une partie de la production va à la SONAGESS et une autre chez les femmes étuveuses d’où la dynamique du travail à la chaîne qui procure des revenus substantiels à l’ensemble des acteurs de la filière.

Au centre d’étuvage Danièle Desjardins à Bama dans la Vallée du Kou, les étuveuses membres de l’Union achètent le riz paddy des producteurs locaux qu’elles étuvent et commercialisent. 1500 tonnes de riz sont étuvés par an. Et à l’échelle nationale c’est environ 70% de la production totale du riz burkinabè qui passent par les groupement des femmes étuveuses. L’Union des groupements des étuveuses de riz de Bama a pour but note-t-on d’être un outil d’affirmation et de promotion du statut des étuveuses.

Le processus d’étuvage du riz consiste à exposer à la vapeur des grains de riz paddy préalablement hydraté avec de l’eau chauffée à 80 dégrés environ. Afin d’éviter la consommation en grande quantité de bois de chauffe lors de l’étuvage, il a été mis au point dans le Centre, un four utilisant la balle de riz qui, reste des déchets non valorisés au sein des sites de production. Le riz local produit en quantité et en qualité dans les différentes plaines rizicole visitées, est stocké après achat dans les magasins de la SONAGESS.

A Bobo-Dioulasso par exemple, la SONAGESS hérite des magasins de l’ex-OFNACER. 7 magasins d’une capacité de stockage de 500 tonnes chacun et 2 magasins de 1500 tonnes sont disponibles. Avec le début de la campagne humide, les producteurs sur les différents sites attendent toujours l’approvisionnement en engrais qui, de l’avis de M. Tinga Charles Sawadogo, ne saurait tarder. Sur le plan des difficultés rencontrées dans la production du riz local, les exploitants sur le site de Banzon ont cité la vétusté des canaux d’irrigation qui occasionnent des pertes énormes d’eau surtout en saison sèche.

Les canaux d’irrigation ont été installés depuis 1981, et à ce jour, ils présentent des fissures. En tout état de cause, l’engouement pour la production du riz local est certain. Et la SONAGESS est très satisfaite du partenariat avec les groupements de production, les transformations et les étuveuses.

Trabzanga ZOUNGRANA

Source : sidwaya.bf

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