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Climat d’inquisition à la BICIAB

La grève d’avril 2010 à la BICIAB continue encore de faire des vagues. Depuis cet historique conflit de travail qui a fait grincer des dents à de nombreux clients de la BICIAB, nombre de travailleurs se plaignent d’être l’objet de pressions, de vexations, de mises à pied, voire de licenciements abusifs. Ce fut notamment le cas d’une déléguée de personnel, Madame Niodogo Djelika, licenciée à compter du 1er septembre 2010, « sans préavis ni indemnités », pour des absences répétées qu’elle aurait justifiées par des certificats médicaux d’origines différentes, sa présence dans une boutique commerciale, « en plein marchandage alors qu’elle était en repos médical, la sanction « par une mise à pied de 8 jours pour une absence irrégulière d’une semaine, ses propos irrespectueux envers deux de ses supérieurs hiérarchiques ». Ce qui est curieux, c’est qu’avant le conflit qui a opposé les travailleurs de la BICIAB à la direction générale en avril 2010, rien n’était reproché à la dame Niodogo. Au contraire, son évaluation à l’interne était plutôt positive. Dans un tel cas de figure, il est généralement appliqué une sanction de premier degré. Dans la catégorie, la gamme des sanctions va de la lettre d’observation, la lettre d’avertissement, le blâme, à la mise à pied de 1 à 4 jours. Mais avec elle, il fallait frapper fort et tout de suite. La banque semblait tellement pressée de se débarrasser d’elle, qu’elle a commis un huissier pour en fournir le moyen juridique.

Malheureusement, ici, il eût fallu en l’espèce, plutôt recourir à un contre-examen médical si on veut prouver une maladie imaginaire ! Non seulement la valeur juridique du procédé utilisé par la banque est douteuse, mais en plus, on a produit un faux constat d’huissier. Craignant que la supercherie ne fût découverte, la banque avait essayé de cacher à la dame Niodogo, le rapport de constat d’huissier. Le document n’avait pas été joint à sa lettre de suspension, contrairement à la mention portée sur la lettre. Mais la perspicacité du conseil de madame Niodogo l’a obligée à communiquer le document, ce qui a permis de découvrir le pot aux roses. Le constat d’huissier était un faux. Il portait bien le cachet du cabinet de maitre Rakiétou Ouédraogo, mais la signature n’est pas la sienne. Et au moment dudit constat, l’huissier se trouvait hors du territoire national. C’est tout naturellement que le faux procès verbal a été assigné en nullité devant le tribunal de grande instance de Ouagadougou dont le jugement vient de tomber le 2 février dernier. Ainsi la pièce ayant servi de moyen juridique pour justifier la sanction infligée à madame Niodogo était un faux. Reste maintenant à en tirer toutes les conséquences de droit. Au moment où le verdict du TGI tombait, un autre agent de la BICIAB de l’agence de Bobo-Dioulasso recevait une sanction de mise à pied pour 8 jours. Le scénario est le même que dans le cas de madame Niodogo. Bénéficiaire d’un repos maladie, il est reproché à Sidi Mahamadi Guigma d’être absent de son domicile au moment où une mission d’inspection de la banque était à son domicile pour vérification. Des travailleurs de la banque parlent d’atmosphère inquisitoriale au sein de l’institution, au point que certains cadres auraient préféré démissionné. Affaire à suivre…

GBN

Evenement-bf.net

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