La ministre française de l’Economie Christine Lagarde a annoncé mercredi sa candidature à la direction générale du Fonds monétaire international.
« J’ai décidé de présenter ma candidature à la direction générale du Fonds monétaire international », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse à son ministère.
Elle s’est dite confortée par le soutien de nombreux pays et a reconnu qu’il s’agissait d’un « immense défi » que de briguer la succession de Dominique Strauss-Kahn, qui a démissionné après avoir été inculpé de tentative de viol.
Christine Lagarde a déclaré avoir « la conscience parfaitement tranquille » dans l’affaire Tapie, dans laquelle elle pourrait faire l’objet d’une enquête pour abus d’autorité en raison de son rôle dans l’arbitrage rendu en faveur de l’homme d’affaires.
Le FMI prévoit de désigner d’ici à la fin juin le nouveau directeur général du FMI. Les candidatures peuvent être déposées depuis lundi et jusqu’au 10 juin.
Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse
Christine Lagarde : une ministre à part
Alors qu’elle se dédiait à une prestigieuse carrière dans le droit international, Christine Lagarde rejoint le ministère du commerce extérieur en 2005. Cette prise de fonction marquera le départ fulgurant de la carrière politique de cette ancienne femme d’affaires, qui occupera tour à tour les plus hauts postes du gouvernement français. Alors que le Financial Times la présente comme la meilleure ministre des Finances de la zone euro en 2009, le magazine Forbes lui offre la 17ème place de son classement des femmes les plus puissantes du monde…
Une femme déterminée
En même temps qu’elle fait ses études dans un lycée du Havre, la jeune Christine intègre l’équipe de France de natation synchronisée. Médaillée au championnat de France, elle concentre néanmoins ses efforts à maintenir le rythme tant sur le plan sportif que scolaire. Une tragédie familiale va la pousser à se tourner résolument vers l’avenir. Après avoir obtenu son diplôme au Holton Arms School du Maryland, et effectué un premier stage au Capitole des États-Unis, la jeune femme tente de concrétiser l’essai dès son retour en France.
La force de se relever
Si elle échoue au concours d’entrée de L’ENA pour lequel elle s’était préparée, elle réussit brillamment une maîtrise d’anglais, une maîtrise de droit des affaires et un diplôme d’études supérieures spécialisées de droit social. Ces impulsions vont alors donner une ambition nouvelle à la carrière de Christine Lagarde : avocate au barreau de Paris, elle intègre le prestigieux cabinet d’avocats Baker & McKenzie au sein duquel elle ne va manquer de gagner en présence : tour à tour associée du bureau parisien, associée gérante, membre du comité exécutif mondial et finalement présidente de ce comité, elle s’inscrit au terme de 25 années de carrière comme l’une des femmes d’affaires européennes les plus influentes.
Le retour en France… Et en politique.
Dès 2005, Christine Lagarde, repérée par Jean-François Raffarin, rejoint le gouvernement Villepin. Elle ne cessera depuis d’évoluer à travers différents ministères en témoignant une véritable volonté de faire bouger les choses : elle fait notamment voter la loi TEPA (destinée à accroître l’activité économique et l’emploi) et la LME (la loi de modernisation de l’économie). Toujours prompte à bousculer un modèle français qu’elle trouve compliqué et lourd, elle défendra ardemment le projet de loi fusionnant l’ANPE et l’UNEDIC. Une pugnacité saluée par le magazine Time qui la cite parmi les 100 personnes les plus influentes au monde durant deux années consécutives (2009 et 2010).
Antoine Bocquet
Source : Yahoo finance




