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« CADO DECO » – PETITES ALIMENTATIONS : « La marmite pourrait exploser »

L’ouverture d’une alimentation de « CADO DECO », n’est pas du tout du goût des responsables de l’AGRAPA qui avait tenté de résoudre le problème par la négociation. Ils demandent aux premier ministre de prendre une loi pour protéger les activités des petits « contre la boulimie des grossistes ». Sinon « la marmite pourrait exploser ».

Malgré nos protestations pacifiques et démarches auprès de notre ministère de tutelle, en l’occurrence le département en charge du Commerce, de la Promotion de l’Entreprise et de l’Artisanat, la Direction des magasins “CADO DECO”, un de nos grossistes, a ouvert une alimentation à la cité 1200 logements. L’acte n’aurait rien de dramatique et d’arbitraire pour nous, membres de l’Association des Grandes et Petites Alimentations (AGRAPA), de l’Organisation des commerçants du Burkina(ONACOM-B) et de l’Association des distributeurs de profiles tôles et fers a béton (ADPRO-TFB), si cette structure n’était pas celle qui nous livre en gros, les produits que nous essayons de revendre ensuite en détails, avec de petites marges de bénéfice. En effet, déjà que notre commerce marche difficilement à cause du faible pouvoir d’achat de nos clients, l’ouverture de cette alimentation de « CADO DECO”, vient signer notre mise à mort certaine. En effet, nous ne sommes point en mesure de survivre à cette concurrence déloyale engagée par celui qui vend en détail, les mêmes articles qu’il nous vend en gros. Forcément, lui, les ayant acquis en gros, pratique des prix plus bas, pendant que nous autres sommes contraints d’ajouter une petite marge sur le prix du gros pour espérer avoir quelque chose. Et ce sont ces maigres bénéfices qui nous permettent de payer les loyers parfois exorbitants de nos boutiques et alimentations. C’est dans ces mêmes maigres bénéfices que nous puisons pour faire face aux frais de scolarité de nos enfants et aux besoins de nos différentes familles. Ce sont encore ces maigres bénéfices que nous utilisons pour honorer les impôts. Si nous n’avons donc plus ces petits bénéfices, que nous reste-t-il à faire ? Fermer boutique, congédier les employés et aller grossir, avec eux, les rangs des chômeurs. Nous pensons même que certains de nos employés qui sont jeunes, mais pères de famille, en désespoir de cause, pourraient bien faire gonfler les effectifs des délinquants et autres coupeurs de route.

Nous avons pourtant fait preuve d’esprit de collaboration et même de patience, en engageant des négociations avec notre actuel bourreau qui, en retour, a fait preuve d’une morgue et d’un dédain extrême à notre endroit. Il claironne même, à qui veut l’entendre, qu’il mettra tout l’argent qu’il faut pour corrompre qui il faut en vu d’atteindre son but. Pire, comme si nous n’étions pas des enfants de ce pays dont nous contribuons au développement avec les petits moyens qui sont les nôtres, ce monsieur a clamé, haut et fort, que tant que ce régime est en place, il n’a rien à craindre. D’où tient-il cette assurance ? Nous ne saurions le dire. Nous constatons seulement que les faits lui donnent raison. A nous qui avons œuvré, au nom de la paix sociale, à calmer l’ardeur de tous ces commerçants qui souffrent de l’ouverture de l’alimentation de notre grossiste, les faits nous donnent tort. Naïvement, nous avons cru au bon sens de nos autorités, qui, nous en étions persuadés, verraient le sens noble de notre combat qui est et restera toujours pacifique, jusqu’à ce que nous n’en puissions plus. A force de bouillonner, la marmite fermée pourrait exploser sous la pression du feu. Nous gardons l’espoir que notre pays dont toutes les autres nations envient sa paix sociale entretenue par la sagesse de notre président, Son Excellence Blaise Compaoré, ne connaîtra pas ces moments de braise, surtout à quelques pas de l’élection présidentielle. Tout en nous fiant aux paroles pleines de bon sens de Monsieur Tertius Zongo qui vient une fois de plus d’affirmer que “le Burkina avance”, nous lui réitérons notre engagement à le soutenir dans sa détermination de faire du Faso, un pays émergent. Mais pour cela, il faut qu’une loi protège les activités de nous autres petits commerçants, contre la boulimie de nos grossistes. En cela, nous saluons l’acte posé par les responsables de SITAB, qui, pour éviter d’encourager la concurrence déloyale et sauvegarder les intérêts des détaillants qui sont leurs clients, viennent de fermer leur commerce sis au quartier Dapoya. Comme nous l’avons signifié à Son Excellence Monsieur le Premier ministre dans une correspondance que nous lui avons adressée, nous prenons à témoin l’opinion publique et nos autorités de notre volonté manifeste de continuer à vivre en bonne intelligence avec quiconque, expatrié fut-il, pour peu que celui-ci respecte une certaine éthique, notamment dans le domaine qui est le nôtre.

Que Dieu bénisse le Burkina Faso.

Ouagadougou le 16 juin 2010

AGRAPA ONACOM-B ADPRO-TFB

Source : lepays.bf

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