Le continent africain commémore, le 30 avril de chaque année, la Journée africaine de la prévention des risques professionnels (JAPRP). Dans l’entretien qu’il nous a accordé, Ernest Lourogo, technicien en sécurité au travail du ministère du Travail et de la Sécurité sociale soutient que grâce à la sensibilisation entreprise par le ministère en charge du Travail, le nombre d’accidents du travail a considérablement baissé.
Que renferme la notion de risque professionnel ?
De façon mathématique, le risque professionnel est égal à la gravité multiplié par l’exposition que multiplie encore la probabilité. En somme, c’est toute situation dans une profession, qui peut déboucher sur un accident de travail ou une maladie professionnelle. Sur le terrain, nous avons un appareil de mesure des risques à partir duquel nous évaluons les risques d’accidents de travail et les services ou postes «accidentogènes». Il arrive que nous aboutissions par exemple à un diagnostic qui révèle que le bureau est sous éclairé. Un bureau doit disposer d’éclairage qui puisse ménager la vue des travailleurs et non la détériorer. D’autre part, nous avons des normes à respecter pour le travail dans un bureau. Si le nombre de personnes dans un bureau est élevé, des difficultés de respiration vont se poser aux agents. L’organisme a besoin d’oxygène pour respirer. Il se trouve que lorsqu’il y a une forte concentration humaine dans un bureau, les personnes rejettent en plus de l’oxygène, du gaz carbonique. Au bout de quelques temps, la salle s’emplit de gaz carbonique et les occupants se mettent à suffoquer. Nous relevons de tels cas dans certains bureaux lors de nos sorties. Nous avons des appareils qui nous permettent de mesurer la quantité d’oxygène contenue dans une salle donnée. En fonction de cela, nous prescrivons un nombre d’agents par salle.
Pourquoi malgré vos campagnes de sensibilisation les accidents de travail persistent?
Le risque zéro n’existe pas. Il faut toujours sensibiliser et encore sensibiliser. Notre travail sur le terrain porte quand même des fruits. En 1980, nous étions à 5,80 % d’accidents de travail. En 2007, nous sommes revenus à 0, 79% d’accidents. Pour ces dernières années, il faut noter que quand bien même le taux des accidents est en baisse, les dépenses augmentent. Un produit pharmaceutique qui coûtait mille francs dans les années 80, coûte plus cher aujourd’hui. Le prix des produits augmente au fil des ans. Cette donne fait croire que notre sensibilisation sur les lieux de travail n’a pas d’effets. Elle a pourtant ses effets.
Il est aussi courant de voir dans les services publics et privés des extincteurs accrochés aux murs et qui ne servent plus. En cas de danger, ce matériel se révèle inefficace…
L’usage des extincteurs respecte un certain nombre de règles. Ces instruments sont d’une grande utilité. Il ne faut donc pas que les employés les prennent pour des jouets ou des objets décoratifs. Il est du devoir des employeurs de montrer l’usage de ces extincteurs aux agents. Autrement, même s’ils fonctionnent, les agents peuvent déverser ailleurs tout le contenu de l’extincteur, au lieu de le faire sur l’incendie. Un autre aspect, et non des moindres, est que l’extincteur est périssable. Il peut se périmer au bout de quelques temps. Quelque soit le type d’extincteur acheté, celui-ci doit être vérifié une fois par an. Il doit être placé à une hauteur conventionnelle de un mètre vingt du sol. Il doit être aussi placé à l’entrée des bâtiments, à l’extérieur et non à l’intérieur. Un extincteur sauve des vies humaines. Il faut permanemment veiller à ce qu’il soit en bon état.
Source : Fasozine, Roger Niouga Sawadogo




