Situé dans la boucle du Niger, le Burkina Faso (274 200 km²) est un pays enclavé, constitué d’un plateau aux sols arides ou latéritiques, dont la faible déclivité gêne l’écoulement d’un réseau hydrographique dense, mais peu utilisable (Comoé, Voltas). C’est un des Etats les plus peuplés d’Afrique de l’ouest (13,4 millions d’habitants en 2004), avec un taux de croissance annuel de 2,9 %. Sa population, dominée numériquement par l’ethnie mossi (48% environ) est très composite ; les musulmans y comptent pour 43 % du total, avec un fort noyau chrétien (12,2 %), notamment catholique, ces confessions étant en nombre croissant. Elle a depuis la colonisation constitué un réservoir de main d’œuvre pour toute la sous-région, surtout la Côte d’Ivoire où vivent plus de 2 millions de Burkinabés.
L’impact de la crise en Côte d’Ivoire sur la fragile économie burkinabè (4 264 millions de dollars de PIB en 2003), marquée par la baisse des transferts financiers, l’afflux des rapatriés (au moins 350 000), a été limité par la réouverture partielle de la frontière et la réorganisation des flux vers les pays voisins (66% des marchandises transitaient par le port d’Abidjan).
Classé parmi les plus pauvres au monde (177e sur 182 pays, selon l’Index du développement humain. PNUD 2009), le pays vit de l’agriculture et de l’élevage et reste très sensible aux dégradations de la pluviométrie. Devenu l’un des plus importants producteurs africains de coton, le Burkina Faso subit les effets de la baisse des cours mondiaux, due en partie aux subventions des pays du nord à leurs producteurs. La hausse des hydrocarbures a contribué aussi à la forte détérioration des termes de l’échange, toutes ces dernières années.
Ce pays très dépendant de l’aide internationale et où fleurissent les ONG de développement, bénéficie d’une bonne image de marque à l’étranger. Un tourisme de découverte s’y est développé, et sa capitale, Ouagadougou, draine un public nombreux à l’occasion (depuis 1969) de la principale manifestation culturelle nationale : le Festival panafricain du cinéma et de la télévision (Fespaco). Cette activité a suscité une création cinématographique parmi les plus dynamiques d’Afrique.
Source: Les 100 clés de l’Afrique, Philippe Leymarie et Thierry Perret, Hachette Littérature/RFI, 2006




