lundi, octobre 5, 2026
Google search engine
AccueilActualitéBurkina et lutte anti-corruption : Un bon classement à mériter dans les...

Burkina et lutte anti-corruption : Un bon classement à mériter dans les faits

Le rapport annuel de Transparency International, l’organisation non gouvernementale chargée de traquer la corruption sous tous ses aspects, est disponible. Pour l’année 2009, il confère au pays des Hommes intègres un rang plus qu’honorable : 79e sur 180. C’est même une surprise pour le commun des Burkinabè, qui s’étonne que la perception de la corruption dans son pays ait positivement changé au point de sortir notre pays de sa position critique pour en faire l’un des États les moins corrompus de l’Afrique de l’Ouest. Mais est-ce les Burkinabè qui ont avancé ou plutôt les autres États qui ont reculé? Il est incontestable que ce qui se passe ici n’a rien à voir avec les pratiques dénoncées sous d’autres cieux.

En effet, dans certains États les populations ont fini par désespérer de leur capacité à vaincre le fléau et ont sombré dans la fatalité. A force de stagner, les États déjà pointés du doigt ont aggravé leur situation. Dans ces conditions, ils ne peuvent que faire de la place au Burkina dans le classement de Transparency international. Et c’est cette donne qui a fait bouger le Faso car, dans leur quotidien, les populations burkinabè ne sentent pas le recul du phénomène.

On constate qu’il existe toujours la même connexion haut-débit entre les pouvoirs politiques et les pouvoirs économiques. Les passations de marchés continuent d’être entourées de flous artistiques qui favorisent une catégorie d’opérateurs économiques qui sont dans les bonnes grâces. Des agents indélicats des services publics boivent leur petit-lait sur le dos des usagers. Transporteurs et forces de l’ordre sont toujours régis par la loi du «pisse et dégage». Et la méthode de «il faut poser un caillou sur ton dossier» est toujours de mise. Il faut peut-être chercher la raison profonde de cette réhabilitation du Burkina ailleurs que dans une réelle perception de la diminution de la corruption.

La première est sans conteste le discours volontariste de l’exécutif, et singulièrement du chef du gouvernement. Depuis qu’il est arrivé à la primature, Testicus Zorro n’a eu de cesse de marteler que son gouvernement allait sévir contre la corruption et la fraude. C’est un langage nouveau dans la forme, et les membres de Transparency International ont été séduits par cette volonté à réduire à néant toute tentative de corruption. Ce discours musclé a été accompagné par la création, tous azimuts, de structures de lutte contre la corruption. Outre les inspections techniques des départements ministériels, le pays compte d’autres structures spécifiques dont la mise en place répond à la volonté du gouvernement de moraliser l’Administration. Ces actions ont apparemment produit l’effet escompté, et les autorités, qui ne rêvent que de redorer leur blason, peuvent en tirer un profit politique majeur.
Intervenant à la veille de la présidentielle, ce classement sera exploité à bon escient pour prouver que le gouvernement est à l’œuvre dans le combat pour une société de justice. Qui plus est, ce bon classement de Transparency International est rendu public au moment où le Burkina récolte d’autres récompenses.

Notre pays a, en effet, acquis une bonne place dans le Classement mondial 2009 de la liberté de la presse par Reporters Sans Frontières où il occupe la 57e place sur 175 pays. Nos dirigeants ont donc fait l’essentiel pour convaincre l’extérieur. Il leur reste maintenant à avoir la confiance de leurs citoyens par la prise de mesures concrètes de lutte contre la corruption car, à force d’entendre de longs discours, surtout sur la question de la corruption, les Burkinabè sont devenus prudents.

Adam Igor

Source : journaldujeudi.com

RELATED ARTICLES
- Advertisment -
Google search engine

Most Popular