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Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm): un outil pour booster la croissance économique dans l’espace Uemoa

Après plus d’une dizaine d’années d’exercice, seulement 39 sociétés sont cotées à la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm) dans l’espace Uemoa. Pour corriger le tir et promouvoir la culture et la pratique boursières, les professionnels et experts dans le domaine financier ont échangé hier à l’hôtel Marina sur la nécessité d’adopter une nouvelle architecture pour booster la croissance économique face aux nouveaux défis dans l’espace Uemoa.

Ainsi, avec  » les Petits Déjeuners de la Bourse « , le cabinet Okapi après le Forum AfrikBourse et le Salon des produits et métiers de la Bourse réalisés depuis 2008 entend faire découvrir davantage la bourse. De l’état des lieux et des défis de l’économie sous-régionale aux perspectives du marché pour son financement, les nouveaux piliers sur lesquels doit s’appuyer la croissance économique de nos Etats ont été posés.

Le président Abdoulaye Bio Tchané de même que des experts comme Kane Ahmadou, Claude d’Almeida ont indiqué que suite à la crise des banques dans les années 80, à la dévaluation du Fcfa dans les années 94, il était impérieux de multiplier les instruments sur le plan régional et d’asseoir une économie régionale. Ainsi, les pays de la sous région ont réfléchi à la conception d’instruments de mobilisation de fonds et l’idée d’un marché financier et plus particulièrement celle d’une bourse régionale. Sur les plans économique, social et financier, il n’y a pas de pareil en Afrique subsaharienne. Néanmoins, des réformes restent à achever au niveau de la gouvernance politique, économique et environnementale. Car en matière de la gouvernance, les indicateurs sont en deçà de la moyenne, par conséquent la qualité est déficitaire.

Il faut améliorer la gouvernance, les infrastructures et renforcer la transparence. Et pour mettre en place un instrument de mobilisation de l’épargne, le budget est l’instrument principal. Mais entre le budget et son exécution, le fossé est abyssal. Les acteurs ont rappelé qu’il faut également des réformes sur les plans structurel et sectoriel. La bourse régionale des valeurs mobilières est une construction communautaire enviée par beaucoup de pays. Mais la prédominance du secteur informel, le manque d’accompagnement des gouvernements vis-à-vis des entreprises et la faible promotion de la Brvm sont autant de facteurs qui freinent l’essor de la Bourse.

« L’autre opportunité de faire des gains sur l’épargne » selon Abdoulaye Bio Tchané

Les Etats de même que les entreprises dans l’espace de l’Union économique monétaire ouest-africaine (Uemoa) ont une possibilité additionnelle pour chercher des financements afin de booster leur économie. Et c’est d’ailleurs pourquoi, l’ancien président de la Banque Ouest-Africaine de développement appelle les Etats, les entreprises et les épargnants à se positionner sur le marché de la bourse.

Qu’est-ce que c’est que la bourse ?

Les citoyens doivent comprendre de même que les gouvernants et les entreprises qu’ils ont une option additionnelle de trouver des ressources pour financer leurs activités. Voyez-vous, le gouvernement est en train de lancer un emprunt obligataire sur le marché régional pour financer les projets de développement dans notre pays. C’est à la bourse que cela va se faire et ce sera une occasion pour que tous les pays de l’Uemoa puissent venir donner des moyens au gouvernement béninois pour investir au Bénin. Les entreprises béninoises peuvent faire de même. Il y a un établissement bancaire béninois qui est coté à la bourse et a pu se positionner sur cette bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm). J’y ajoute que même les épargnants béninois peuvent aller acheter sur ce marché des titres et sécuriser leur épargne pour avoir une autre opportunité de faire des gains sur leur épargne. Voilà autant de possibilités qui nous sont offertes par cette bourse régionale.

Comment la bourse peut booster l’économie béninoise et régionale ?

Par la bourse aujourd’hui, nous avons d’autres possibilités de financement que les banques et les établissements financiers. La bourse régionale comme je l’ai indiqué tout à l’heure est une option supplémentaire pour demander aux épargnants d’autres pays de venir financer notre économie, nos entreprises. Être cotée à la bourse, pour une entreprise, c’est une option supplémentaire d’abord de se faire connaître et ensuite surtout d’avoir des ressources pour son développement. Au lieu d’aller dans les banques chercher les financements, vous pouvez mettre jusqu’à 20% de votre capital sur la bourse régionale pour le développement de vos activités.

10 ans après, seulement 39 sociétés sont cotées à la bourse dans l’espace Uemoa. Pourquoi cet état de choses et comment y remédier ?

C’est un sujet débat qui est déjà sur la table et cela dépend de beaucoup de choses. Cela dépend d’abord de nos habitudes, que nous ne connaissons pas la bourse jusqu’en 1998. Il y a un effort de promotion à faire. Il y a aussi le fait que les gouvernements n’ont pas tout à fait joué le jeu parce qu’initialement, la bourse devrait accueillir toutes les privatisations sur ce marché. Cela n’a pas été le cas à l’exception de deux ou trois opérateurs qui ont été lancés sur le marché boursier. Donc, il y a un effort à faire par tous les gouvernants pour faciliter l’éclosion de cette bourse qui est nécessaire non pas pour elle-même, mais pour le développement de nos économies. Il y a aussi que les entreprises et les opérateurs économiques soient encouragés à se hisser, notamment les banques, les assurances, les grandes entreprises de télécommunication qui ont une occasion de mieux se faire connaître par les épargnants de la sous-région.

Charles YANSUNNU

Africatime.com

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