Validation d’un projet de stabilisation du dolo, c’est le sujet autour duquel se sont réunis les membres de la Coordination des associations des dolotières de la province du Kadiogo (CADK). La rencontre qui a eu lieu à la Maison de la femme à Ouagadougou, a été présidée par Brahima Diawara, chef du département des technologies alimentaires (DTA) de l’institut de recherche en sciences appliquées et technologiques (IRSAT).
Le dolo ou bière de mil est une bière traditionnelle et ancestrale brassée essentiellement par les populations de l’Afrique sub-sahélienne. Il est obtenu par la fermentation du sorgho rouge ou du mil germé et cuit dans l’eau. Les dolotières de la capitale ont arrêté, le temps d’une journée, les cabarets pour répondre à l’appel de leur coordination à réfléchir sur le thème du « Renforcement de la capacité des femmes dolotières pour l’amélioration de la production, la qualité sanitaire et la stabilité du dolo pour un accroissement des revenus des acteurs, en particulier des dolotières ».
Blandine Bouda, la présidente de la coordination, a salué la tenue de l’atelier qui donne aux membres de la coordination qu’elle dirige, la chance d’échanger avec les acteurs de la recherche scientifique sur les voies et moyens de rendre leur activité plus assainie et rentable.
Elle dit avoir eu une oreille très attentive auprès des responsables de l’IRSAT, notamment ceux du Département des technologies alimentaires, qui ont consenti d’accompagner les dolotières de Ouagadougou dans l’exercice de leur métier. Au niveau du DTA, a indiqué son chef, Brahima Diawara, deux thèses sur le dolo sont annoncées. Une mine d’informations scientifiques et techniques existe, selon lui, sur ce breuvage burkinabè.
C’est dans ce contexte, a-t-il dit, qu’a été organisée la rencontre avec les dolotières, afin qu’elles posent les problèmes techniques qu’elles rencontrent dans la production de la boisson locale et recueillent les propositions de la recherche qui sont du reste déjà disponibles. L’objectif à terme est d’améliorer la stabilité du dolo, d’avoir un apport des dolotières pour le renforcement des différentes étapes du projet, avant d’entamer la mobilisation des fonds pour son financement.
Au niveau de la recherche, a souligné M. Diawara, il est pratiquement impossible de travailler sur le projet sans les principales productrices du dolo. Elles sont d’un grand intérêt pour les chercheurs qui parviendront alors à récolter des résultats assez intéressants sur le processus de stabilisation du dolo.
Avec l’aboutissement du projet, l’espoir est grand de voir un jour le dolo conditionné dans des bouteilles comme c’est le cas avec les boissons courantes. En outre, il sera de qualité hygiénique irréprochable, toutes choses qui permettront sa commercialisation à grande échelle et même son exportation vers d’autres contrées.
D. Evariste Ouédraogo
Source : lobservateur.bf




