La Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), en collaboration avec l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) organise, les 20 et 21 octobre 2011 à Ouagadougou, un atelier de formation sur le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, au profit des acteurs du secteur financier du Burkina Faso.
La Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) veut prendre à bras-le-corps, la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Pour y arriver, il faut outiller les acteurs du secteur financier. L’atelier de formation, les 20 et 21 octobre 2011 à la Lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT), s’inscrit dans cette dynamique. L’atelier de formation, deuxième du genre, est organisé en partenariat avec l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC). Il est destiné à des agents de banques et d’établissements financiers. Selon le président de la CENTIF, Robert Tondé, l’atelier s’inscrit dans le cadre d’un programme de renforcement des capacités. Pour lui, trois objectifs essentiels sont assignés à la formation à l’intention du secteur financier du Burkina Faso. D’abord, la promotion de l’esprit de concertation avec les assujettis du secteur financier. Ensuite, la culture du réflexe du partage d’expériences avec l’intervention d’experts nationaux, régionaux et internationaux. Le troisième objectif concerne le renforcement des rôles et des responsabilités de tous les acteurs impliqués dans la mise en œuvre des lois nationales en matière de LBC/FT. « Pour atteindre ces objectifs visés dans notre mission commune, nous devrons non seulement nous imprégner des textes et du dispositif en la matière, mais encore bénéficier de la coopération sur le terrain », a-t-il précisé. Au cours de l’atelier, les experts de l’ONUDC, appuyés de leurs collègues du Burkina vont échanger avec les participants sur divers sujets. Il s’agit de la problématique du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme, de la lutte au niveau international, des obligations et garanties des assujettis en matière de déclaration de soupçons. La formation permet aussi d’aborder les lois et les règlements applicables en la matière, ainsi que la coopération internationale dans le traitement de ces fléaux ayant généralement, un caractère transnational. Des expériences pratiques d’autres pays dont le Sénégal, devraient venir édifier les participants.
Une problématique au cœur des préoccupations
Le représentant de l’ONUDC, Ludovic d’Hoore, a souligné que la problématique du blanchiment d’argent sale est au cœur des préoccupations de l’Office et de la communauté internationale en général. « Les Nations unies ont adopté différentes conventions visant à contrer le crime organisé, dont les trois conventions-clés sont celles de Vienne (contre le trafic de drogues), de Palerme (contre le crime transnational organisé) et de Mérida (contre la corruption) », a-t-il expliqué. Et d’ajouter que les trois conventions préconisent la mise en place de mesures de vigilance à l’intention des professions dites « assujetties ».
De son côté, l’inspecteur général des finances, Moussa Dama, représentant le ministre de l’Economie et des finances, a rappelé que le Burkina Faso a ratifié, à l’instar des autres pays de l’Afrique de l’Ouest, les conventions des Nations unies contre le crime organisé et contre le terrorisme. « C’est ainsi qu’il a participé au sein de la CEDEAO, à la mise en place du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) qui est l’organe spécialisé de la CEDEAO chargé de promouvoir la lutte contre la criminalité financière dans les économies des pays membres », a indiqué M. Dama. Au niveau de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), c’est à la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) que les autorités de l’Union ont confié le travail de production des textes de base uniformes sur la lutte contre la criminalité financière. La CENTIF est une cellule de renseignement financier du Burkina Faso. Sa mission est de recueillir et de traiter les renseignements financiers sur les circuits de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme et de les communiquer aux autorités de poursuites pénales. Depuis sa mise en place en juillet 2008, la cellule a engagé un vaste programme de sensibilisation et de formation des assujettis.
Alban KINI
Sidwaya




