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Blanchiment de capitaux et financement du terrorisme : Des juges de la Cedeao en formation

Le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (Giaba), en partenariat avec la France organise à Dakar, un atelier de sensibilisation et de renforcement des connaissances sur la Lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme (Lba/ft).
D’une durée de deux jours (6-7 septembre 2011), il est destiné aux juges francophones et lusophones de la Cedeao.

« Lorsque des dossiers de déclaration de soupçons, analysés par les cellules de traitement des renseigne- ments financiers, sont estimés fondés, les juges sont chargés de les transmettent aux autorités judiciaires, qui sont tenues de donner suite aux dossiers », explique le Dr Ndèye Elisabeth Diaw, directeur général-adjoint du Giaba.
C’est donc un impératif pour ces autorités judicaires de mieux connaître le délit, ce qui n’est malheureusement pas souvent le cas.
« Souvent, on se rend compte dans nos pays que les jugent requalifient toujours l’infraction en fraude ou corruption, mais jamais en blanchiment, faute de formation », regrette Mme Diaw. D’où l’importance de cette formation qui répond à une volonté de combler le besoin de formation des juges de la Cedeao, afin de leur faire comprendre les mécanismes de blanchiment, les actes de financement du terrorisme, etc.
« C’est une criminalité transfrontalière aggravée pour la porosité des frontières, mais aussi une criminalité internationale », indique aussi Ndèye Elisabeth Diaw, pour justifier la coopération et l’appui de la France dans cette initiative.
« Nos partenaires soutiennent cette croisade, plus particulièrement la France qui apporte une aide financière et cette fois-ci, nous soutient pour la formation des juges francophones et lusophones », s’est-elle réjouie.

Mise en place d’une chaîne pénale

Pour l’attaché de coopération, M. Decraenne, représentant l’ambassadeur de France à Dakar, ce séminaire fait suite à une visite de Mme Ndèye Elisabeth Diaw au ministère des Finances à Paris en mai 2010.
« La France a pris la décision de participer et de cofinancer ce séminaire pour que les magistrats aient les outils nécessaires pour travailler correctement, afin que les enquêtes puissent aboutir réellement et que cela ne s’arrête pas uniquement à empiler des dossiers sur les bureaux », indique M. Decraenne.
Ce dernier a particulièrement réaffirmé la volonté de la France de coopérer avec le Giaba dans la recherche de résultats dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le terrorisme.
Cela explique, selon lui, l’existence d’un projet d’appui à la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme financé à hauteur d’un milliard de francs Cfa. Ces deux phénomènes de plus en plus effrayants, de l’avis de la présidente de la cour de Justice de la Cedeao, Mme Hadja Nana Daboya, devra faire l’objet d’une mobilisation sans faille. Elle invite par conséquent le Giaba à œuvrer au renforcement et à l’harmonisation des actions de lutte commune.
Cela est aussi indispensable aux yeux du représentant de la Centif, le colonel Ismaïla Thiam, qui a souligné le besoin de partenariat pour venir à bout de cette criminalité.

Le directeur de Cabinet du ministre de la Justice, Cheikh Tidiane Lam, qui ouvrait la rencontre, a insisté sur la nécessité de mettre en place une chaîne pénale pour renforcer l’efficacité de la lutte.
« Agir de manière isolée et dispersée ne permettra pas de régler le problème », estime M. Lam. Ce dernier s’est particulièrement félicité de l’organisation de cette formation, qui devra permettre d’améliorer les compétences et capacités techniques des juges, de partager les expériences et de fournir des outils pratiques à la coopération internationale en matière judiciaire.
La formation, assurée par des experts praticiens internationaux et régionaux dotés d’une expérience avérée sur les questions de Lba/ft, couvrira notamment les aspects de poursuite des infractions, de collecte de preuves, de coopération judiciaire, ainsi que le recouvrement du produit du crime (gel, saisie, confiscation).

Adama MBODJ | Lesoleil.sn

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