Le Ministère en charge des Mines, en partenariat avec l’Institut international d’Ingénierie, de l’Eau et de l’Environnement (2ie) organisent du 14 au 16 novembre 2011, la 3ème conférence internationale sur les biocarburants. La cérémonie d’ouverture a été présidée, par le Premier ministre Luc Adolphe Tiao, dans la soirée du vendredi 14 novembre 2011 à Ouagadougou.
« Les biocarburants, quels potentiels pour l’Afrique ? ». Tel est le thème qui réunit du 14 au 16 novembre 2011 à Ouagadougou, plus de 250 experts, décideurs, chercheurs, représentants d’ONG venant de 29 pays. Selon le ministre des Mines, des carrières et de l’Energie, Salif Lamoussa Kaboré, cette rencontre vise à permettre des échanges entre acteurs de la filière des biocarburants afin qu’il se dégage une vision harmonisée sur la question de la promotion des biocarburants en Afrique. Il a rappelé qu’en 2007, la première conférence a permis de mettre en exergue la réalité des biocarburants ainsi que les possibilités que l’Afrique a, de pouvoir utiliser cette ressource comme levier de développement. La deuxième édition en 2009 a donné l’occasion aux participants de faire le point entre autres sur les avantages et les inconvénients liés à l’utilisation des biocarburants ainsi que la responsabilité des biocarburants sur la hausse des prix des denrées de première nécessité. Au regard des résultats obtenus lors des précédentes éditions, le ministre Kaboré a fait savoir que cette 3ème édition s’appesantira sur les réponses à donner aux interrogations et polémiques sur certaines questions. Il s’agit de la maturité des technologies qui permettent l’utilisation sans danger des biocarburants, de la disponibilité effective de terres pour la culture énergétique et des politiques publiques à mettre en place en matière de gestion du foncier, protection des populations locales et prise en compte des petits producteurs dans la filière de production. « En tout état de cause, les réponses à apporter à ces interrogations devront intégrer les questions de réduction de la pauvreté et d’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement », a insisté le ministre en charge des Mines, Salif Lamoussa Kaboré.
« Au commencement est l’énergie »
Pour le directeur général de l’Institut international d’Ingénierie, de l’Eau et de l’Environnement, Paul Ginies, la conférence internationale sur les biocarburants, au regard des enjeux du développement, est toujours et peut-être plus nécessaire encore, quand on mesure les défis énergétiques auquel le monde et l’Afrique doivent faire face. A son avis, Cheikh Anta Diop avait raison quand il disait : « au commencement est l’énergie, tout le reste en découle », car le cycle du carbone est le cycle de la vie terrestre. « C’est ce carbone stocké depuis des millions d’années dans le charbon, le pétrole, le gaz etc. que nous avons utilisé de manière dispendieuse depuis un peu plus d’une centaine d’années. Nous savons aujourd’hui que cette source d’énergie n’est pas inépuisable et que de plus, sa consommation effrénée est largement responsable du réchauffement climatique », a-t-il averti. Toutefois, il ébauche trois voies envisageables pour répondre à ces préoccupations. Premièrement l’héliothermie qui consiste à utiliser la chaleur du soleil pour chauffer un liquide. Deuxièmement, il s’agit de transformer l’énergie solaire directement en énergie électrique : C’est le solaire photovoltaïque. Troisièmement, c’est de recourir plus massivement à la photosynthèse, en utilisant sous différents formes la biomasse et c’est cette dernière voie qui est explorée lors de la conférence. Il a apprécié la démarche de l’Etat burkinabè d’explorer toutes les alternatives énergétiques car dit-il : « Ne pas attendre de tout savoir pour faire, ce serait une illusion, mais apprendre en marchant, tel est le choix qui a été fait au Burkina et je m’en félicite ». Dans la même rengaine, l’ambassadeur de la France au Burkina a expliqué, que les biocarburants au-delà des polémiques constituent actuellement une réalité et peut même être considéré comme une opportunité à condition que l’on prenne quelques gardes fous. Dans tous les cas, pour le Premier ministre Luc Adolphe Tiao, des pays comme le Burkina n’ont plus le choix que de se tourner vers d’autres énergies alternatives. « Aujourd’hui, nous sommes très dépendant du pétrole, or nous constatons que le prix de cette matière se renchérit de jour en jour et même que le pétrole risque de se raréfié dans les années à venir. Il est tout à fait normal que nous réfléchissions à d’autres alternatives. Le biocarburant fait donc partie des perspectives auxquelles, il faut sérieusement se pencher sans que cela ne compromette l’environnement et notre sécurité alimentaire », a-t-il affirmé.
Raphaёl KAFANDO
Sidwaya




