lundi, octobre 5, 2026
Google search engine
AccueilActualitéBICIA-B : 2 guichets ouverts, des clients mécontents

BICIA-B : 2 guichets ouverts, des clients mécontents

Hier lundi 26 avril 2010, à la Banque internationale pour le commerce, l’industrie et l’agriculture du Burkina (BICIA-B), les guichets étaient ouverts pour le paiement des salaires des clients. Mais bien avant les riverains, les clients et le personnel gréviste, la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) était déjà sur les lieux. Elle avait barricadé la rue séparant la banque du siège du Liptako Gourma. Cependant, peu avant 9 h, les barricades étaient levées et les guichets de la BICIA-B ouverts.

« La grève est-elle finie ? » se demandaient certains clients, à la fois heureux et étonnés de voir enfin les guichets de leur banque s’ouvrir. « Non », nous informe une déléguée du personnel lorsque nous avons voulu en savoir davantage sur la situation qui a paralysé, durant une semaine, la BICIA-B. Une longue file de clients se dresse soudainement devant le guichet ouvert. Les uns s’offusquent de devoir s’aligner sous le soleil pour « prendre de l’argent qui leur appartient », les autres explosent de joie à l’idée de savoir qu’ils auront leur paie pour satisfaire leurs besoins et ceux de leur famille.

Pendant ce temps, les banquiers grévistes se rassemblaient dans la cour de l’institution financière. Les délégués des travailleurs, qui avaient rencontré entre autres et le ministre du Travail, font le point de leur démarche. De ces échanges, il est ressorti que les personnes avec qui ils se sont entretenus toutes ont suggéré la reprise du travail avant toutes négociations.

Même au sujet du départ du DG, que les travailleurs réclament à cor et à cri, il leur a été demandé de tempérer, et sans prendre la peine de consulter la base, les délégués avaient promis de reprendre le travail ce lundi, à condition que les 5 points suivants soient satisfaits dans les prochaines 48 h :
– l’annulation des licenciements prononcés ;
– pas de représailles de la part de la direction générale ;
– l’annulation de la circulaire sur les voyages de mission ;
– l’annulation de la circulaire sur les prêts ;
– le paiement du reliquat de l’intéressement.

Mais cette attitude n’a pas rencontré l’assentiment des grévistes, qui ont affiché un refus catégorique : « On ne paie pas un poisson dans l’eau », pouvait-on entendre çà et là. « Si nous acceptons, nous ne pourrons plus reconduire tout le monde au front. Certains n’attendant que ça », clament les protestataires. Face à ce refus, les délégués se retirent pour se concerter et, plus tard, on apprend qu’ils sont en réunion chez le ministre du Travail. Et à l’heure où nous bouclions cet article, ils n’en étaient pas encore revenus. Quant à l’identité des deux guichetiers, personne n’a pu nous en dire mot. Notre tentative d’accéder à la direction générale afin de savoir ce qu’il en était est restée vaine.

Les vigiles s’y opposent : « Nous n’avons reçu aucune autorisation de faire monter la presse. Le DG est très occupé à remettre tout en ordre ». Mais dehors, la paie suit son cours. Aux environs de 15 h et demie, des clients alignés depuis le matin n’avaient toujours pas été désintéressés. C’est le cas de Claver Bamouni, client de la banque depuis des années : « Vous pensez qu’avec des situations pareilles nous pouvons être contents ? Depuis ce matin nous sommes là et nos salaires sont positionnés, mais on ne peut pas les avoir.

Le fonctionnaire burkinabè est très accroché à son salaire, ce qui fait que c’est très compliqué. Je n’en veux pas aux travailleurs, mais ils auraient pu quand même le faire à un autre moment, pas à la fin du mois ». Souleymane Soré, lui, est venu du Nahouri et n’a que 48 heures pour toucher sa paie. Cependant, avec la situation il n’est pas sûr d’être satisfait. En plus, ses frères étudiants comptent sur son argent pour pouvoir payer leur scolarité à l’université. Que de désagréments causés par ce bras de fer qui n’a que trop duré, aux yeux des pauvres clients. Espérons qu’après cette longue entrevue avec les autorités, les travailleurs de la BICIA-B trouveront enfin un terrain d’entente avec leur direction générale.

Mohamed Arnaud Ouédraogo

(Stagiaire)

Source : lobservateur.bf

RELATED ARTICLES
- Advertisment -
Google search engine

Most Popular