lundi, octobre 5, 2026
Google search engine
AccueilActualitéAvis de tempête sur Burkina & Shell

Avis de tempête sur Burkina & Shell

Les travailleurs de Burkina & Shell sont en colère. Ils reprochent à leur employeur, le groupe pétrolier anglo-néerlandais Shell, de vouloir céder une partie de ses activités à un nouvel acquéreur, sans dédommager ses employés. Contrairement à ce que prévoit un protocole d’accord signé en 2006 entre la société et ses agents. Les délégués du personnel, appuyés par le Syndicat des travailleurs de la géologie, des mines et des hydrocarbures, sont montés au créneau, le 8 mai dernier à la Bourse du travail de Ouagadougou, pour dénoncer «une mauvaise foi» de Shell et réclamer l’application dudit protocole d’accord.

C’est un bras-de-fer qui s’annonce à Burkina & Shell. Le groupe pétrolier a décidé de se retirer du «Pays des hommes intègres» (et d’une vingtaine de pays africains). Le problème, selon les délégués du personnel de la société au Burkina, est que celui-ci plie bagage sans dédommager ses employés, contrairement à ce que prévoit un protocole d’accord signé en 2006, arguant que les emplois seront préservés avec le repreneur, qui serait le Libyen Oil Libya.

«Nous n’avons pas la prétention de demander à Shell de ne pas partir. Tout ce que nous voulons, c’est que le protocole d’accord de séparation signé en 2006 entre Burkina & Shell et le personnel et qui prend en compte les cas de départs négociés, les transferts, etc. soit respecté», explique Moussa Ouédraogo, un des délégués du personnel de la société. Et d’ajouter que les 32 employés permanents du groupe au Burkina exigent également la mise en place de la retraite complémentaire «comme dans les autres pays», le paiement d’une prime de cession à l’ensemble du personnel et la garantie, par des accords écrits, des avantages et acquis sociaux du personnel avec le nouvel acquéreur.

«Nous ne sommes même pas sûrs que le repreneur va effectivement nous garder», clament en chœur les travailleurs de la société au Burkina. Nombreux sont ceux d’entre eux qui estiment avoir été payés en monnaie de singe. Car disent-ils, «les employés, à force d’abnégation et de sacrifices, ont réussi à faire de Shell une entreprise performante, malgré le manque d’investissement et la surcharge de travail. En 2009, Burkina & Shell a même fait le meilleur résultat financier du groupe en Afrique.»

Résolu «à ne pas se laisser traiter comme un esclave qu’on exploite et qu’on cède à un autre maître», le personnel, par la voix de ses délégués, se dit déterminé à utiliser tous les moyens pour amener l’employeur à s’assoir à la table de négociation. «Nous allons discuter avec les responsables de la société et notre ministère de tutelle, que nous avons du reste déjà rencontré. Mais nous n’excluons rien: grèves, sit-in, fermeture de stations,… si on nous y oblige», menace Aimé Benoît Compaoré, le délégué du personnel, qui souhaite toutefois ne pas en arriver là.

Burkina & Shell, il faut le rappeler, est une société anonyme de droit burkinabè présente au Burkina depuis 1955 et détenue à 59% par le groupe Shell, contre 10% pour l’Etat burkinabè. Le groupe pétrolier anglo-néerlandais a décidé cette année de se retirer du continent africain en abandonnant ses activités en «aval» (raffinage, stockage et vente de divers produits tels le gaz, les lubrifiants), pour se recentrer sur ses activités en «amont»: l’exploration et la production. Au Burkina, la société possède un réseau de 33 stations-service.

Desire T Sawadogo

Source : fasozine.com

RELATED ARTICLES
- Advertisment -
Google search engine

Most Popular