Des acteurs du monde avicole, issus de sept pays de l’Afrique de l’Ouest, se sont réunis du 14 au 15 septembre 2011 à Ouagadougou, pour un atelier-bilan autour du thème : « L’état des lieux à la mise en place de la charte sanitaire, les réglementations vis-à-vis des échanges d’œufs à couver (OAC) et de poussins en Afrique de l’Ouest ».
L’aviculteur moderne a du plomb dans l’aile en Afrique de l’Ouest. En effet, la plupart des éleveurs de volailles reste mal informée de la provenance et le statut sanitaire des poussins et œufs à couver qu’ils achètent.
La performance des élevages producteurs d’œufs de consommation ou de poulets de chair est aussi souvent en- deçà des espérances, car bon nombre d’aviculteurs ne parviennent pas à approvisionner les consommateurs. Dans le but de trouver une réponse à cette situation, l’Agence américaine pour le développement international, dans le cadre du projet Agribusiness and trade promotion (USAID E-ATP) accompagne les acteurs du monde avicole.
Ainsi, au cours des douze derniers mois, le projet a accompagné les acteurs de la production et commercialisation d’œufs à couver et de poussins, ainsi que les services vétérinaires dans l’élaboration et la mise en place d’une charte sanitaire pour les élevages reproducteurs et les couvoirs en Afrique de l’Ouest. L’atelier de Ouagadougou qui regroupe des participants du Burkina, Bénin, Mali, Ghana, Togo, Nigeria, Sénégal vise à faire un premier bilan de la mise en place du système d’assurance qualité pour la production de l’œuf à couver et du poussin d’un jour, qui est une des recommandations de ladite charte. La coordinatrice des chaînes de valeurs au projet USAID E-ATP, Mme Ursula Kohnen, qui a présidé les travaux, a souligné que cette rencontre fait suite à deux précédents ateliers tenus à Accra et à Dakar. Pour elle, l’importance de la volaille n’est plus à démontrer dans le développement socioéconomique de nos populations. « La mise en place d’un tel système est nécessaire pour booster le secteur », a- t-elle-précisé. Pour l’animateur de l’atelier, le docteur vétérinaire et consultant, Patrice Gauthier, les deux jours de travaux ont permis de faire le point des différents aspects de la mise en place de la charte sanitaire et des réglementations des pays participants. Dans les différentes communications, selon M. Gauthier, les participants ont reconnu la nécessité de la mise en place du système de l’assurance qualité. « Elle va permettre l’accès à des marchés nouveaux ou perdus, suite aux épisodes de grippe aviaire », a-t-il fait savoir. Pour la mise en place du système non moins salvateur, les séminaristes ont manifesté le besoin d’un financement supplémentaire pour continuer leurs activités, car le projet USAID E-ATP prend fin en décembre prochain. A la fin de ces deux jours d’intenses travaux, les participants sont parvenus à trois principales recommandations.
Il en ressort d’abord, l’idée que les couvoirs soient désormais considérés comme des unités isolées, de manière à ce que même s’il ya des maladies aviaires autour des pays, que ces couvoirs continuent d’exporter les poussins.
Ensuite cette idée doit être portée de manière plus formelle, auprès des organisations sous-régionales comme l’UEMOA et la CEDEAO. Enfin, les services vétérinaires nationaux doivent commencer à réfléchir à ce que les couvoirs nationaux soient considérés comme des compartiments.
Au regard des résultats des travaux, Mme Ursula Kohnen a traduit toute sa satisfaction. « Les travaux se sont déroulés dans un esprit de professionnalisme », a-t-elle-apprécié.
Nombamba Didier OUEDRAOGO
Jerôme William BATIONO (Stagiaire)
Des participants apprécient le système d’assurance qualité
Dr Pato Pidemnéwé Steed, auditeur du projet E-ATP USAID et représentant le Togo :
« C’est une démarche très appréciée, parce que le Togo n’a pas une tradition d’élevage avicole. Les pays comme le Sénégal, la Nigeria, le Burkina Faso sont en avance sur le Togo. L’adhésion à la charte est volontaire et est un gain pour les producteurs. L’objectif de la charte est de faciliter les échanges entre les pays des poussins d’un jour et des œufs à couver, à travers l’assurance qualité. S’il n’ y a pas une certification au sein de cette structure, c’est clair que les pays ne peuvent pas exporter ou importer. Le projet prend fin bientôt, mais nous sommes en train de voir comment prendre en charge la suite du travail. Il y a des comités qui sont créés, nous allons faire la restitution au niveau de ces comités et faire en sorte que la certification puisse suivre après les travaux de commission. Pour notre pays, c’est maintenant que le travail va commencer et donc tout naturellement, on a fait des propositions au projet qui prend fin certes, mais on se dit qu’il peut avoir des rallonges ».
Seydou Ouattara, représentant du Burkina : « Le secteur avicole de manière générale se porte bien au Burkina Faso. Mais l’aviculture moderne piétine, on a du mal à asseoir ce secteur. Que ce soit les poulets de chair ou les poules pondeuses, les produits sont toujours insuffisants. Nous avons les œufs les plus chers, les poulets (nous avons le prix du kilogramme le plus cher de la sous-région). Cela s’explique par le fait qu’on ne produit pas de poussins sur place. Egalement, comme les couvoirs de la sous-région ne sont pas certifiés, ce qui oblige à importer les poussins de la France, Belgique qui coûtent très cher. Ce qui fait que le producteur à la fin, ne peut pas vendre soit les œufs, soit le poulet de chair à un prix moins élevé. Il est obligé de vendre à un certain prix pour pouvoir s’en sortir. L’initiative du projet est la bienvenue, car si on arrivait à certifier les couvoirs de la sous-région, cela signifiera qu’on pourrait importer des poussins et des œufs de pays voisins et les prix seront en ce moment , moins élevés par rapport aux produits importés de la France ».
N.D.O
J.W.B
Sidwaya




