Le désarmement forcé des mutins de Bobo-Dioulasso par le gouvernement afin de restaurer l’autorité de l’Etat est une initiative propice à la reprise des activités des commerçants. Ils sont sortis dans l’après-midi du vendredi 10 juin 2011 pour lui manifester leur soutien dans toute action dont l’objectif est de permettre un libre exercice de leurs activités.
Finie la consternation de la matinée du 23 mars 2011 après la découverte des commerces saccagés et pillés. Aux oubliettes cette chaude journée du samedi 16 avril dernier où les commerçants, exténués par les actes de vandalisme dont ils ont été les cibles la veille, ont battu le pavé dans la capitale pour donner la réplique. Révolue donc cette époque où les victimes tenaient à en découdre avec leurs bourreaux.
Depuis le vendredi dernier, les occupants des marchés et Yaars de la ville de Ouagadougou ne jurent que par cette expression : «Nous voulons la paix, rien que la paix». A peine la grande prière du jour terminée que la place de la Nation était prise d’assaut par une foule. Des véhicules, par convoi, déposaient des personnes venues des cinq arrondissements et des six communes rurales de la région du Centre au milieu d’une dizaine de troupes de danse qui rivalisaient d’ardeur pour s’attirer le plus de spectateurs possible.
Pour la cérémonie solennelle qui a commencé à 15h, quatre interventions ponctuées de bénédictions et de reconnaissances ont été adressées à l’endroit de l’exécutif.
Premier au parloir, le représentant des jeunes. Moussa Nikièma a invité le gouvernement à persévérer dans la recherche de la paix pour leur permettre de mener correctement leurs activités. Il sera soutenu par la porte-parole des femmes. Le vieux Kafando Issaka et ses camarades, eux, n’ont plus de haine dans leur cœur. «Nous ne gardons pas de rancune contre ceux qui nous ont mis dans la misère.
Ils ont été en faute et ils l’ont reconnu. Ce sont nos frères, ce sont nos fils», a-t-il dit. Le président de la Fédération des marchés et yaars de la région du Centre et ancien député, Hamidou Compaoré, est revenu sur la nécessité de la paix pour la prospérité des affaires. C’est la raison pour laquelle ses camarades et lui brandissaient à la place de la Nation des pancartes avec comme inscriptions : «Le secteur informel soutient sans réserve le gouvernement dans son œuvre de réinstauration de l’autorité de l’Etat, de la paix, et de la protection des personnes et des biens», ou «Soutien aux militaires républicains, non aux pillards et aux agresseurs».
Moumouni Simporé
Lobservateur




