L’intégration régionale est presque une utopie aux yeux de beaucoup d’acteurs économiques. C’est à l’image des assureurs qui, pour appuyer cette thèse, ont brandi le bilan « négatif » de l’existence de l’assurance carte brune Cedeao qui, 29 ans après, peine à contribuer à la libre circulation des personnes et des biens.
L’assurance carte brune Cedeao qui date de 1982, a du mal à fonctionner. C’est le constat des acteurs de l’assurance qui ont diagnostiqué les 29 ans d’existence de cet outil qui devait contribuer à la circulation des personnes et des biens dans la zone Cedeao. C’était lors de la journée d’information que la Fédération sénégalaise des sociétés d’assurances (Fssa)a organisé hier, mercredi 7 décembre dans le cadre de la 20ème édition de la Foire Internationale de Dakar, sur le thème : « L’Assurance Carte Brune Cedeao au défi de l’intégration régionale ».
Avec la carte brune Cedeao, quelqu’un qui a souscrit dans une compagnie d’assurance sénégalaise, une fois au Mali, est normalement couvert. L’attestation est par exemple valable au Sénégal autant qu’au Cameroun. « L’assureur est tenu de délivrer une attestation d’assurance de responsabilité qui couvre la responsabilité du conducteur dans les pays membres de la Cima », a fait remarquer le chef de département sinistre de Axa Assurance, M. Amar Kébé. Pour lui, « la Cima n’est pas allée jusqu’au bout de sa logique. Elle a juste posé le principe d’accorder une garantie qui peut sortir des frontières et rester dans la zone communautaire Cima. Pour ce qui est de la gestion en cas de sinistre, la Cima n’a pas légiféré la-dessus. Et c’est là où vient en appoint la carte brune ». Ces dispositions semblent se limiter dans le cadre théorique parce que, malheureusement, a poursuivi M. Kébé, le bilan est « négatif » d’abord sur le plan national où le système de fonctionnement de cette carte est méconnu par les acteurs. « En cas de sinistre, les gens ont tendance à appliquer une certaine réciprocité et du coup ça n’intéresse pas les acteurs ». Ce qui donne un sacré coup à la crédibilité de la carte brune Cedeao.
M. Kébé d’ajouter le défaut de cotisation relevé au niveau supranational. Il s’est désolé du fait que la carte brune a échoué, après 29 ans d’existence alors qu’en Afrique Centrale, « avec la carte rose Cemac qui date de 96 ou 98, aujourd’hui, ils sont excédentaires sur le plan financier parce qu’ils ont réussi à mettre en place des systèmes extrêmement efficaces, à adosser la prime carte brune sur la prime RC en la rendant automatique ».
Autant d’obstacles qui font dire à Cheikh Ndiaye Téranga, président des transporteurs du Sénégal, que la libre circulation des personnes et des biens tant chantée « n’est qu’utopie ». « Les tracasseries sont permanentes et les gens s’en moquent de la carte brune Cedeao ». Avant de se demander s’il n’est pas préférable de retourner à l’ancien système consistant à s’appuyer sur le cheminement de chaque pays.
Par Bacary DABO
Sudonline




