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Assemblée générale de la Chambre Consulaire de l’UEMOA : le monde des affaires mésure ses responsabilités

La rencontre de Bamako participe du renforcement des relations entre les opérateurs économique de l’espace UEMOA afin de relever les défis de l’intégration et de la mondialisation. La 10ème assemblée général ordinaire de la Chambre consulaire régionale (CCR) de l’Union économique et monétaire ouest-africaine s’est ouverte hier dans notre capitale. La cérémonie d’ouverture de cette importante rencontre du monde des affaires de l’espace UEMOA a été présidée par le Premier ministre Modibo Sidibé. C’était en présence de membres du gouvernement, du président de la Commission de l’UEMOA, notre compatriote Soumaïla Cissé. Les directeurs d’institutions financières, de nombreux opérateurs économiques, les présidents des chambres consulaires des pays membres de l’UEMOA, dont le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali, Jeamille Bittar, et son collègue de la Chambre consulaire régionale, Idy Ango Ibrahim, étaient présents.

Cette 10ème assemblée générale ordinaire se veut celle de la maturité pour la Chambre. Elle s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations entre les opérateurs économique de l’espace UEMOA afin de relever les défis de l’intégration et de la mondialisation.
La rencontre fera un bilan d’étape de la vie de la Chambre, identifiera les difficultés et se fixera de nouveaux objectifs visant à promouvoir les activités des opérateurs économiques, les échanges commerciaux et les investissements dans l’Union.

Dans son discours de bienvenue, le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali, Jeamille Bittar, a évoqué les multiples actions entreprises par les pouvoirs publics en vue d’améliorer le cadre des affaires dans le pays. « Au Mali, depuis quelques années, grâce à la clairvoyance et surtout à l’engagement des autorités, plusieurs actions de grande envergure ont été réalisées », a assuré le président de la CCIM, en citant entre autres initiatives de la publication en collaboration avec la CNUCED d’un guide de l’investissement, l’institutionnalisation du Conseil présidentiel pour l’investissement, la tenue à Bamako du Forum des investisseurs. Ces actions ont permis aux pouvoirs publics de diagnostiquer la situation du secteur privée et d’en évaluer le potentiel.

POUR UN LABEL UEMOA IDENTIFIE ET APPRECIE. Au cours de cette réunion de Bamako, le monde des affaires de l’espace UEMOA se penchera sur les accords de partenariat économique (APE) proposés à nos pays par l’Union européenne. Il évaluera la portée de ces accords et fera des propositions concrètes pour qu’à l’arrivée, nos pays ne soient pas uniquement des marchés de produits finis.

Analysant le paysage économique de l’UEMOA, le président de la Chambre consulaire régionale, Idy Ango Ibrahim, président de la Chambre de commerce et d’industrie du Niger, a jugé que le secteur privé de notre sous-région pouvait relever les défis de la mondialisation car il est aujourd’hui plus avisé et plus solidaire. Des écueils restent néanmoins à franchir. Tels ceux liés à la libre circulation des biens et services. En effet, les nombreux points d’arrêt et de contrôle pénalisent fortement les entreprises et grèvent leur compétitivité.

« Au-delà de ces contraintes économiques générales, nos entreprises font face à des obstacles particuliers qui entravent le développement du secteur privé. Il s’agit des insuffisances des systèmes de transport, de communication, d’électricité, d’eau et d’assainissement, tous nécessaires à l’activité économique. A ces facteurs, il faut ajouter la fraude, la contrefaçon, la corruption et la non harmonisation des fiscalités », a-t-il constaté.
Le président de la Commission de l’UEMOA, Soumaïla Cissé, a, lui, insisté sur la nécessité d’améliorer la qualité de nos produits. Cette démarche qualité permettra de garantir un niveau de prix plus rémunérateur pour nos produits d’exportation et de préserver une bonne image des produits originaires de l’espace UEMOA. « Notre grand défi, est que dans le monde entier, soit identifié et apprécié le label UEMOA. Un label synonyme de performance et d’excellence », a précisé le patron de la Commission de l’UEMOA, en annonçant que l’union mène actuellement la réflexion pour l’élaboration d’un Programme régional visant l’amélioration du climat des affaires.

« Cet ambitieux programme devra favoriser un meilleur classement des Etats membres de l’Union dans le rapport « Doing Business » afin de faire de notre sous-région, un espace attractif pour les investissements privés. Dans la même logique, le Programme de restructuration et de mise à niveau de l’industrie dans l’Union a connu le succès avec les premières 120 entreprises pilotes. Cet espace attractif doit profiter au premier chef aux entreprises privées de la sous-région. C’est pourquoi la Commission de l’UEMOA a engagé avec le secteur privé un vaste programme de restructuration et de mise à niveau portant sur 1000 entreprises. Le programme pilote a été un réel succès », a développé Soumaïla Cissé.

DEVELOPPER DES MECANISMES INTELLIGENTS. Ce programme entrera bientôt dans sa phase de déploiement avec 880 entreprises pour un montant de 9,5 milliards de Fcfa. Parallèlement, un programme d’action pour la promotion et le financement des PME dans l’UEMOA démarrera en 2011 pour un montant de près de 6,5 milliards de Fcfa.

Le secteur privé, du point de vue de Soumaïla Cissé, a toujours été attentif et même parfois critique sur le régime fiscal appliqué dans nos pays. La Commission en est consciente. C’est pourquoi en plus du climat des affaires à améliorer, des programmes de restructuration et de mise à niveau du programme qualité, des actions de promotion et de financement des PME, elle a lancé un vaste programme d’harmonisation et de simplification de la fiscalité. Ainsi, depuis 2000, l’union douanière est effective entre les pays membres de l’UEMOA avec la mise en œuvre d’un tarif extérieur commun et le tarif préférentiel communautaire.

Le Premier ministre Modibo Sidibé a salué la tenue de cette assemblée générale de la CCR dans notre capitale. Cette rencontre, a-t-il observé, permettra de renforcer les relations entre les opérateurs de l’espace, attachés aux mêmes valeurs fondamentales et défendant les mêmes principes notamment la promotion de l’économie sous-régionale et la formalisation du secteur informel à travers le renforcement des capacités et développement des mécanismes intelligents.

« Pour prétendre à un développement économique durable, il faut un secteur privé dynamique, capable de générer des emplois créant de la valeur ajoutée afin d’aider la masse importante à s’extraire de la pauvreté. A cet effet, vos réflexions, suggestions appuis au secteur privé de notre sous-région devront avoir comme objectifs principaux le développement d’un partenariat entre nos opérateurs et leurs collègues du reste du monde et le développement des échanges sous-régionaux et interafricains », a insisté le chef du gouvernement.

Tout en rappelant les efforts fournis par notre pays dans la promotion du secteur privé, Modibo Sidibé a au nom du président de la République, Amadou Toumani Touré, président en exercice de l’UEMOA, réitéré l’engagement du gouvernement à accompagner la mise en œuvre des programmes visant à améliorer et promouvoir le secteur privé.

Par Doussou Djiré

Journal l’Essor

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