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Après la levée de l’exclusivité sur le transfert d’argent : Certains opérateurs font des pressions sur les banques, accuse le patron de Money express

Le fondateur de Money express, le Sénégalais Meissa Déguène Ngom est monté au créneau pour fustiger l’attitude de certains de ses concurrents opérateurs dans le transfert d’argent. Selon lui, ces derniers font peser des pressions sur certaines banques pour qu’elles ne travaillent pas avec d’autres. Dans ce domaine, le ministre sénégalais des Finances a levé l’exclusivité accordée jusque-là aux ‘majors’ dans le secteur depuis trois ans maintenant.

Dans le souci de garantir la saine concurrence entre les opérateurs de transfert d’argent, Abdoulaye Diop, le ministre sénégalais des Finances avait pris, depuis 2007, un arrêté levant l’exclusivité qui était jusque-là accordé aux ‘majors’ du secteur. Ce qui fait du Sénégal, le premier pays de la zone Uemoa et de la sous-région à prendre une telle mesure. Dans la réalité, la fin des privilèges accordés à certains opérateurs de transfert d’argent ne semble pas respectée par toutes les banques locales qui continuent à ne signer des conventions qu’avec les deux opérateurs traditionnels. Une attitude que le fondateur de Money express, le premier opérateur de transfert d’argent créé par un Africain, de surcroît, un Sénégalais, fustige avec la dernière énergie. Meissa Déguène Ngom ne décolère pas. ‘Ce n’est pas normal aux yeux des lois de l’Uemoa et aux yeux des lois du Sénégal. Aujourd’hui, tous les secteurs de l’économie du monde sont ouverts à la concurrence. Dans notre pays, on continue de pratiquer une exclusivité au bénéfice de structures étrangères’, fulmine Meissa Ngom. ‘Le ministre des Finances, Abdoulaye Diop, a pris une mesure pour lever cette exclusivité. Alors, qu’on laisse l’association professionnelle des banques travailler avec tous les opérateurs et le client faire son choix selon le plus offrant. Malheureusement, certaines banques ne se conforment pas parce qu’elles subissent des pressions comme la réduction des commissions qu’elles reçoivent. C’est une pratique malsaine’, dénonce-t-il.

Néanmoins, il note qu’au niveau de notre pays, il y a des changements notables dans ce domaine. Pour lui, il faut secouer la commission de l’Uemoa pour que cela change et qu’on laisse la place à une concurrence saine. ‘Dans les autres pays, il n’y a strictement rien’, déplore celui qui a des ambitions de conquérir le marché sous-régional voire africain et mondial du transfert d’argent. ‘Pour moi, le transfert d’argent doit être comme un restaurant : on vient et on choisit le menu qu’on veut. Là aussi, les banques doivent présenter les trois acteurs et guider le client à faire son choix en comparant les prix. Pour moi, ce n’est pas normal que, lorsqu’un Africain en France veut transférer de l’argent à un autre Africain, qu’il ait un intermédiaire étranger’, observe-t-il. Selon lui, ceci doit disparaître dans ce secteur très stratégique de l’économie nationale parce que les montants des transferts d’argent entre le reste du monde et l’Afrique se chiffrent à des milliers de milliards. ‘Ce sont des pratiques illicites’, dénonce-t-il.

Meissa Déguène Ngom interpelle la Centif, la commission de l’Uemoa et la Bceao dont le travail n’est pas remis en cause pour mieux veiller au respect des règles du jeu de la libre concurrence entre opérateurs de transfert d’argent.

Mamadou SARR

Source : reussirbusiness.com

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