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Appui à la filière coton-textile : Du fil à retordre à un projet

La 3e session du comité de pilotage du Projet d’appui à la filière coton-textile (PAFICOT) s’est tenue le jeudi 10 février 2011 au siège dudit projet. Les membres du comité ont pu donc voir les difficultés auxquelles est confronté le PAFICOT, en raison de sa restructuration. Une situation qui lui a fait perdre 5,5 millions d’unités de comptes sur les 10 millions qui constituaient son budget.

Voici un projet qui aurait pu mériter tous les égards de nos autorités, en raison de la place prépondérante qu’occupe le coton dans notre économie. Le Projet d’appui à la filière coton-textile (PAFICOT) est financé par l’Etat burkinabè sur prêt de la Banque africaine de développement (BAD) à hauteur de 10 millions d’Unités de compte (unité spécialement définie, plutôt que d’un moyen de paiement réel, utilisée dans le cadre des paiements internationaux).

Il vise à soutenir les actions ayant pour objet l’amélioration de la production et de la productivité, de la commercialisation et de la transformation artisanale ainsi que le renforcement des capacités des acteurs de la filière cotonnière. Il est effectivement entré en vigueur en 2009, mais malheureusement, vient d’être pratiquement décapité.

En effet, sur requête du gouvernement portant restructuration du portefeuille de la BAD dans le secteur agricole national, en vue de dégager des ressources pour l’appui budgétaire, le PAFICOT a connu une restructuration en juin 2010. Si bien que son budget total a subi un prélèvement de 5,5 millions d’UC, soit une diminution de 52%. Cela a eu pour conséquence, selon le président du comité de pilotage, Adama Compaoré, par ailleurs SG du ministère de l’Agriculture, de réduire voire supprimer, certains objectifs initiaux.

Dans une telle situation, la révision du plan de travail et du budget s’imposait. Cependant, il s’est trouvé que le fonds de roulement, qui n’a pas été reconstitué en 2010, a également créé une entrave non négligeable à l’exécution des activités de la même année. Pire, malgré un budget sur ressources FAD de plus d’un milliard, après la réorientation aucun décaissement n’a pu être obtenu et seulement 70 millions de F CFA ont été mobilisés en 2010 au titre de la contrepartie de l’Etat.

C’est donc un projet en pleine difficulté qui compte se relever des remous dont il a été l’objet l’an passé. Heureusement, et comme l’a souligné le président du comité de pilotage, les conclusions d’évaluation à mi-parcours ont confirmé la pertinence des objectifs poursuivis. C’est la raison pour laquelle les membres du comité devaient examiner les documents à eux soumis afin de dégager les orientations et les recommandations susceptibles d’aider la coordination du PAFICOT à accroître le niveau d’exécution des activités en 2011.

A ce propos, Adama Compaoré a souligné que le Projet s’est fixé pour ambition, cette année, de mettre en œuvre toutes les conventions de collaboration signées avec les partenaires techniques. « Un accent particulier sera mis sur les réalisations des études des pistes rurales et le recrutement des entreprises pour l’exécution des travaux et aussi des études du centre national d’appui à la transformation artisanale », a affirmé M. Compaoré.

Cette 3e session du comité de pilotage a connu la présence de la direction générale de la Coopération, qui a fait comprendre que ce projet n’était pas le seul à être restructuré. En effet, beaucoup de projets financés par la BAD et concernant l’agriculture auraient été touchés. Et la crise financière qui a secoué le monde en 2009 n’y est pas étrangère puisqu’il fallait financer le secteur alimentaire.

Note d’espoir, le coordonateur du Projet, Jean Babou Bado, dans un exposé sur le rapport d’activités 2010, a fait savoir que depuis mai dernier, le PAFICOT est dans une dynamique d’accélération avec la résolution en cours de la plupart des difficultés. « Cela devrait donc permettre d’atteindre la vitesse de croisière cette année », a-t-il souhaité. Il a enfin affirmé qu’il est envisagé une recapitalisation. Le Projet d’appui à la filière coton-textile s’achève en 2013.

Kader Traoré

Lobservateur

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