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Appropriation du budget programme

A partir de 2017, le Burkina entrera en principe de plain-pied dans cette nouvelle façon de gérer les finances publiques. Il s’agit de la mise en œuvre concrète de l’approche budget-programme par l’Etat et l’ensemble de ses démembrements. Pour ce faire, un Secrétariat technique du Comité de pilotage du Budget-programme de l’Etat (ST/CP-BPE) a été mis sur pied avec, entre autres missions, la vulgarisation de ce nouvel outil de gestion.

Trois équipes d’experts en budget-programme ont sillonné le pays, en dehors de la région du Centre (programmée pour cette année 2011), pour apporter la lumière aux acteurs déconcentrés du budget-programme. Il s’agit notamment des gouverneurs, des hauts-commissaires, des préfets, des maires, des personnels des structures déconcentrées de l’Etat ainsi que les représentants des organisations de la société civile. Ce plan de communication a déjà permis de toucher au niveau central l’ensemble des acteurs de tous les ministères et institutions avec un accent particulier sur les structures centrales du ministère de l’Economie et des finances (MEF), les écoles de formation professionnelle comme l’ENAREF, les députés ainsi que les organisations de la société civile. L’objectif principal de cette campagne de communication tous azimuts est de permettre une bonne appropriation du processus du budget-programme et de susciter une adhésion des acteurs en vue de garantir son implantation réussie.

La coordonnatrice du ST/CP-BPE a expliqué la différence entre cette nouvelle approche et l’approche en vigueur qui est la budgétisation axée sur les moyens en ces termes : « Comparativement à l’approche actuelle, le budget-programme est plus que jamais un budget qui est tourné vers l’optimisation de l’utilité économique et sociale des crédits budgétaires ; qui établit clairement les corrélations entre actions publiques et objectifs de développement en intégrant les notions d’efficience et d’efficacité ; qui établit l’adéquation entre le caractère annuel de la loi de finances et celui pluriannuel des dépenses d’investissement ; qui assure une gestion intégrée et globale des politiques publiques et qui renforce la transparence dans la gestion publique ».

Le budget-programme, en plus d’être représentatif des politiques publiques et des aspirations des populations, est résolument tourné vers le résultat. Aussi bien à Dori, à Kaya, à Ziniaré que dans les autres chefs-lieux de région, l’équipe des experts n’a pas manqué d’éclairer la lanterne des uns et des autres et surtout de rassurer les participants qui s’inquiétaient du fait que le Burkina Faso ait mis longtemps à se lancer définitivement dans cette approche. Selon Amina Billa/Bambara, le budget-programme qui est un outil important d’opérationnalisation de la gestion axée sur les résultats (GAR) est un long parcours itératif que même les pays nordiques de référence ont dû emprunter et bâtir pendant des décennies voire un quart de siècle. Le Burkina s’y prépare depuis 1997 et les premières autorités ont, à chaque fois, rappelé la nécessité de maintenir le cap. Cet optimisme a été véhiculé durant toute la campagne par les experts du budget-programme : « Tout concourt aujourd’hui à l’optimisme : de la prise d’initiative par le chef de l’Etat en 1997, en passant par l’engagement manifeste des gouvernements successifs jusqu’à l’actuel gouvernement, au leadership assuré par le ministre de l’Economie et des finances, aux orientations et suivi rapproché du comité national de pilotage du budget-programme et de son président, le ministre en charge du budget, nous pouvons noter ensemble, l’existence d’une volonté, voire un engagement plus que jamais affiché au niveau des autorités publiques. Cet optimisme est davantage soutenu par les nombreux résultats concrets atteints en peu de temps depuis la relance en décembre 2009 » (NDLR Voir encadré 1). Tout porte donc à croire que le Burkina Faso a opté pour une démarche prudente mais résolue. Cet engagement a d’ailleurs été rappelé par le Premier ministre, lors de son discours sur la situation de la nation le jeudi 13 octobre 2011 à l’Assemblée nationale. Celui-ci a longuement rappelé la nécessité d’aller définitivement à la budgétisation axée sur les résultats. « Face aux insuffisances de la gestion budgétaire actuelle, la démarche budget-programme apparaît de plus en plus comme un moyen d’améliorer l’efficacité et l’efficience de la dépense publique. Le processus d’appropriation de la méthodologie d’élaboration du budget-programme au sein des ministères et institutions est déjà entamé et devrait aboutir à l’horizon 2015 à son implantation effective ». Les prochaines étapes pour boucler cette campagne de sensibilisation sont la région du Centre et la tenue d’un séminaire gouvernemental sur le budget-programme.

Des résultats atteints pour la première fois depuis 1993 :

– l’encadrement à l’élaboration des budgets programmes en version harmonisée de sept ministères en 2010 et de dix-sept ministères et institutions en 2011 et la consolidation de ces budgets-programmes en un budget-programme unique ;
– l’encadrement pour la déclinaison des politiques publiques en programmes budgétaires de tous les ministères et institutions, la maquette de tous les programmes de l’Etat existant à ce jour ;
– la production de référentiels communs aux acteurs ;
– Élaboration et adoption d’un programme détaillé des activités 2010-2015 du comité de pilotage ;
– Élaboration et adoption d’un « Document d’orientation pour l’implantation du budget-programme de l’Etat » ;
– Élaboration d’un « Guide méthodologique d’élaboration du budget programme » ;
– Élaboration d’un « Guide de suivi-évaluation des programmes budgétaires » ;
– Élaboration d’une « Stratégie et d’un plan de communication sur le budget-programme » ;
– Élaboration de la « Stratégie d’implantation du budget programme de l’Etat ».

Quelques chiffres sur la campagne

Il y a eu en moyenne 150 participants par région ; soit au total 1 800 acteurs au niveau déconcentré pour les 12 régions. Au niveau central, 3 500 participants avaient bénéficié de cette campagne. Soit à ce jour environ 5 300 participants sensibilisés sur le Budget-programme. Il reste la région du Centre, le séminaire gouvernemental et l’intervention à l’ENAM pour boucler cette première phase de campagne urgente de communication sur le BP.

Abdoulaye TAO, lepays.bf

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