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AN II des inondations du 1er septembre 2009 : Quel bilan tirer ?

1er septembre 2009 : la pluie diluvienne qui s’est abattue sur Ouagadougou et dans d’autres agglomérations à cette date, restera à jamais gravée dans les consciences individuelle et collective, comme la pire des inondations jamais survenue au Burkina Faso. D’une hauteur exceptionnelle de 263 mm, cette forte pluie trouverait son origine dans les changements climatiques et les inondations dans l’aménagement urbain défaillant de la ville de Ouagadougou.

En effet, un diagnostic a révélé que les insuffisances dans la qualité de matériaux de construction, et le mode de construction ont contribué au fait que les effondrements des maisons ont été massifs. La majorité des habitations étant faites en banco sans la prise en compte de précautions particulières, elles n’ont pas résisté à la furie des eaux.

Les conséquences qui en ont résulté sont énormes : pertes en vies humaines, 32.260 maisons effondrées, 150.000 personnes sinistrées et d’importants dégâts matériels. L’impact de cette catastrophe est estimé à plus de 60 milliards dont environ 45 milliards de dommages et 15 milliards de pertes. Les besoins pour la reconstruction sont estimés à 120 milliards de F CFA.

Ainsi donc, des milliers de citoyens ont perdu en quelques heures tout ce qu’ils ont acquis au prix de nombreuses années de dur labeur. L’angoisse, la désolation et le désespoir se lisaient sur leurs visages. Devant pareil drame, le gouvernement a mis en place un dispositif pour des solutions à court terme et à long terme.

C’est ainsi que le 7 septembre 2009, un appel à la solidarité nationale et internationale a été lancé par le Président du Faso. Favorablement accueilli, il a permis d’enregistrer à la date du 1er septembre 2010, 2.615 contributions volontaires d’un montant de plus de 5 milliards 570 millions F CFA dont 4 milliards 651 millions CFA de contribution financières et plus de 918 millions de dons en nature. Ces nombreuses contributions ont permis des réalisations au nombre desquelles la prise en charge des sinistrés. Et ce depuis les premières heures de la catastrophe jusqu’à leur installation dans les sites définitifs de Yagma (périphérie de Ouagadougou) en passant par leur regroupement dans des sites alternatifs, soit une période de six mois.

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Relogement des sinistres et premiers secours

Dès les premiers moments, les sinistrés ont trouvé refuge dans les écoles et lycées. Là, ils ont reçu une prise en charge holistique et gratuite. Par la suite, des sites alternatifs ont été aménagés pour les recevoir, permettant ainsi de libérer les établissements d’enseignements pour la rentrée. Le tableau ci-dessous donne la répartition des sinistrés par site.

Arrondissements

Nombre de sites

Nombre de tentes

Baskuy INJEPS 136
Baskuy Terrain Omnisport du secteur 07 53
Boulmiougou Hippodrome 684
Boulmiougou Ancien marché du secteur 16 292
Boulmiougou Terrain Omnisport du secteur 17 34
Boulmiougou Centre de formation des jeunes filles du secteur17 04 bâtiments + 40 tentes
Sig-Noghin Terrain Omnisport 34
Sig-Noghin Maison des jeunes 130
Nongr-Massom Maison des jeunes 110
Loumbila Camp militaire du Service National de Développement (SND) 06 bâtiments + 12 tentes

Après une période de près de six mois, les sinistrés pouvaient rejoindre le site aménagé de Yagma. Environ 15.000 parcelles y ont été dégagées. Dans le principe de la prise en charge pour le relogement définitif les ménages sinistrés avaient droit à 1,5 tonne de ciment, 20 feuilles de tôles Ondulées et un appui financier direct de 50.000 francs CFA.

Les ménages qui peuvent bénéficier de parcelles sont ceux qui avant le sinistre, étaient dans des zones non aménagées (non lotie) ou inondable (les berges des barrages, des canaux primaires et marigots naturels).

A l’issue des travaux des commissions de prise en charge des sinistrés et comme l’atteste les données sur le tableau ci-dessous, 20.217 sinistrés propriétaires chefs de ménages ont été pris en charge. Soit 13.599 personnes ont été attributaires de parcelles sur la trame d’accueil de Yagma et 6.618 personnes qui ont, quant à elles, bénéficié de l’appui financier et des matériaux de construction.

–

Nombre de sinistrés ayant bénéficié de parcelles + aide

Nombre de sinistrés ayant bénéficié de l’aide uniquement

Nombre total de sinistrés traités par arrondissement

Bogodogo 4.509 479 4.988
Boulmiougou 5.772 3.377 9.149
Baskuy 730 1.063 1.793
Nongr-Massom 1.244 844 2.088
Sig-Noghin 1.344 855 2.199
Total 13.599 6.618 20.217

Les sinistrés, entre espoir et scepticisme

Les sinistrés, s’ils sont heureux d’avoir eu un lieu où reposer la tête, vivent dans certaines conditions non reluisantes. Presque tous sont confrontés au problème de chômage. Et pourtant bien avant le 1er septembre, d’aucuns étaient commerçants, peintres, maçons, soudeurs…La situation présente les contraint à trouver d’autres sources de revenus. Ainsi on en rencontre qui balaient du sable pour vendre la charretée à 750 FCFA, ou qui sont obligés de casser manuellement des pierres pour les vendre et nourrir leurs enfants. D’autres problèmes se posent par manque de moyens de mobilité. Et pourtant cela leur aurait facilité le déplacement en ville en vue d’avoir de quoi s’occuper utilement.

Leurs besoins sont précis. Ils souhaitent avoir un cadre de vie sain, doté de services de santé, de sécurité, de commerce…Toute chose qui évitera aux jeunes et bras valides de fuir leur nouveau cadre de vie. Et la réponse à toutes ces requêtes se trouve dans la diligence que l’Etat ou des ONG mettront pour terminer les différents chantiers.

«Laweoghin Naaba de Yagma : Les bailleurs de fonds et le Gouvernement doivent aussi songer aux habitants du village dans leurs investissements.»

Awa TIEMTORE la nouvelle vie est compliquée. Je vends des chaussures mais je peux faire une semaine sans marché
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Femme ramassant du sable
Femme ramassant du sable

Commissariat en construction
Commissariat en construction

Point des réalisations faites sur le terrain

Après deux ans de processus d’aménagement, plusieurs infrastructures ont été mises en place. Ainsi 16 forages ont été implantés par l’Etat Burkinabè et 15 forages ont été implantés par les ONG (Plan Burkina, Unicef, Aide à l’enfance Canada et Croix Rouge).

Par ailleurs, dans le cadre de l’appui apporté au Gouvernement pour le relogement des sinistrés, plusieurs ONG sont intervenus à divers niveaux :

  • 470 logements construits par l’ONG Help Burkina et 300 autres en cours de réalisation ;
  • 400 logements construits par l’ONG CRS Burkina
  • 70 logements et une salle polyvalente en construction dans le cadre du programme d’appui de ONU-Habitat.

Des chantiers toujours en cours

S’inscrivant dans l’optique de l’aménagement progressif des trames d’accueil de Yagma, le Ministère de l’habitat a engagé, courant février 2011, les travaux de construction des ouvrages d’assainissement avec l’appui financier de l’Union Européenne à hauteur de 3 milliards de francs CFA et le concours du Fonds de Secours d’Urgence, pour un montant de 500 millions de francs CFA.

En outre, pour la prise en compte de la question sécuritaire des populations nouvellement installées à Yagma, le Ministère de l’Habitat, avec le concours financier de l’ONG Qatar charity, a engagé également les travaux de construction de bâtiments devant faire office de commissariat de police.

Toujours dans la poursuite du processus de viabilisation des deux trames d’accueil, des concertations avaient été entamées avec les ministères en charge de l’énergie et l’hydraulique pour l’électrification et l’adduction du système d’eau potable. Les devis estimatifs des travaux d’électrification et d’adduction d’eau potable s’élèvent à 6 milliards 566 millions de francs CFA.
Aussi, dans le souci d’accompagner l’installation définitive des populations au niveau de la trame de YAGMA, le Ministère de l’habitat entend accélérer la mise en place des équipements collectifs de proximité et les services urbains de base (école, eau, électricité). Les populations sinistrées logeant sur ces sites de Yagma n’en demandent pas plus.

Lucien MANZABA, pour Burkinapmepmi.com | mazba@burkinapmepmi.com

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