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Affaire ICC Services: le casse-tête du remboursement

La Nation traîne toujours les séquelles de l’affaire ICC Services et s’en remet aux caprices du sort. L’ambiance est à la résignation devant la masse d’incertitudes sur le remboursement des spoliés. L’espoir s’évanouit malgré les milles et une promesses en pompe sorties des déclarations tapageuses et mielleuses. Le peuple floué attend, meurtri, le paiement de ses fonds. Coincé dans l’illusion, on prend la pente glissante du néant avec le temps qui épuise nos espérances et forge l’ennui. A quand le remboursement juré par le pouvoir ? C’est la question la mieux partagée, celle qui donne encore de l’ampleur à l’affaire Icc Services. L’équation est à plusieurs inconnues.

Les spoliés du placement portent leur croix alors que s’achève l’épisode mercantile de la vente des biens des promoteurs de Icc services jetés en prison. La première illusion vient de cette foi manifeste au remboursement par l’argent issu de la liquidation de ces véhicules exposés à l’érosion, et ces carcasses parfois rouillées. La foire aux voitures estampillées Icc Services n’a visiblement pas permis de résoudre l’épineux problème de remboursement. On tourne en rond avec la coutume de l’agitation improductive. La propagande sur la vente n’a pas déclenché une programmation des épargnants et prend la forme d’une poudre jetée aux yeux. Depuis deux ans, l’affaire Icc Services balaie la joie des spoliés et sème l’amertume sans que ne s’affichent l’éclaircie et la possibilité de faire rendre gorge aux présumés escrocs. Sous la condamnation de la sclérose, on piétine. L’horizon noirci, accroît le scepticisme.

La gestion aveugle de ce dossier sulfureux n’est pas de nature à apporter le salut aux spoliés et les libérer des griffes de l’illusion. La volonté de paiement est handicapée par quelques paradoxes qui n’ont jusqu’ici pas réveillé nos Princes de la refondation. Les chefs d’Icc Services égrènent leur séjour dans la geôle depuis environ 18 mois avec une dette monstrueuse héritée de l’acte de dépouillement de la nation avide du gain facile. Comment peuvent-ils, dans cette situation de privation de liberté, rembourser les victimes de l’escroquerie ? A moins d’un gisement d’or en prison, le rêve de paiement ne peut être converti en réalité. Demain n’est pas la veille, non plus que la visite du pape et le retour annoncé du Christ ne peuvent assurer ce miracle. Un constat devrait plutôt inspirer le gouvernement et lui faire changer de méthode d’action. L’effectivité du remboursement dans les structures dont les promoteurs sont en liberté indique la solution à explorer. La vente spectaculaire de véhicules de la honte a été inapte à exorciser le mal de l’insolvabilité organisée. Seule la mise en liberté des patrons de la mafia Icc Services fera renaître l’espoir dans le rang des spoliés, laissés pour compte par le cafouillage dans la gestion du dossier par l’Etat. On peut initier une espèce de Vérité et Réconciliation assortie de cette liberté dont il convient de minimiser l’entorse à l’éthique. En compensation des dégâts immoraux, cette liberté devrait être conditionnée par un engagement ferme de la bande de fossoyeurs de la morale et des échéances claires pour le remboursement. A la moindre incartade, la prison sera disponible à les aspirer.

Il est indécent mais utile que le remboursement des spoliés passe par la libération de ces chefs de la pègre Icc Services. Indécent, parce qu’il ne doit pas avoir dérogation à la punition de l’escroquerie. Utile, puisque le gouvernement a montré son incapacité à régler seul la question du paiement du peuple assommé et il faut désormais confier le remboursement aux coupables. Si moralement la répression se justifie, elle perd en revanche ses racines thérapeutiques dans ce contexte où rien ne semble bouger sans les présumés escrocs.

Seul Icc Services peut sauver le gouvernement dont la crédibilité est mise en cause par la promesse non tenue de remboursement des spoliés. Nous sommes dans un scénario paradoxal où les coupables ont un rôle majeur à jouer dans la gestion du drame du placement. Les bons films s’achèvent souvent par la mort des bandits et leur chef. Ici les bandits doivent vivre pour que le cinoche soit intéressant.

L’essentiel est de rembourser les fonds. Le reste relève du folklore.

Fraternité

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