Les ministres de l’Education nationale et de l’alphabétisation, Koumba Boly et de la Fonction publique, du travail et de la sécurité sociale, Soungalo Ouattara,ont rencontré les représentants des syndicats du ministère de l’Education nationale et de l’alphabétisation(MENA). Les conditions d’organisation et d’accès aux concours professionnels ont constitué le menu des échanges. C’était dans la soirée du16 février dernier à Ouaga2000 en marge de la Triennale de l’éducation. A l’issue des pourparlers, les deux parties ont convenu de la reconduction des mesures transitoires relatives aux concours professionnels.
Les gestionnaires des ressources humaines et autres contractuels de l’Etat peuvent maintenant dormir tranquilles. On sait qu’ils s’indignaient de l’organisation cette année des concours professionnels dont les conditions d’accès ne leur permettaient pas d’y prendre part. Il y avait plus de peur que de mal car les premiers responsables des départements ministériels concernés sont revenus sur ces mesures que les mécontents avaient jugées discriminatoires. En effet, c’est dans l’après-midi du 16 février 2012 que les deux départements en charge de notre système éducatif ont jugé nécessaire de nouer le fil du dialogue avec les responsables syndicaux du MENA sur l’organisation des concours professionnels et les conditions d’accès à ces concours de promotion. SoungaloAppolinaire Ouattara et Koumba Barry Boly étaient face à six corporations syndicales de l’enseignement de base. Il s’agit du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation de base(SATEB), du Syndicat national des encadreurs pédagogiques(SNEP), dela Fédération des syndicats de l’éducation de base(FESEB), du Syndicat national des travailleurs de l’éducation de base (SYNATEB) et du Syndicat national des enseignants africains du Burkina(SNEAB).Les échanges ont porté sur les conditions de candidature aux différents concours professionnels session 2012.Selon un communiqué y relatif lu par le ministre Soungalo, les dispositions transitoires du décret n°2006 du 4 août 2006, portant organisation des emplois spécifiques du MENA,expiraient le 4 août 2011. Ainsi, les deux parties sont parvenues à un compromis. Après plusieurs heures de discussions et de tractations, syndicats et ministres sont parvenus à la signature d’un protocole d’accord. Cette signature matérialise la reconduction des mesures transitoires du décret ci-dessus cité relatif aux concours professionnels en attendant, précise le protocole d’accord, « l’élaboration d’un statut particulier des personnels du MENA ».
Ils s’expliquent sur l’accord
SoungaloAppolinaire Ouattara, ministre chargé de la Fonction publique
« Je voudrais saluer l’esprit de dialogue et de compromis qui a caractérisé cet accord car en toute chose, en toutes circonstances, il faut adapter les textes à la réalité car le compromis que nous devons avoir ouvre beaucoup de potentialités et d’opportunités. Et seul le dialogue franc, sincère peut vraiment nous permettre d’avancer en toute sérénité. Pour ainsi dire que le gouvernement reste ouvert sur ces questions et le ministère de la Fonction publique se déploie pour que les concours de la fonction publique puissent être bien organisés et se déroulent en toute transparence.Les suggestions des syndicats seront toujours mises à contributions car nous savons qu’au Burkina les mouvements syndicaux constituent une très forte force de proposition et nous avons fois en cela. Une force de proposition qui veut que chaque fois que nous sommes dans l’impasse, nous puissions corriger et avancer. »
Koumba Boly Barry, ministre de l’Education nationale et de l’alphabétisation
« Au niveau du MENA et sur la question, il ya un dialogue franc et sincère qui s’organise avec les centrales syndicales et vous avez dû constater que tous les responsables syndicaux étaient là. C’est ce qui a d’ailleurs favorisé les échanges qui ont abouti à cette signature. Il faut dire que ce qui prévaut, c’est l’équité au niveau des concours et chaque fois que nous avons la possibilité de faire un saut qualitatif dans la perspectif d’une meilleure amélioration du système éducatif, nous n’hésitons pas. Cet accord dont nous sommes convenus permettra à bon nombre d’agents d’accéder aux concours ; c’est ce qui nous réjoui également. C’est une réussite qui veut que les enseignants fassent confiance à ce cadre de dialogue tout comme nous, gouvernement, faisons confiance à ces syndicats. Ces derniers, au-delà des intérêts de leurs membres qu’ils défendent, luttent pour la qualité de notre système éducatif. »
Bonaventure Segda, porte-parole des centrales syndicales du MENA
« La rencontre était nécessaire parce que cette année pour l’organisation des concours professionnels du MENA, nous avons rencontré des difficultés. Vous savez qu’il y a des préoccupations particulières qui ont été exprimées par un certain nombre de personnels au niveau de ce ministère. Tout cela traduit qu’au MENA nous avons des questions spécifiques qui doivent, d’un commun accord, être réglées. C’est pour cela que nous avons demandé l’élaboration et l’adoption d’un statut particulier qui devrait nous permettre de régler définitivement ces difficultés de façon consensuelle.Mais en attendant qu’on ait ce statut particulier, ces problèmes demeurent et nous avons interpellé les deux ministères de tutelle pour que ces problèmes trouvent solutions. En attendant des solutions idoines et définitives, nous avons demandé aux deux ministères de laisser courir les mesures transitoires au bénéfice des personnels concernés par les concours professionnels à venir. »
ARMEL ILBOUDO
Le Pays




