La chaîne allemande de droguerie Schlecker, confrontée à un manque de liquidités, a annoncé vendredi 20 janvier son dépôt de bilan. Elle espère ainsi obtenir un répit de ses créanciers et de pouvoir mener une restructuration. Le groupe emploie 47 000 personnes en Europe.
Quand en 1974, le prix du savon et autres produits similaires est libéré, le patriarche Anton Schlecker comprend sa chance. Il lance une chaîne de drogueries bon marché, des petits magasins dépouillés et peu sexy mais qui imposent rapidement la marque comme le numéro un du marché. Aujourd’hui, l’entreprise emploie en Europe 47 000 salariés et compte 11 000 filliales.
Mais Schlecker a oublié d’évoluer avec son temps. Une gamme de produits non renouvelée, des magasins vieillots et souvent trop petits pour être rentables ont donné des pieds d’argile au géant allemand. A cela s’ajoute une image détestable : des conventions collectives non respectées, un recours abusif aux intérimaires, de l’espionnite à l’encontre des employés.
Quand les fils du fondateur reprennent le flambeau, ils évoquent « une culture de la peur » dans l’entreprise de leur père. Ils lancent une offensive de charme et ferment plusieurs centaines de filiales. Trop tard.
Le dépôt de bilan annoncé ne signifie pas la fermeture des magasins. Les salaires continuent à être payés. Mais une restructuration dont l’ampleur est encore inconnue menace.
Avec notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut
RFI




