lundi, octobre 5, 2026
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Secteur de l’immobilier : Haro sur les « marchands de sommeil » de la capitale !

Au Burkina Faso, il n’est pas donné à n’importe qui de construire sa propre maison. La majorité des employés du privé ou du public, rares sont ceux qui diront le contraire, vont jusqu’à la retraite, sans pouvoir s’offrir un « chez-soi ». Ne permettant pas de gérer les multiples charges, les « maigres » salaires n’offrent pas l’espoir, même à long terme, de se faire une bâtisse. Hormis les travailleurs « chanceux » qui ont pu se construire une demeure souvent au prix de mille sacrifices, les autres sont obligés de louer une maison pour s’abriter.Ce qui n’est pas condamnable, mais plutôt salvateur. Quand on n’a pas les moyens de la politique, dit-on familièrement, il faut avoir la politique de ses moyens. Il n’y a donc rien de mal dans l’acte qui consiste à louer un logement mais plutôt la manière dont le secteur de l’immobilier est organisé. Que ce soit à l’intérieur du pays ou dans les grandes villes, le secteur de l’immobilier est un domaine de vraies spéculations. Bailleurs et démarcheurs se sucrent tranquillement, sur le dos des autres. Disposant de moyens financiers bien ou mal acquis, des Burkinabè, d’une certaine aisance, érigent des « mini-villas » et célibatériums, dans le but de les mettre en location . Ce qui est tout à fait leur droit. Mais là où ces bailleurs sont à redouter, c’est au niveau de la fixation des prix. A Bobo-Dioulasso et dans d’autres villes du pays, les maisons en location sont encore abordables,ce qui est loin d’être le cas à Ouagadougou. Chaque bailleur fixe ses prix à son gré, si bien que la spéculation dans le secteur de l’immobilier est forte dans la capitale. Dans la cité de Sya, une pièce chambre-salon, assortie de douche interne, se négocie à 15 000 F CFA ou même moins, contre 25 000 ou 30 000 F CFA à Ouagadougou. L’on est d’avis que c’est le cœur du Burkina Faso, mais cela n’explique pas forcément le désordre que l’on constate. Les frais de loyer, il faut le dire, ne sont pas vraiment à la hauteur des prix des maisons. Pour un loyer de 25 000 F CFA ou 30 000F CFA, vous vous retrouvez avec une pièce exigüe à Ouagadougou. Le salon et la chambre ont pratiquement les mêmes dimensions, à tel point que les locataires peinent très souvent à les occuper convenablement. Si vous avez moins de meubles, vous pouvez vous débrouiller, mais si vous en possédez beaucoup, bonjour les calculs chinois ! Votre salon devient comme une boîte de sardine, où les meubles se serrent, avec pour conséquence, le manque d’aération et des difficultés de circuler librement. Et dire que cela vous coûte autant d’argent et cela est écœurant. On nous dira encore que les prix des matériaux de contruction flambent, mais qu’à cela ne tienne ! Exit les frais de loyer qui fachent et dont la fixation n’est pas une science exacte. Il y a lieu de s’inquiéter de la forme de bail. A l’exception de quelques bailleurs qui ont le souci d’œuvrer dans un cadre juridique, en proposant un contrat de bail en bonne et due forme, la majorité se la joue perso. Certains gèrent oralement leurs contrats, sans réelle notion de bail, ce qui peut les compromettre en cas de différend. D’autres établissent des contrats de bail, mais qui, malheuresement, sont signés dans des salons. Ce qui arrange le bailleur, mais pas l’Etat qui perd en termes de prélèvement d’impôts. C’est en cela que l’Etat doit sévir pour mettre de l’ordre afin de protéger, et les intérêts du citoyen et ses propres intérêts. Ainsi, il découragra les spéculateurs et mettra les locataires en confiance.

Kader Patrick KARANTAO

Sidwaya

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