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Le président italien annonce la démission prochaine de Berlusconi

Silvio Berlusconi démissionnera après l’adoption des mesures promises à l’Union européenne, soit à la mi-novembre lors d’un vote d’une nouvelle loi de finances, a indiqué le président italien, Giorgio Napolitano, au sortir de sa rencontre avec le président du conseil, mardi 8 novembre

Le calendrier actuel prévoit l’approbation de ces mesures, exigées par l’Union européenne, d’ici au 18 novembre au Sénat et pour la fin du mois à la Chambre des députés. Il pourrait toutefois être modifié et accéléré.

Après l’adoption des mesures, « le président du conseil remettra son mandat au chef de l’Etat, qui procédera aux consultations » habituelles avec les partis de la majorité et de l’opposition, selon un communiqué du Quirinal, siège de la présidence, en vue de la formation d’un nouveau gouvernement.

De son côté, M. Berlusconi, qui s’est dit « surpris et triste », a confirmé sa future démission, mais appelle à la tenue de nouvelles élections, « seule issue possible ». « L’important, c’est de faire le bien pour le pays ». « Il faut se préoccuper de la situation italienne, de ce qui se passe sur les marchés, du fait que les marchés ne croient pas que l’Italie soit capable ou ait l’intention d’approuver ces mesures que l’Europe a demandées », a-t-il expliqué dans un appel téléphonique à une de ses chaînes télévisées, Canale 5.

SANS MAJORITÉ AU PARLEMENT

Plus tôt dans l’après-midi, un vote-test sur le budget avait mis au jour l’absence d’une majorité absolue pour le gouvernement. M. Berlusconi avait cependant réussi à faire ratifier les comptes publics par les députés grâce à l’abstention de l’opposition. Au moment du vote, si seulement 308 députés – M. Berlusconi en espérait 312 – ont validé les comptes, 321 autres, présents dans la salle, ne se sont pas exprimés en signe de contestation. Avec plus d’abstentions que de votes positifs, le sort du président du conseil, poussé de toutes parts à la démission, y compris dans son propre camp, était désormais scellé.

Juste après le vote, le leader du Parti démocrate, Pier Luigi Bersani a demandé au président du conseil de céder sa place, l’invitant à « prendre acte de la situation en démissionnant ou en confiant au chef de l’Etat la recherche d’une solution pour affronter l’urgence ».

Plus tôt Umberto Bossi, le chef de la Ligue du Nord, allié de Berlusconi, était allé dans le même sens. Mardi matin, il proposait de nommer Angelino Alfano, le numéro un du Peuple de la liberté (PDL), le parti de Silvio Berlusconi, à la place du « Cavaliere ». Même au sein du gouvernement, la fronde se faisait sentir. « La majorité n’existe plus », constatait dès dimanche soir son ministre de l’intérieur, Roberto Maroni, membre de la Ligue du Nord.

« JE VEUX REGARDER DANS LES YEUX CEUX QUI ME TRAHISSENT »

Depuis son retour du sommet du G20 de Cannes, vendredi, M. Berlusconi tente par tous les moyens de convaincre les membres de sa majorité de faire front avec lui, en leur tenant le discours suivant : « Vous n’avez nulle part où aller et vous serez récompensés en restant à mes côtés. »

Silvio Berlusconi a prouvé ces derniers mois sa capacité à résister aux frondes internes, approchant les indécis, multipliant les coups de téléphone. Un député de la coalition a raconté, après un entretien avec lui, que le président du conseil était prêt à les récompenser par des « postes bien mérités » au gouvernement.

Il Giornale, le quotidien du frère de Silvio Berlusconi, Paolo, le comparaît mardi au Christ, qualifiant de Judas les députés qui seraient sur le point de le lâcher. Avec à l’appui cette citation de Berlusconi : « Je veux regarder droit dans les yeux ceux qui me trahissent. »

Le Monde

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