Après la crise, le dialogue. Le gouvernement et les syndicats se sont assis dans la salle du dialogue social de l’immeuble Baoghin le vendredi 4 novembre 2011 pour leur traditionnelle rencontre annuelle. Le Premier ministre Luc Adolphe Tiao et son équipe proposent aux syndicats un nouveau format d’échanges. Les syndicats, eux, n’oublient pas la vie chère, le niveau bas des salaires et les crimes qui restent encore impunis.
« La vie chère, malgré les différentes mesures prises, demeure une réalité angoissante pour les Burkinabè, notamment ceux d’en bas », dixit Tolé Sagnon, porte-parole des syndicats, au Premier ministre Luc Adolphe Tiao à l’ouverture de la rencontre annuelle gouvernement/syndicats de l’année 2011. Cette première attente du mouvement syndical à l’endroit du gouvernement a retenti dans la salle du dialogue social de l’immeuble Baoghin, ce vendredi 4 novembre 2011. Une attente nourrie par le fait que les mesures prises par le gouvernement pour réduire le coût de la vie n’ont pas eu « d’impact réel sur le terrain ». Le président du mois des centrales syndicales a déjà sa petite idée pour solutionner ce problème : « Sous ce volet, se tiennent en bonne place les questions salariales et indemnitaires qu’il faut relever et étendre ». Les salaires sont donc bas et il faut les relever. Mais ce n’est pas tout, car la deuxième attente des syndicats, à travers la voix de Tolé Sagnon, concerne les libertés démocratiques et syndicales et l’impunité des crimes. Le mouvement syndical salue les efforts consentis dans ce dernier domaine, mais le président du mois estime que des dossiers sociaux et de crimes méritent que cet élan soit maintenu afin qu’ils connaissent leur dénouement.
L’assurance maladie universelle pour tous dans trois ans
En ce qui concerne les libertés syndicales, Tolé Sagnon a insisté sur la protection des représentants des travailleurs et la correction des abus en matière d’affectations et de retenues abusives de salaires pour fait de grève. La dernière principale attente que les syndicats ont soumise au gouvernement concerne les secteurs sociaux, l’éducation, la santé et la sécurité sociale « autour desquels le mouvement syndical attend des avancées notables », a laissé entendre Tolé Sagnon. Son interlocuteur, le Premier ministre Luc Adolphe Tiao, a félicité les syndicats qui ont fait montre de responsabilité en s’abstenant de toute violence lors des manifestations qu’a connues le Burkina. Il a assuré que le gouvernement s’inscrit dans la même dynamique de dialogue et a invité les syndicats des travailleurs à baser leur partenariat sur un nouveau format. Un nouveau partenariat qui aura pour socle un accord-cadre qui devra naître de cette rencontre et définira un plan triennal afin d’avoir un planning de résolution des problèmes dans le temps. Mais le Premier ministre a réaffirmé que le gouvernement respectera la liberté syndicale et ne s’impliquera pas dans le fonctionnement des syndicats. En ce qui concerne le volet social, Luc Adolphe Tiao a assuré que l’assurance maladie universelle sera effective pour toute la population burkinabè dans les trois prochaines années et que le reliquat de l’apurement des avancements des travailleurs sera épongé à la fin de l’année 2011. Le Premier ministre a enfin souhaité que des solutions justes et profitables à tous soient trouvées, tout en tenant compte de l’économie burkinabè fragilisée par les inondations du 1er septembre 2009 et la récente crise.
Abdou ZOURE
Le Pays




