Plus d’une année après sa fermeture pour des raisons économiques, Dafani S.A, la principale unité industrielle de transformation de fruits, située à Orodara, à l’Ouest du pays, a repris sa production et les burkinabé constatent avec joie le retour des jus de fruits’’ made in Burkina’’ dans les rayons des supermarchés.
Inscrite au programme de restructuration des entreprises en difficulté mis en place par l’Etat, Dafani ne pouvait que renaître, au grand soulagement des consommateurs burkinabé.
« Nous espérons reconquérir notre clientèle et la fidéliser grâce à la qualité de nos produits », explique le Directeur général, Adama Traoré.
Les produits Dafani sont des jus de mangue, d’orange, de cocktail aux prix de 600 francs CFA et 1000 francs CFA.
« C’est une bonne nouvelle pour notre économie et nos producteurs de fruits, car ils auront des acheteurs certains pour la récolte comme c’était le cas quand l’usine marchait bien », affirme Issa Konaté, Economiste-agricole.
Alizèta Sanon qui gère une boutique d’alimentation au secteur 30 de la capitale accueille avec soulagement le retour de Dafani.
« Notre chiffre d’affaires va augmenter. Chaque semaine, je vendais 3 cartons de jus Dafani, et j’avais en projet d’ouvrir dans la zone huppée de Ouaga 2000, un dépôt spécifique de jus Dafani ».
Finie donc la zone de turbulences qui a stoppé l’envol de la société et dont les produits étaient très appréciés des burkinabé.
Ses responsables ont d’ailleurs reconnu que « La société était sous-capitalisée, l’apport personnel insuffisant. Le crédit bancaire était devenu trop lourd à supporter. Cela nous a amené à cette situation ».
La remise à flot de l’entreprise a été possible grâce à un plan de restructuration de la dette et de mise à niveau.
Le rééchelonnement de l’encours de la dette permettra en effet d’alléger le poids écrasant de cette dette et donnera une bouffée d’oxygène à la société.
Un pool bancaire et financier composé d’Ecobank, la Banque commerciale du Burkina (BCB), la Banque sahélo-saharienne pour l’Investissement et le Commerce (BSIC), Burkina Bail et Alios Finances Burkina a accepté d’accompagner la renaissance de Dafani S.A
Les 64 actionnaires, tous des Burkinabè, ont décidé de faire passer le capital de 750 millions de francs CFA à 2,250 milliards de francs CFA.
L’Etat burkinabé a également joué sa partition en octroyant à la société, 2 milliards de francs CFA avec en prime une participation au capital à hauteur de 700 millions de francs CFA.
Désormais, le capital de la société est détenu à hauteur de 42% par l’Etat et de 58% par les privés.
L’entreprise qui a nécessité un investissement initial de 4 milliards de francs CFA, compte reconquérir son marché local et international, grâce à la qualité de ses produits, qui avaient déjà séduit les consommateurs d’Afrique, d’Europe et des pays arabes.
« La renaissance de Dafani est également une bouffée de sauvetage pour la filière fruits et légumes du pays, dont la production annuelle est estimée à 400 000 tonnes, pour plus de 30 000 producteurs. Elle représente 12% de la production agricole totale, 5% du PIB et ses recettes annuelles pourraient atteindre 5 milliards de francs CFA», poursuit Konaté.
« A ce jour, Dafani comprend une ligne de transformation de mangues fraiches d’une capacité de 3 tonnes, extensible à 5 tonnes de mangues à l’heure », estiment les responsables techniques de l’usine.
Au Burkina Faso, la production fruitière est dominée par la mangue qui occupe 58% des vergers et 56% de la production nationale.
La mangue occupe une place importante dans l’économie nationale et constitue une source de diversification des revenus des acteurs du monde rural. Le volume annuel des productions est estimé à plus de 160 000 tonnes.
Aussi, partout dans le pays et surtout dans la région de l’Ouest, grande productrice de fruits, on se réjouit du retour de Dafani dont on espère que ce sera pour une longe durée.
Afriqueavenir.org




