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Pourquoi Hewlett-Packard est contraint d’abandonner les PC

Cela fait plusieurs années que Steve Jobs s’y prépare. La fin de l’ère du PC. D’ailleurs, il n’a jamais fabriqué de PC, alors c’était un peu facile… En 2011 pourtant, ils étaient encore plusieurs à s’acharner à produire toujours plus d’ordinateurs : le taïwanais Acer, le singapourien Asus, le chinois Lenovo et… les américains Dell et Hewlett-Packard. Sauf que ce dernier, pourtant numéro un mondial, a annoncé son intention de se séparer de sa branche PC qui correspond à 31% de son activité durant les trois premiers trimestres de son exercice décalé 2010/2011. Cette annonce fracassante a rappelé à tout le monde la cession en 2005 de la branche PC d’IBM au chinois Lenovo.

Ce revirement stratégique d’Hewlett-Packard est surprenant compte tenu du fait qu’il y a encore quelques mois, il tentait de contre-attaquer Apple en lançant sa propre tablette numérique. Pour les analystes, cette décision porte la marque du nouveau patron d’Hewlett-Packard, Leo Apotheker, qui a fait ses armes chez l’éditeur allemand de progiciels SAP. Le nouveau PDG vient d’ailleurs de conclure le rachat du groupe britannique Autonomy pour 10 milliards de dollars.

Pas de place pour le moyen-de-gamme

En réalité, Hewlett-Packard s’est laissé distancer par Apple dans l’innovation et s’est contenté de rester un « assembleur » de PC, c’est-à-dire avec peu de valeur ajoutée. La firme à la pomme a redessiné le paysage de l’informatique avec le concept d’écosystème qui repose sur la connectivité entre plusieurs appareils (ordinateur, smartphone et désormais tablette). Incapable de proposer une solution à la hauteur, il n’y avait plus de place pour un constructeur moyen-de-gamme compte tenu de la puissante offensive des constructeurs asiatiques. Hewlett-Packard en a donc tiré ses conclusions.

Apple perd un concurrent qui s’était accaparé 15% du marché mondial des ventes d’ordinateurs. En réalité, il voit surtout le secteur se reconfigurer entre des éditeurs de logiciels de plus en plus concentrés et des constructeurs de PC. La chute des ordinateurs Hewlett-Packard pourrait être celle d’un des derniers défenseurs du PC à l’ancienne. Les consommateurs cherchent désormais davantage de convivialité et des solutions informatiques beaucoup plus intuitives. Le PC ne trouvera son salut que dans cette mutation. Google est évidemment la pierre angulaire de cette nouvelle stratégie avec Android et Chrome, mais il faudra compter avec Microsoft pour les systèmes d’exploitation et les solutions bureautiques, et les autres éditeurs pour aiguiser une offre qui sera nécessairement alternative au règne Mac. Hewlett-Packard espère faire partie de ceux-là…

Nabil Bourassi | Easybourse.com

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