Les organisations syndicales de la Comoé étaient en assemblée générale le 30 juillet 2011. Objectif, expliquer aux travailleurs de la Nationale du sucre, et partant l’opinion publique, les difficultés d’application du Protocole d’accord signé à Ouagadougou qui avait permis la reprise du travail ; et marquer leur désapprobation quant à la récente hausse opérée par la direction sur le kilogramme du sucre, malgré les mesures gouvernementales.
En dépit des mesures gouvernementales prises pour atténuer les effets de la vie chère et qui visaient la maîtrise des prix à travers une fixation sur les produits de première nécessité, dont le sucre, le constat est amer dans les boutiques en ce qui concerne le produit de la SN-SOSUCO. Depuis les 23 et 24 juillet dernier, une hausse est constatée sur le prix du kilogramme (sucre en carreaux) qui passe de 700 à 1 000 voire 1100 F CFA. Cette hausse vertigineuse, qui intervient à la veille du jeûne musulman, reste à la fois surprenante et incompréhensible, surtout au lendemain d’une crise sociale qui a secoué la Nationale du sucre, elle qui avait bénéficié de toutes les attentions pour la pérennisation de la société.
Le procédé a été classique. Les cartons de sucre avaient commencé à se raréfier et les commerçants qui en possédaient, ont commencé à vendre le carton de 25 kilogrammes à 25 000 F CFA. «De fil en aiguille, en remontant au niveau de la SN-SOSUCO, on se rend compte que finalement, le sucre qui avait été conditionné en cartons de 25 kilogramme a été déconditionné pour être reconditionné en cartons de 5 kg. Et ces 5 kg-là, depuis l’entreprise, sont vendus à 5000 F CFA. Nous ne savons pas à quel but cela répond», ont indiqué les syndicats, à travers leur porte-parole Oumar Soma. Pour en savoir davantage, les syndicalistes disent avoir demandé à rencontrer la direction générale de la SN-SOSUCO depuis le 25 juillet 2011 sans succès. A les entendre, la direction voulait que les travailleurs signifient par écrit l’objet de la rencontre. Bien que leur objectif était de discuter franchement avec les dirigeants de la société ceux-ci ont fini par opposer un refus catégorique le 29 juillet 2011. Avant cette assemblée, «nous avions voulu savoir comment cela s’est passé. Que le directeur nous l’explique. Mais comme il ne veut pas d’entrevue, alors nous, nous allons dire que c’est du fait de la direction générale de la SN-SOSUCO parce que nous ne voyons pas quel autre responsable nous pouvons désigner pour être responsable de cet acte».
Les travailleurs qui n’approuvent pas la hausse disent se démarquer de la situation, et expliquent qu’ils ne bénéficient pas d’un centime de cette hausse. Cependant, ils sont indexés par une certaine opinion qui avale difficilement la pilule. «Les premières réactions qui nous sont parvenues, sont que les gens disent qu’ils nous ont soutenus et voilà comment nous les remercions”.
A travers cette rencontre, les travailleurs ne veulent pas d’amalgames possibles entre eux et la direction de l’entreprise.
Pour les travailleurs qui avaient aussi l’intention d’en savoir plus auprès de la direction sur une mise à pied de 8 jours récemment infligée à un de leurs camarades accusé de n’avoir pas de procédures de gestion du dépôt pharmaceutique, sont restés sur leur soif. Ce dernier avait pris activement part aux récentes manifestations contre la réforme voulue par la SOSUCO. C’est pourquoi, ils soutiennent la mise en cause du Protocole signé à Ouagadougou par la direction de la SN-SOSUCO. Foi des syndicalistes, il a été relevé lors des échanges de la capitale, qu’il y avait une mauvaise communication à la Nationale du sucre, d’où les difficultés qui ont été notées. Le refus de la direction d’échanger et les sanctions qui se poursuivent ne rassurent pas les travailleurs. «Tous ces éléments sont des formes de frustrations qui compliquent davantage l’ambiance que l’on peut avoir au niveau de l’entreprise», estiment les organisations syndicales qui tirent la sonnette d’alarme parce que la direction montre des velléités à les ramener en arrière sur ses réformes.
Toutefois, les responsables syndicaux ont invité les travailleurs au calme et à la vigilance face à ces actes jugés provocants de la part de la direction. Pour ceux-ci, ce qu’ils ont pu obtenir à travers le Protocole de Ouagadougou n’est pas négligeable et «nous ne voulons pas que de petits actes de provocation viennent entacher ce Protocole». Au regard de la situation qui prévaut, les organisations syndicales ont lancé une quête auprès des travailleurs afin de se donner les moyens d’arriver à la capitale.
Luc Ouattara
Lobservateur




