Le recrutement des directeurs généraux des sociétés d’Etat par test continue de créer des surprises. Les premiers résultats, lancés en août 2010, avaient été publiés après une attente de plusieurs mois, laissant ainsi libre cours à toutes sortes de supputations et autres soupçons. Du moins certains d’entre eux. En effet, les résultats concernant deux des postes mis en compétitions ont été différés par le comité de sélection. Deux de ceux concernant l’hôpital Yalgado Ouédraogo de Ouagadougou et le Centre hospitalier régional (CHR) de Dédougou.
Raison officiellement invoquée: des enquêtes complémentaires seraient nécessaires pour départager les candidats à ces deux postes. Mais depuis lors, plus rien. Que se passe-t-il exactement ? Pourquoi ce traitement particulier ? Selon des sources proches du comité de sélection, cet argument d’enquêtes complémentaires serait fallacieux. Des choses bien suspectes se trameraient dans l’ombre et de grosses manœuvres seraient en cours pour réaliser de véritables coups de théâtres au niveau des deux postes. Derrière toutes ces machinations, le nom d’un ancien ministre revient constamment. Ce dernier tire, à ce qu’on dit, les ficelles dans l’ombre pour maintenir ses hommes de mains aux affaires. Malgré le fait que ces derniers soient décriés pour leur mauvaise gestion. Au sein du comité de sélection, le climat commence à se détériorer. Certains membres menacent, en sourdine, de crier publiquement leur ras-le bol. Le cas de Yalgado semble révolter le plus. L’actuel DG qu’on tente, coûte que coûte, de maintenir à son poste, est très décrié. Le Premier ministre lui-même a pu toucher du doigt «la mauvaise gestion» de l’hôpital. Mais il n’y a pas que cela. L’on cite aussi son passage à l’hôpital Souro Sanou de Bobo Dioulasso. Le rapport 2009 de l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat (ASCE) en fait état : les contrôleurs ont constaté un trou de plus de 62 millions de FCFA dans les caisses de cette structure sanitaire, juste après son départ. Au regard de tout cela, de quelle autre enquête de moralité a-t-on encore besoin ? Et ils sont nombreux, ceux qui s’inquiètent de l’avenir de l’hôpital Yalgado s’il devrait en être le Directeur général. Surtout que depuis le Conseil des ministres, il est question d’injecter près de 600 millions de FCFA dans cet hôpital. Il est impératif de s’assurer que cet argent sera dans des mains capables de le gérer convenablement. Si tant est qu’il s’agit de redresser la situation de cet hôpital qui a du plomb dans l’aile.
R.G
Le Reporter




