lundi, octobre 5, 2026
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« Mon chef nous délègue… son stress »

Du jour au lendemain, Catherine, 29 ans, chef de projet dans une agence de communication, se retrouve sous la responsabilité d’une directrice de clientèle novice. À la clé : beaucoup d’ordres, encore plus de contrordres et un stress intense. Comment parvenir à composer avec un manager angoissé qui navigue à vue ? Etude de cas et conseils.

La situation. « Embauchée depuis six mois, j’avais travaillé en osmose avec un excellent manager, organisé, rigoureux, qui avait aussi un don pour dédramatiser les tracas professionnels. Puis l’entreprise a recruté une jeune trentenaire au poste de directrice de clientèle. Incontestablement intelligente, elle débutait hélas question management. Catapultée à la tête de quatre personnes dans une agence de communication, alors qu’elle n’avait travaillé que pour des institutions, elle suintait le stress ! Sur les nerfs, elle nous demandait vingt fois si on avait bien fait telle chose. Or, un chef de projet est par nature autonome… C’était très lourd : au lieu de pouvoir m’appuyer éventuellement sur ma chef, je me retrouvais à gérer son angoisse. Elle s’occupait trop de production, comme si elle voulait faire tous les boulots de la chaîne – sauf le sien ! Elle se laissait happer par les réunions, se désolidarisait de nous face au client, ne nous prévenait pas des changements de cap. On devait suivre une locomotive erratique. »

Ses parades. « Un jour, à la suite d’un énième revirement en réunion, j’ai éclaté : “Ça ne va pas, on ne sait pas où on va, je ne vois pas comment on peut y arriver.” “Si tu veux partir du projet, tu peux”, a-t-elle répliqué. Je n’en avais pas envie. Mais j’ai eu raison de tirer l’alarme, même si c’était un peu agressif. Par la suite, j’ai décidé de faire une synthèse orale à la fin de chaque réunion, et de me protéger (au cas où ma chef me désavoue) en envoyant des mails pour tout, à tous les salariés intéressés par le projet : “Telle chose a été faite”, “Le planning est le suivant”, etc. Mais surtout, cette directrice m’a fait me poser un tas de questions : vu mon salaire (modique), quel intérêt à subir un environnement aussi insécurisant ? »

Son analyse. « Sur les quatre collaborateurs de départ, un seul est resté : deux ont changé d’équipe, et moi j’ai démissionné au bout de six mois. Sans cette chef, je pense que je serais restée, en négociant une promotion. Au lieu de cela, j’ai trouvé un nouveau job, payé 50 % de plus. Je commence demain ! Je ne sais rien de mon futur boss : vu que l’équipe toute entière est composée de nouveaux venus, je n’avais aucun moyen de me renseigner. Et puis, je pense qu’on ne cerne pas un manager lors d’un entretien d’embauche, où chacun joue un rôle. En tout cas, mon ancienne chef m’a forcée à m’adapter et à apprendre. Je me suis rendu compte que je pouvais prendre des initiatives, être plus active en réunion et dépasser mes prérogatives. »

Pourseformer.fr

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