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Secteur bancaire de l’UEMOA : des risques toujours élevés

Dans un rapport paru aujourd’hui, l’agence Standard & Poor’s estime que les banques de la zone UEMOA sont exposées à des risques élevés. Pour les secteurs bancaires des huit pays de la zone, l’agence s’attend à une augmentation significative du taux de bancarisation à moyen terme, une transformation du paysage bancaire sous l’effet de l’intensification de la concurrence et de la concentration du secteur.

Selon l’agence, les réformes en cours devraient encourager les banques à renforcer leur gouvernance et leur gestion des risques et renforcer la confiance des épargnants et des investisseurs.

Sur un autre registre, S&P relève que les conditions de l’activité bancaire restent «difficiles » dans les pays de l’UEMOA, notamment en raison de la non application des normes financières internationales. «Alors que ces dernières requièrent, par exemple, le passage à Bale III, les banques de l’UEMOA n’ont pas encore mis en œuvre les normes Bale II.

Selon les statistiques du Fonds monétaire international (FMI) moins de 5% de la population de l’UEMOA disposent d’un compte bancaire.

Par ailleurs, selon le Fonds Monétaire International (FMI), moins de 5 % de la population de l’UEMOA disposent d’un compte bancaire. Ce taux est très faible, y compris par comparaison avec d’autres pays d’Afrique sub-saharienne. Néanmoins, si les transactions en espèces dominent les échanges dans les économies de la zone, le taux de bancarisation devrait s’élever à moyen terme, du fait de l’augmentation de l’offre et de la demande. La campagne de sensibilisation de la Banque Centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) auprès des populations rurales devrait faciliter cette évolution.

Auparavant dominés par les banques étatiques et les filiales de banques étrangères, les systèmes bancaires des huit pays membres ont beaucoup évolué au cours de deux dernières décennies. Cette transformation a débuté avec une première série de réformes bancaires, suite à la vague de faillites bancaires des années 1980.

Aujourd’hui, le secteur est largement dominé par des groupes bancaires panafricains, principalement marocains et nigérians. Les banques de l’UEMOA tentent d’accroître le niveau d’intermédiation financière et d’élargir leur clientèle. Nous estimons que le secteur devrait se concentrer davantage, en particulier par l’intensification de la concurrence entre grands acteurs du secteur, en quête d’une taille suffisante pour assurer le financement et soutenir le développement économique de la région.

Des risques élevés

« Nous considérons que les risques liés aux systèmes bancaires de l’UEMOA sont élevés. Le taux de créances douteuses est important et le taux de couverture par les provisions reste modeste, compte tenu du niveau de capitalisation des banques et des risques inhérents aux conditions d’opérations dans ces pays », indique l’agence S&P.

Cependant, la Banque Centrale, responsable de la réglementation bancaire, et la Commission Bancaire, en charge de la supervision des établissements financiers, collaborent afin d’améliorer la stabilité du système financier.

Par ailleurs, les réformes amorcées, dont le premier volet a relevé le niveau de capital minimum des banques, devraient non seulement contribuer à un mouvement de consolidation, mais aussi encourager les banques à renforcer leur gouvernance et leur système de gestion des risques.

MBF (avec S&P)

Les Afriques

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