lundi, octobre 5, 2026
Google search engine

Comment apprendre et progresser vite ?

Formation, nouveau poste ou nouvelle mission, que vous ayez repris vos études ou que vous souhaitiez évoluer dans votre carrière professionnelle, votre quotidien vous offre de nombreuses occasions d’acquérir de nouvelles connaissances ou compétences. C’est précisément ce qui le rend si stimulant. Pourtant, il n’est pas toujours facile, lorsque l’on est noyé d’informations ou sollicité de toutes parts, de retenir ce que l’on vient d’apprendre.

Votre évolution professionnelle dépend entre autres de votre capacité à digérer l’information et à l’utiliser à bon escient. Parce qu’il n’y a pas d’âge pour apprendre, découvrez comment optimiser vos capacités de mémorisation et d’apprentissage.

Travaillez bien mais pas trop

A vouloir bien faire, on peut rapidement en faire trop. Nombreux sont les élèves zélés qui ne comptent pas leurs heures de travail, au risque qu’elles deviennent contreproductives. « Quand on ne fait que travailler, la capacité de jugement s’altère, les valeurs et la capacité décisionnelle sont faussées », écrivent Jason Fried et David Heinemeier Hansson, deux entrepreneurs américains dans leur ouvrage, « Rework : réussir autrement », paru aux éditions Maxima – Laurent du Mesnil. « On n’est plus en mesure de décider ce qui mérite ou non un effort supplémentaire. On est vidé, tout simplement. »

Un adulte a une capacité d’attention maintenue d’environ une heure et demie. « Il faut bien sûr savoir se faire violence et s’imposer des périodes d’effort, explique Jérôme Saltet, auteur de « Apprendre à apprendre », aux éditions Librio. Toutefois, au bout d’un moment, il faut dire stop et ne s’y replonger qu’une fois reposé. »

Préservez votre concentration

La mémoire à court terme est facilement distraite. Retenir des informations lorsque que l’on est sans cesse sollicité ou que l’on travaille dans un environnement bruyant se révèle difficile. Pour optimiser votre apprentissage, vous devez vous prémunir contre toutes ces perturbations extérieures.

« Inutile de vous lever à l’aube pour jouir d’une plage de solitude ; vous pouvez en ménager une au bureau. Décidez que la moitié de la journée sera réservée à cette fin », conseillent Jason Fried et David Heinemeier Hansson. Avant de réviser votre leçon d’anglais ou de lire une étude qui vous intéresse, coupez-vous provisoirement de votre entourage. Décrochez le téléphone et fermez la boîte mail pour ne pas être sollicité. N’oubliez pas de prévenir vos collègues que vous ne désirez pas être dérangé durant un certain laps de temps. C’est dans le calme et la tranquillité que vous apprendrez le mieux.

Allez à votre rythme

« Nous sommes tous différents au regard de l’apprentissage, explique Jérôme Saltet. Une méthode qui marche pour votre collègue ne fonctionnera peut-être pas pour vous. » Tout l’enjeu est donc de connaître vos leviers de motivations et votre rythme de travail pour pouvoir personnaliser votre méthode d’apprentissage. « Une personne qui tient difficilement en place aura du mal à suivre des formations théoriques de plusieurs heures, illustre Jean-François Michel, auteur de « Les 7 profils d’apprentissage », aux éditions d’Organisation. Elle sera plus efficace dans des séquences de travail courtes mais intensives. »

Ne vous inquiéter pas si vous n’avancez pas très vite. Même si vous mettez un peu plus de temps à digérer certains acquis que la moyenne, l’essentiel est que l’information soit retenue. Inutile de bâcler la lecture d’un rapport important au motif que vous êtes en retard, les effets seraient à termes contreproductifs.

Travaillez d’abord ce qui vous intéresse

A l’instar des enfants qui ont beaucoup plus de facilités à apprendre les paroles de leur chanson préférée que le texte de leur poème imposé, vous retenez mieux les informations qui vous intéressent. Quelque soit l’âge, ce qui nous plaît s’ancre plus facilement dans notre mémoire.

Conscient de cette caractéristique de l’apprentissage, vous avez tout intérêt à vous consacrer en priorité à des activités qui vous intéressent ou que vos savez vous être utiles. « Il est difficile d’apprendre le chinois sans la certitude que l’on en aura l’usage, illustre Jérôme Saltet. En revanche, se fixer comme objectif de négocier en chinois à l’occasion d’un prochain voyage d’affaires est un excellent moyen d’en favoriser l’apprentissage. » La finalité donne du sens à l’effort réalisé et en améliore les résultats.

Trouvez-vous un mentor

Apprendre est une activité qui peut se mener tout seul, mais elle peut aussi avoir une dimension collective. Votre carrière professionnelle est jalonnée de rencontres, profitez de chacune d’entre elles pour apprendre des choses nouvelles. Que ce soit un formateur rencontré en séminaire ou le n+1 que vous côtoyez quotidiennement, tous ont une histoire et des compétences à partager. S’ils jouent un rôle de tuteur, ils doivent aussi vous permettre de vous élever en vous donnant confiance en vous.

« Le regard des autres est important : c’est à travers lui que l’on se sent valorisé », explique Jérôme Saltet. « J’ai un profond respect pour ma n+1, reconnait Pierre-Louis, chargé d’études dans la distribution. J’ai envie de me surpasser pour elle et j’apprends les ficelles à son contact. » Imprégnez-vous de tout ce que votre mentor peut vous transmettre pour qu’un jour, l’élève dépasse le maitre.

Faites attention à votre hygiène de vie

Vous avez sans doute déjà entendu parler de ces fameux omégas 3 dont on vous dit qu’ils sont indispensables et qu’ils améliorent vos capacités de mémorisation. Même si les publicités ont tendance à en rajouter, le cerveau en a réellement besoin pour bien fonctionner. Votre corps étant incapable d’en synthétiser, vous n’avez pas d’autre choix que de vous en procurer dans votre alimentation quotidienne. Ces acides gras essentiels sont présents dans les huiles de colza, de lin et de noix et dans les poissons gras tels que le saumon, la sardine ou le hareng. Autant d’aliments que vous devez privilégier si vous voulez améliorer vos capacités de mémorisation.

A l’inverse, vous devez évitez tous les excitants qui peuvent perturber votre travail. Tabac, café et bien sûr alcool sont à limiter. L’expression « un corps sain dans un esprit sain » prend ici tout son sens.

Préservez votre sommeil

Malgré les efforts déployés le jour pour retenir, on apprend aussi la nuit. Le sommeil joue en effet un rôle crucial dans le processus d’acquisition. Durant la phase de sommeil paradoxal, alors que l’on rêve, le cerveau procède à un travail d’archivage de l’information ingurgitée durant la journée. C’est d’ailleurs pour cette raison que les informations acquises peu de temps avant de dormir sont souvent les mieux retenues.

« En se privant du travail d’organisation qui s’opère durant le sommeil, on se prive d’une ressource supplémentaires, résume Jérôme Saltet. Et ne pensez pas que cette légère excitation que vous procure la fatigue est efficace, ce n’est qu’une illusion, un cerveau fatigué est un cerveau moins performant. »

Organisez vos séquences de travail

Mieux apprendre est aussi une question de méthode, pour réussir notamment à composer avec ses envies et ses motivations. Cela implique de commencer par ce que l’on a le moins envie de faire. « Il faut être le oins fatigué et le plus motivé au moment de s’atteler à ce qui demande le plus d’efforts, conseille Jérôme Saltet. En plus, c’est toujours plus agréable de terminer par le plus facile. »

L’enjeu est aussi de faire la part des choses entre ce qui est urgent et ce qui est important. En général le second est sacrifié au premier. Résultat, on n’a plus le temps d’apprendre des choses utiles. « Pour éviter d’être noyé sous le travail, il faut anticiper les échéances, explique Jérôme Saltet. Ménagez-vous par exemple des périodes de veille de l’information hebdomadaires au cours desquelles vous pourrez apprendre les dernières innovations relatives à votre secteur d’activité. »

Accepter de faire des erreurs

« Avant de vous lancer dans quoi que ce soit, vous devez prendre conscience qu’il est impossible d’apprendre quelque chose sans se tromper », prévient Jérôme Saltet. Difficile à vivre, l’erreur est le meilleur moyen de retenir une information, elle pousse à ne pas la reproduire. Malheureusement, la nature humaine rechigne à montrer ses imperfections, l’échec est bien souvent diabolisé. « C’est ce qui nous pousse à vouloir montrer que l’on a compris alors que le n’est pas le cas et nous empêche de poser une question pour obtenir plus d’explications », illustre Jérôme Saltet.

« Il faut absolument casser cette croyance selon laquelle on est nul parce que l’on n’arrive pas à faire quelque chose. Avec cette idée, il est impossible d’avancer », conclue Jean-François Michel. S’autoriser à faire des erreurs est une condition pour apprendre vite.

Prenez confiance en vous

« Le manque de confiance en soi constitue l’un des freins majeurs du processus d’apprentissage », explique Jérôme Saltet. Passé un certain âge, on imagine que l’on n’est plus capable d’apprendre quoi que ce soit. « Le schéma de pensée qui affirme que l’on apprend dans sa jeunesse et que l’on applique dans sa vie adulte est dépassé », ajoute Jérôme Saltet. Il est normal et possible d’apprendre toute sa vie durant. Les personnes timides peuvent par exemple s’imposer de ne pas sortir d’une réunion sans avoir tout compris.

Lorsque l’on se sent bien dans son corps, on échappe plus facilement au stress et on retient beaucoup mieux les choses. « Si le trac avant de monter sur scène peut nous rendre plus performant, un stress trop fort peut produire l’effet inverse et nous bloquer », ajoute Jérôme Saltet. Il est donc important d’apprendre à connaître vos forces et d’avoir confiance en elles.

Choisissez bien vos formations

Multiplier les formations est une bonne chose, à condition de choisir celles qui nous correspondent. Entre les longues et les courtes, les méthodes d’enseignement théorique et pratique, l’éventail est très large. Selon votre personnalité, vous vous épanouirez pleinement que dans un certain type de formation. « Une personne qui a un esprit très pratique, avec besoin de comprendre le pourquoi des choses en les vérifiant sur le terrain sera désarmée face à un enseignement très théorique, illustre Jean-François Michel. Encore une fois, il faut se connaître pour découvrir comment l’on progresse.

Il est toutefois un aspect invariable, la découverte de la nouveauté. Il ne faut surtout pas hésiter à prendre des risques, à vous éloigner des sentiers battus en vous attaquant à des apprentissages qui sortent de votre domaine de compétences et pour lesquelles vous partez de zéro.

Jérôme Saltet est l’auteur de « Apprendre à apprendre » aux éditions Librio et le fondateur des éditions Playbac.

Journaldunet.com

RELATED ARTICLES
- Advertisment -
Google search engine

Most Popular