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Leçon d’entreprise N°024 : Devenir le manager de ses anciens collègues

Vous avez décroché une promotion et prenez la place de votre chef ? Félicitations, cette évolution témoigne de la confiance que l’on vous accorde et peut booster votre carrière. Ces nouvelles responsabilités soulèvent aussi des questions : vous êtes amenés à diriger vos collègues, ceux qui étaient jusqu’à présent vos égaux.

Les entreprises favorisent en général ces évolutions. La promotion interne se révèle moins coûteuse qu’un recrutement externe et permet de fidéliser ses collaborateurs en leur offrant des perspectives d’évolutions.

Mal préparé, ce changement de statut peut être difficile à vivre aussi bien pour le manager fraîchement promu que pour sa toute nouvelle équipe. D’où l’importance de ménager la transition pour faciliter la prise de fonction.

– Préparer le jour de votre prise de fonction

Une des raisons d’échec du manager fraîchement nommé est qu’il n’a bien souvent pas préparé de longue date son changement de statut. Lorsqu’elle est inattendue ou brutale, une telle nomination peut s’apparenter à un parachutage et être mal accueillie par les autres collaborateurs. Partagés entre jalousie et incompréhension, ceux-ci se demandent ce que vous avez fait pour obtenir ce qu’ils pensaient mériter.

Devenir manager peut relever du plan de carrière. D’où l’importance de vous positionner au quotidien comme un candidat potentiel à des responsabilités plus élevées. En prenant des initiatives au jour le jour ou le leadership sur des missions ponctuelles, vous faites en sorte que le jour où une opportunité se présente, votre candidature apparait comme légitime voire même qu’elle s’impose.

– Assumer son nouveau statut

« Souvent, par peur de mal faire ou de ne pas être compris, le manager promu a du mal à gérer sa nouvelle situation », regrette Frédéric Crépin, auteur de « Manager pour la première fois » aux éditions d’Organisation. En s’imposant ses propres limites, il contribue à son propre échec. Comment son équipe peut avoir confiance en quelqu’un qui ne croit même pas en lui ?

« J’ai vraiment eu peur de la réaction de mes collègues au moment de leur annoncer ma nomination, confesse Sophie, travailleuse sociale devenue responsable. Je craignais de perdre la relation que j’avais avec eux en devenant leur chef. » Cette peur du qu’en-dira-t-on est très néfaste car elle conduit à l’immobilisme. Par peur de mal faire, le manager repousse toute action et n’endosse pas son costume de décideur.

– Rester soi-même

Suite à votre changement de statut, vos relations avec vos collègues vont fatalement évoluer. Cela ne signifie pas pour autant que vous devez tout remettre en question. Votre nouveau statut professionnel ne doit pas prendre le pas sur la qualité de vos relations avec votre équipe. « Un collègue m’a un jour dit que je n’étais plus comme avant et qu’il le regrettait, témoigne Sophie. J’ai compris que j’agissais différemment à cause de la pression que m’imposait ma supérieure. J’ai alors décidé de relativiser et nos relations se sont nettement améliorées. »

« Devenir le supérieur de quelqu’un n’impose pas nécessairement de perdre toute intimité avec cette personne, confirme Frédéric Crépin. A partir du moment où les rôles de chacun sont clairement établis, rien n’empêche de garder ses relations d’amitiés. »

– Fixer des limites

« Tu ne trouves pas que la décision de la direction est scandaleuse ? » Avant votre nomination, vous auriez pu répondre librement à la question de votre collègue. Désormais vous êtes tenu à un certain devoir de réserve et devez accorder un minimum de soutien à votre hiérarchie. Faites donc attention à ce que vous dites à vos équipes.

De même, vous devez prendre soin de faire accepter votre changement de statut et asseoir votre autorité. Cela implique de définir le champ d’action de vos collaborateurs. En leur laissant trop de liberté, vous risquez de perdre en crédibilité. Sans jouer pour autant les petits chefs, vous devez vous montrer très clair sur ce que vous attendez de collaborateurs et ce que vous comptez mettre en œuvre. Un dernier conseil : armez vous de patience, ce processus prend généralement un peu de temps !

– Aller au devant des autres

« Une erreur du manager promu serait de se recroqueviller sur lui-même, avance Frédéric Crépin. Le manque de communication des nouveaux managers est d’autant plus dommageable que s’ils sont connus comme étant de très bon techniciens, leurs compétences de managers, elles, ne sont pas évidentes. » Allez à la rencontre de votre nouvelle équipe, celle-ci aura d’ailleurs sûrement bon nombre de questions à vous poser.

« Vous devez leur faire comprendre que vous serez présent en cas de besoin », ajoute Frédéric Crépin. Le rôle de manager requiert des compétences radicalement différentes de celui d’un opérationnel. A vous de montrer que vous êtes dignes des responsabilités qui vous ont été confiées. Vous vous assurez ainsi le soutien de votre équipe.

– Être juste avec tout le monde

« J’espère que tu réussiras enfin à m’avoir cette augmentation que je demandais à ton prédécesseur », vous dira peut-être l’un de vos collègues les plus proches. Même si vous avez peur que certaines de vos décisions nuisent à vos relations d’amitié, vos nouvelles responsabilités requièrent que vous agissiez en toute impartialité. Vous devez répartir les missions de façon équitable, accorder les augmentations de manière juste…

« Il faut savoir faire la part des choses, confie Frédéric Crépin. Demandez-vous ce que vous préférez : avoir une équipe dynamique et efficace ou garder une relation personnelle privilégiée. » Et puis, si votre collègue est un véritable ami, il comprendra sans doute votre souci d’impartialité et apprendra à accepter vos décisions les plus difficiles.

– Se faire accompagner et aider

La bonne nouvelle pour le manager fraichement nommé, c’est qu’il n’a pas à affronter ses responsabilités tout seul. « Vous ne devez pas hésitez à vous faire aider si vous en ressentez le besoin, conseille Frédéric Crépin. Que ce soit en obtenant des conseils de votre hiérarchie, des avis de vos proches ou un coaching spécialisé, de nombreuses solutions existent. »

Le soutien de votre entourage est à ce titre plus important qu’il n’y parait. Comme l’affirme Frédéric Crépin, « un regard extérieur va permettre de positionner les enjeux réels et observer la situation avec objectivité. » Plus rien ne vous empêchera alors d’aller de l’avant. « Vous tourner vers des personnes étrangères à l’entreprise vous permettra aussi de souffler et le cas échéant, d’échanger sur les difficultés rencontrées », conclut Sophie.

Vous aussi, faites nous parvenir vos commentaires et expériences sous forme de leçons afin de contribuer à aider les jeunes entrepreneurs à avoir une bonne attitude. Envoyez nous vos leçons à infos@burkinapmepmi.com.

L’équipe de Burkinapmepmi.com

Extraite du Journal du Net

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