La Sofitex vient de lancer sa campagne de commercialisation primaire du coton. Pour cette campagne, la société attend des producteurs 402 000 tonnes pour une prévision de 500 000 t.
Pour assurer une bonne campagne de commercialisation, elle est allée à la rencontre des producteurs. Ces traditionnels fora qui permettent de faire une critique de la campagne en cours et de préparer la prochaine campagne cotonnière. On a pu observer une sérénité au niveau des responsables, car les caisses de la Sofitex sont bien renflouées. Selon la société, elle dispose d’assez d’argent pour payer le coton aux producteurs. Elle les a donc encouragé à accélérer la récolte. La Sofitex a fait savoir à ses partenaires que la crise est finie. Il faut rappeler que à la campagne précédente, la même société était obligée de demander la clémence des producteurs pour le retard accusé dans les paiements.
La direction de la société avait du mal à convaincre et à calmer les producteurs. L’enthousiasme de la société n’est pas totalement partagé par les producteurs. Certes, c’est avec beaucoup de soulagement qu’ils ont accueilli la bonne information, mais de nombreuses difficultés demeurent. Il y a d’abord la question des impayés internes de la campagne 2006-2007 qui n’ont pas été soldés. Le gouvernement s’était engagé à payer cette facture qui handicape la production. Les producteurs demandent aussi une baisse des prix des intrants agricoles. L’expérience du coton génétiquement modifié ne séduit pas les producteurs. Selon les producteurs, le coton Bt ne profite qu’à la Sofitex, car il fournit beaucoup de fibre. Pour une même quantité du coton conventionnel et du coton Bt, le dernier affiche un tonnage très bas. Les producteurs affirment qu’ils sortent perdants dans cette production. A cela, il faut ajouter le prix élevé de la semence. Les caprices de la pluie contraignent les producteurs à la reprise des semis. La quantité de semence calculée à l’hectare est donc impossible dans le contexte du Burkina. Ils ont souhaité une baisse du prix de la semence.
C’est une doléance qui a été posée au cours de la campagne précédente. Les responsables de la Sofitex ont signifié que le pouvoir de décision revenait au gouvernement et à la firme américaine Monsanto. Cette dernière est propriétaire de la technologie. Mais du côté de la société, on continue d’affirmer que le coton Bt reste le meilleur pour les producteurs, car il réduit le coût de production. Les producteurs ont été invités à suivre les itinéraires pratiques recommandés. Ce qui ne convainc pas certains producteurs qui soulignent qu’ils ne gagnent pas sur le coût de traitement. Le débat sur la rentabilité de cette semence divise les producteurs et la société.
Cette hausse du prix du coton laisse toujours les producteurs méfiants. Le prix actuel n’est pas définitif?; il évolue en fonction du cours mondial du coton. Les responsables de la société n’ont pas pu rassurer les sceptiques
Abdoul Razac Napon




