Les ressorts du courage sont présents en chacun de nous, il suffit d’apprendre à les actionner le moment venu.
Certes, le quotidien de tout un chacun n’a pas le panache d’une course nautique, mais il recèle quantité de situations qui exigent de la vaillance, aussi bien psychologique que physique.
Le point commun entre ces personnes qui, dans des circonstances très dissemblables, se sont surpassées ? Ne pas avoir cédé à la facilité. « Le courage résulte d’une lutte entre cette partie de nous-même qui craint de se faire mal ou de déplaire, cherche le confort, fuit la difficulté, et celle qui tient bon, ose dire non, affronte la réalité », observe le philosophe Michel Lacroix, auteur de l’essai «Le Courage réinventé» (Flammarion). Et c’est dans les périodes d’incertitude – qu’elle soit économique ou personnelle – que nous avons le plus besoin de cette force d’âme.
– Savoir prendre les bons risques professionnels
Le goût de l’inconnu, l’envie de se dépasser poussent parfois à s’écarter d’une carrière toute tracée. Une aventure qui exige de la lucidité, du discernement… et un zeste de folie.
Estime de soi : Relever un défi, se dépasser, repousser ses limites… Autant de raisons qui incitent certains managers à prendre des risques et à faire une croix sur les titres clinquants et les statuts ronflants. Loin d’être des casse-cou, ces funambules du business ont suffisamment conscience de leurs forces et de leurs faiblesses pour ne pas se jeter dans le vide. Courageux donc, mais pas téméraires. «Quand on cherche à sortir des clous, la question de l’estime et de la connaissance de soi est toujours présente en filigrane», constate Philippe Lesage, coach et recruteur au cabinet Alexandre Tic.
Confiance totale : Pour être en mesure de relever tous les défis (y compris ceux qui tombent à l’improviste) et surtout d’assumer un éventuel échec sans s’effondrer, le maître mot reste la confiance.
– Assumer une décision impopulaire
Personne n’aime jouer les oiseaux de mauvais augure. Mais on ne peut pas prétendre diriger une équipe et se défiler lorsqu’il faut annoncer une nouvelle désagréable. Question d’autorité.
L’exercice est assez peu prisé des managers. Comment annoncer à ses troupes que, cette année, il n’y aura ni augmentation individuelle, ni primes ? Que le projet sur lequel elles travaillent depuis six mois est abandonné ? Qu’elles déménagent dans un cadre peu avenant ? Surtout, comment y parvenir sans entamer leur motivation et leur confiance ?
«Les dirigeants pensent que tout changement va automatiquement provoquer une levée de boucliers. C’est faux : si l’on montre que la décision est dure mais juste, et qu’elle ne profite pas à un petit nombre, il y a en général peu de résistance», explique Christophe Faurie, professeur à l’université Paris-Dauphine.
Ce consultant s’est spécialisé dans la conduite du changement après avoir occupé de nombreux postes où il a dû assumer certains choix contestables de sa hiérarchie. « Je me souviens notamment d’une situation très inconfortable, raconte-t-il. L’un de mes chefs avait gagné plusieurs appels d’offres, mais nous étions incapables de les réaliser dans les temps. J’ai dû obliger mon service à se mettre en quatre face à des clients furieux. »
– S’opposer à sa hiérarchie quand elle se trompe
Il faut avoir du cran pour faire acte de résistance face à sa direction, surtout en période de crise. Mais s’il est mené avec tact et doigté, cet exercice à haut risque peut se révéler payant.
« Il ne faut pas raisonner en termes de plan de carrière. Il faut faire ce qui vous semble juste, et assumé.»
« L’entreprise a besoin de gens lucides : elle a intérêt à engager des collaborateurs qui ne sont ni résignés ni soumis. Les béni-oui-oui qui obéissent à des ordres ineptes sans protester ne lui rendent pas service », assure Alain Pichon, docteur en sociologie et auteur des «Cadres à l’épreuve» (PUF). Un manager qui a le cran de se dresser contre sa hiérarchie, à condition bien sûr d’être convaincu qu’elle fait fausse route, peut y gagner en respect et en crédibilité. Encore faut-il agir avec mesure et discernement.
– Kit de survie pour manager menacé
Conflit social houleux, séquestration… De plus en plus de patrons affrontent des situations où ils doivent faire preuve de courage physique.
Les conseils qui suivent devraient vous permettre de rester digne dans les situations de stress physique auxquelles vous pourriez être confronté. Une règle d’or : ne laissez jamais votre cerveau reptilien prendre le dessus. Vos émotions – la peur, la colère, le sentiment d’injustice – ne doivent en aucun cas guider vos actes. En toute circonstance, calme et sang-froid seront vos atouts les plus précieux.
On m’insulte, comment dois-je réagir ?
D’abord, marquez votre autorité en rappelant calmement mais fermement que si chacun a le droit d’être en désaccord, il n’est pas question d’oublier les règles de la bienséance. Puis, proposez une pause. Faites distribuer café et boissons fraîches ou offrez à vos collaborateurs de marcher dehors avec vous. Ces gestes simples permettent de revenir à des rapports plus humains.
Des meneurs se font plus virulents, comment dois-je leur parler ?
Ne cédez pas à la tentation de rudoyer ceux qui vous rudoient… ni de tutoyer ceux qui vous tutoient. Faites-vous un devoir de montrer l’exemple en restant respectueux. Bannissez les attaques personnelles et concentrez-vous sur des éléments purement factuels. Le piège à éviter : se laisser entraîner sur le terrain de l’affrontement. Surtout, pas de réaction d’orgueil !
La situation échappe à tout contrôle, dois-je m’imposer ?
Un groupe comporte souvent des personnes indécises. Identifiez-les et donnez-leur la parole. Oubliez votre fonction pour dialoguer de personne à personne : lever les masques peut aider à retisser des liens. Ménagez à vos interlocuteurs une porte de sortie dans la négo, car ils ne sauront pas convaincre le reste de la troupe s’ils ont eux-mêmes le sentiment de perdre la face.
J’ai peur, comment le cacher ?
Adoptez une attitude physique inoffensive, en veillant à ne pas apparaître comme une victime. Pas question, par exemple, de se recroqueviller dans une posture de protection. Tenez-vous droit, les bras ouverts et regardez votre interlocuteur dans les yeux. Évitez aussi de bouger la jambe ou de tripoter un stylo. Si vous parvenez à sauver les apparences, nul ne remarquera votre inquiétude.
Je crains une séquestration, comment m’y préparer ?
Gardez dans votre tiroir une trousse de toilette avec rasoir, brosse à dents et dentifrice, dans le cas où la séquestration durerait. Indispensable pour rester en contact avec l’extérieur et votre famille : un chargeur de téléphone portable. Enfin, ayez toujours sur vous le numéro de personnalités locales influentes, politiques ou patrons, à appeler à la rescousse en cas d’urgence.
– Conclusion…
Dirigeants de PME/PMI, créateurs d’entreprises, managers, employés du public et du privé, « si vous pensez que vous allez chuter, alors vous chuterez. Pour être en mesure de relever tous les défis et surtout d’assumer un éventuel échec sans s’effondrer, le maître mot reste la confiance. Toutes les décisions d’un manager ne sont pas exempts de reproches, et ne concourent pas toujours au bien de l’entreprise. mais avoir peur de face aux regards des autres (collaborateurs, partenaires financiers, partenaires administratifs, avoir peur de prendre des décision, avoir peur d’innover, avoir peur d’oser, de foncer et de réussir, c’est manquer de courage. N’oubliez pas que vous pouvez essuyé un échec et seul le courage vous permettra d’affronter la réalité et de rebondir la tête haute. »
Vos commentaires et expériences sous forme de leçons contribueront à aider les jeunes entrepreneurs à adopter une bonne attitude. Vous aussi, envoyez nous vos leçons à :
infos@burkinapmepmi.com
L’équipe de Burkinapmepmi.com
Extrait du capital.fr, dans la rubrique carrière & management




